Mondial: les Bleus ont inversé la courbe

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L'ÉQUIPE DE FRANCE RETROUVE DES COULEURS
L'ÉQUIPE DE FRANCE RETROUVE DES COULEURS

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - En plein doute il y a quelques semaines au sortir d'un piètre match nul en Géorgie, l'équipe de France a retrouvé des couleurs au meilleur moment, à un mois des barrages de la Coupe du monde 2014 qui seront l'unique révélateur de leur niveau réel.

Avec treize buts en trois matches, dont trois mardi soir au Stade de France contre la Finlande (3-0), les Bleus ont réussi ce qui en politique a été érigé en priorité nationale : ils ont inversé la courbe.

La Biélorussie (4-2), l'Australie (6-0) puis la Finlande n'ont pas le pedigree des équipes qui ont maté la France ou l'ont faite souffrir de mars à août - Espagne, Uruguay, Brésil, Belgique -, mais ces trois succès ont lancé une dynamique.

Au début du rassemblement, Didier Deschamps et ses joueurs, conscients que l'Espagne ne laisserait pas échapper la première place du groupe I et les enverrait donc en barrages, répétaient à l'envi qu'ils voulaient glaner de la confiance, se libérer.

Le sélectionneur a parlé à plusieurs reprises de mettre "de la folie" dans le jeu, invoquant la "French touch" comme une référence au "French flair" qui caractérise depuis des années un XV de France capable de l'imprévisible.

Les 50 premières minutes contre l'Australie, puis le début et la fin de match contre la Finlande l'ont satisfait.

Il a aussi été conforté dans ses choix de joueurs. De l'équipe qui a débuté mardi, "huit, neuf joueurs" seront appelés à jouer le match aller des barrages, le 15 novembre.

LE ONZE SEMBLE LÀ

A l'exception peut-être du poste offensif côté droit, où Samir Nasri, trop attiré par l'axe, n'a pas convaincu, d'une défense centrale, où Raphaël Varane incarne l'avenir, et peut-être d'un autre au milieu où Yohan Cabaye et Paul Pogba sont en balance, le onze semble là.

Au-delà, Didier Deschamps semble avoir constitué lors de ces huit jours passés à Clairefontaine le groupe qu'il juge idéal, et seuls des changements à la marge sont attendus.

"Les joueurs en ce moment sont en très bonne condition physique. Il y a du matériel pour travailler. J'espère qu'il n'arrivera rien à aucun d'entre eux pour les retrouver dans un mois", a-t-il dit en conférence de presse mardi.

Il sera sans doute plus attentif à certains, dont Franck Ribéry. Le Munichois a marqué deux fois en Biélorussie, a été impliqué dans tous les buts contre l'Australie, a ouvert la marque d'une superbe frappe mardi avant d'offrir le troisième but à Karim Benzema.

Joueur européen de l'année, rouage essentiel d'un Bayern qui a tout gagné la saison passée, réconcilié depuis quelques mois avec le public français qui l'a adoré à ses débuts et dénigré ensuite, Ribéry est l'atout maître incontesté des Bleus.

"ON NE VA CRAINDRE PERSONNE"

Didier Deschamps a rappelé mardi que, si le Portugal, adversaire possible en barrages, avait Cristiano Ronaldo, la France avait l'équivalent avec Ribéry. Et Samir Nasri a complété l'hommage.

"Franck Ribéry ferait du bien à n'importe quelle équipe au monde (...) Il a tout gagné cette saison. On lui reprochait de ne pas être décisif en équipe de France, maintenant, il l'est. Il la porte", a-t-il dit.

Ribéry sera encore essentiel en novembre, où le Portugal, la Grèce, la Croatie ou l'Ukraine se dresseront devant les Bleus.

Avec lui et en ayant enclenché une nouvelle dynamique, ce groupe veut croire qu'il passera l'obstacle, quel qu'il soit : "On ne va craindre personne, on est l'équipe de France quand même", a dit Paul Pogba.

Patrice Evra, plus expérimenté, est du même avis. "Les barrages, ce sera autre chose, il y a aura de la pression. Si on arrive à supporter cette pression et à jouer comme on a joué vendredi et ce soir, ça devrait aller", a-t-il dit.

"Si l'équipe de France est à son niveau, on devrait passer."

édité par Gilles Trequesser

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