Mondial: les Bleus face au dernier obstacle

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LES BLEUS FACE À L'UKRAINE
LES BLEUS FACE À L'UKRAINE

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - L'équipe de France de football joue vendredi à Kiev une partie de son avenir, à court terme puisqu'elle y affronte l'Ukraine en match aller d'un barrage qualificatif pour la Coupe du monde 2014 et à moyen terme parce qu'un échec laisserait des traces.

Rien ne sera scellé à l'issue de cette première manche plus risquée qu'elle n'y paraît. Les Bleus ne doivent pas attendre de l'Ukraine, présentée lors du tirage au sort comme l'adversaire idéal, qu'elle soit un simple faire-valoir.

Ils s'en méfient, comme ils n'ont cessé de le dire en début de semaine à Clairefontaine, où ils se sont calfeutrés, autant qu'ils s'imaginent largement en mesure de franchir l'obstacle.

"Le niveau est là", assurait le milieu de terrain Rio Mavuba lundi en conférence de presse. "On a de grands joueurs, pas les meilleurs du monde à tous les postes mais on a des joueurs capables de faire la différence."

L'idéal serait d'y parvenir dès vendredi, afin de ne pas entrer sur la pelouse du Stade de France avec la peur au ventre. Et encore, la victoire 1-0 à Dublin il y a quatre ans n'avait pas empêché les Bleus de trembler au retour (1-1).

Le sélectionneur, Didier Deschamps, a donné le ton en début de semaine. Le format est inhabituel, l'enjeu est immense - la France a disputé toutes les grandes compétitions depuis 1996 - et le plus vite ses joueurs auront fait le nécessaire, le mieux ce sera.

"On va aller là-bas avec l'intention de faire le meilleur résultat possible. On ne va pas y aller pour bien défendre, avec un esprit restrictif", a-t-il dit, assurant que son équipe devrait avoir l'ambition "de se créer des occasions et marquer".

LE DANGER SUR LES AILES

Reste à joindre les actes aux intentions, or l'Ukraine ne rendra pas la chose aisée. A défaut d'être un épouvantail, d'être aussi redoutée que le Portugal, autre barragiste que la France aurait pu affronter, elle est solide.

Les Ukrainiens ont fini deuxièmes de leur groupe derrière l'Angleterre en encaissant seulement quatre buts en dix matches et, sans un passage à vide quand son sélectionneur a changé, elle pourrait avoir déjà obtenu son billet pour le Brésil.

Composée en quasi-totalité de joueurs évoluant dans le championnat national, elle va offrir aux Bleus une opposition rugueuse et comptera, aux avant-postes, sur deux dangers bien identifiés, Andreï Iarmolenko et Yehven Konoplyanka.

"Il y a deux joueurs qui ressortent", a reconnu Didier Deschamps qui a loué leur capacité à déborder comme à rentrer vers l'intérieur pour frapper.

"Iarmolenko aime avoir le ballon dans les pieds. Konoplyanka est plus vif, petit, rapide, quand il frappe, il enroule plutôt bien. Il faudra faire attention, c'est le danger."

La défense française étant souvent friable sur les côtés, où Didier Deschamps demande aux latéraux d'accompagner au mieux les actions offensives, la prudence sera de mise car l'Ukraine exploitera sans doute mieux ses occasions que la Finlande, le mois dernier.

Si les Bleus parviennent à neutraliser ces deux joueurs, un grand pas sera fait. Il restera à forcer le verrou adverse et la France comptera avant tout sur Franck Ribéry, qui poursuit un objectif à la fois collectif et personnel - il chasse un premier Ballon d'Or.

"C'est un joueur très important", a dit Didier Deschamps. "Un des meilleurs joueurs au monde si ce n'est le meilleur cette année", a renchéri Blaise Matuidi.

Leur donner raison serait le meilleur moyen de qualifier les Bleus pour le Mondial. Leur donner tort mettrait un coup à la carrière de joueurs trentenaires qui, comme lui, représentent le présent des Bleus mais pas forcément leur avenir.

Edité par Olivier Guillemain

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