Mondial: les Bleus doivent se mettre au niveau

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LES BLEUS DOIVENT SE METTRE AU NIVEAU
LES BLEUS DOIVENT SE METTRE AU NIVEAU

PARIS (Reuters) - L'équipe de France n'a pas été à la hauteur de l'enjeu vendredi en Ukraine et si elle n'a pas encore dit adieu à la Coupe du monde, il lui faudra montrer bien autre chose que ses talents supposés, mardi à domicile, pour renverser la situation.

La défaite 2-0 à Kiev, devant une équipe d'Ukraine qui a mis plus d'engagement et qui a su être plus réaliste, a fait ressortir les carences que les victoires du début d'automne face à des équipes nettement plus faibles avaient un peu atténuées, à défaut de les gommer vraiment.

Statiques, sans idée, incapables de trouver une solution alternative dès lors que Franck Ribéry est surveillé de trop près, et fébriles derrière, au point que la nervosité a pris le pas chez Laurent Koscielny, expulsé, les Bleus ont touché leurs limites.

Leurs réactions après le match laissent entendre qu'ils n'en ont pas toujours conscience, à l'image des propos de Karim Benzema, rapportés sur le site de la Fédération.

"Sur le papier, on sait qu'on est meilleurs qu'eux, mais ce soir il n'y avait pas que le talent, il y avait aussi le physique", a dit l'attaquant du Real Madrid, entré à la place d'Olivier Giroud en milieu de deuxième période.

Certes, l'Ukraine a été supérieure dans l'agressivité mais celle-ci, avait dit Didier Deschamps, est un ingrédient du haut niveau, et le sélectionneur a donné à ses adversaires le crédit d'avoir su "casser le jeu".

LE COEUR ET LES TRIPES

Mais jamais, durant ce match, les Bleus ne sont parvenus à montrer que le talent était de leur côté. Des approximations, du déchet et une seule occasion, gâchée par Samir Nasri alors qu'il y avait 1-0, c'est trop peu pour une équipe prétendument plus douée.

A l'inverse, quelques-unes des accélérations ukrainiennes ont fait mal et le premier but, joliment construit, montre que le talent était plus équitablement partagé que Benzema ne le laisse entendre.

Mardi, au Stade de France, les Bleus devront "tous s'entraider, se serrer les coudes pour gagner ce match", a repris Benzema. Blaise Matuidi, lui, affirmait qu'ils allaient "jouer avec le coeur et les tripes".

Mais aucun n'a su dire pourquoi ils ne l'avaient pas assez fait vendredi, donnant le sentiment que, comme en Géorgie en septembre (0-0), comme lors de la tournée de juin en Amérique du Sud, ils peinent à mettre du coeur dans ce qu'ils font.

Capitaine frustré par une soirée où il aura eu peu à faire mais dont il sera sorti avec deux buts encaissés en ayant deux fois touché le ballon, Hugo Lloris voulait croire que les Bleus n'étaient pas si loin du compte.

"Au niveau de l'état d'esprit on était plutôt bon, on a répondu présent dans l'engagement, mais on sait qu'on est dos au mur", a-t-il dit, invoquant "la réussite, les contres favorables" qui ont souri aux Ukrainiens.

Et lui aussi donnait le change en vue du match retour: "On sait qu'on a de la qualité et qu'on est capable de renverser la situation, ça passera par un match quasi-parfait."

Pour y parvenir, il faudra autre chose que le talent supposé d'une équipe qui n'a été capable de battre cette année que la Géorgie, la Finlande, la Biélorussie ou l'Australie.

Gregory Blachier, édité par Tangi Salaün

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