Mondial: les Bleus font corps autour de Benzema

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LES BLEUS FONT CORPS AUTOUR DE BENZEMA
LES BLEUS FONT CORPS AUTOUR DE BENZEMA

par Gregory Blachier

CLAIREFONTAINE, Yvelines (Reuters) - Didier Deschamps et les joueurs de l'équipe de France sont venus samedi au secours de Karim Benzema sur lequel sont tombés les sifflets du Stade de France la veille après une prestation médiocre contre la Géorgie.

L'attaquant a étendu à onze sa série de matches sans but en sélection, essentiellement par maladresse parce qu'il s'est trouvé à au moins trois reprises en position idéale pour marquer enfin dans les qualifications pour la Coupe du monde 2014.

Ses deux derniers buts en Bleu remontent à un match contre l'Estonie, avant l'Euro 2012 et, si sa place de titulaire ne semble pas remise en cause, son manque d'efficacité pénalise un groupe dont il reste le meilleur réalisateur actuel (15 buts en 56 sélections).

Le sélectionneur et les joueurs ont donc fait corps autour de lui, assurant qu'ils avaient toute confiance dans celui qui traverse aussi une passe délicate en club - il a commencé 12 de ses 35 matches joués sur le banc, pour 15 buts inscrits contre 31 en 50 rencontres la saison passée.

"Karim a un grand talent, il l'a démontré auparavant aussi. Dans des saisons, il y a toujours des moments compliqués", a dit Blaise Matuidi en conférence de presse.

"En ce moment, c'est pas facile pour lui mais Karim, c'est un travailleur, un bosseur, qui aime son métier, qui fait le maximum au quotidien, ne lâche jamais rien. Le talent, il l'a. C'est la confiance, il faut qu'elle revienne."

Pour l'aider, les joueurs reconnaissent qu'ils l'entourent un peu plus qu'à l'accoutumée.

"Il est réceptif et je pense que ça lui fait du bien. On trouve ça dommage, nous joueurs, d'avoir assisté hier soir à des sifflets à son égard. Il a besoin de tout le monde", a souligné Matuidi.

"POSTE INGRAT"

Yohan Cabaye, préservé en vue du match contre l'Espagne, mardi au Stade de France, a mis en avant la difficulté particulière de son poste: sans but, il n'y a souvent point de salut.

"Ça reste un grand joueur pour moi", a dit le milieu de terrain de Newcastle.

"Le poste d'attaquant est assez ingrat parce que dès qu'on ne marque pas, qu'on a des occasions et qu'on ne les met pas, le public commence à prendre en grippe", a-t-il plaidé.

"Mais je n'ai aucun doute sur le fait qu'il va s'en sortir. Nous on est derrière lui, il faut qu'il sache qu'il a notre soutien, il y a d'autres grands joueurs qui sont passés par là."

Cette solidarité prend néanmoins un tour plus prononcée qu'il y a quelques mois, lorsque Benzema était encore décrit comme le meilleur joueur sur le terrain après les matches même s'il n'avait pas marqué.

Ce n'est plus le cas mais Didier Deschamps n'entend pas, au moins publiquement, mettre en doute les qualités de son joueur.

"J'ai confiance en Karim. Il n'y a qu'à regarder les réactions de ses partenaires au sortir du match d'hier. La solidarité, c'est le mot", a martelé Deschamps, regrettant lui aussi les sifflets.

"Ça ne fait jamais plaisir (...) ce n'est pas la meilleure chose pour mettre les joueurs en confiance. On peut rater des choses dans le match, tous, ce n'est pas spécifique à Karim. Après, je ne le regarde pas plus que les autres."

Le public si, et un but mardi contre l'Espagne permettrait sans doute de dissiper le malaise.

Edité par Simon Carraud

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