Mondial: la révolte ou le néant pour les Bleus

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LA RÉVOLTE OU LE NÉANT POUR LES BLEUS
LA RÉVOLTE OU LE NÉANT POUR LES BLEUS

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - L'équipe de France de football est au bord du vide à l'heure de recevoir l'Ukraine en match retour des barrages qualificatifs pour la Coupe du monde et ne trouvera un improbable salut qu'en s'accrochant à ce qu'il lui reste de fierté.

Battus 2-0 vendredi à Kiev, où ils n'ont pas su montrer qu'ils avaient envie d'aller au Brésil pour y jouer au football l'été prochain, les Bleus sont contraints à la révolte s'ils ne veulent pas se condamner à la disgrâce.

A leur retour à Clairefontaine, ils ont assuré avoir appris la leçon. D'Olivier Giroud, "prêt à mourir sur le terrain", à Mamadou Sakho, plus trivial quand il souhaite "montrer qu'on en a...", ils se disent prêts à livrer "un combat", selon Didier Deschamps.

Il le faudra puisque le résultat du match aller les contraint à réaliser ce qu'aucune équipe européenne n'a réussi à faire lors d'un barrage - remonter deux buts.

Il le faudra puisque gagner par trois buts d'écart quand on ne s'est créé qu'une occasion à l'aller n'a rien de l'évidence.

Il le faudra sans quoi ces Bleus-là seront les premiers depuis vingt ans à manquer une grande compétition. La France les a toutes disputées - du moins, elle a été présente à chaque fois - depuis qu'elle avait raté la Coupe du monde 1994.

S'ils échouent, il sera temps, après le match, d'évoquer un lent déclin symbolisé par une année et demie laborieuse sous les ordres de Didier Deschamps, dont le ratio de victoires est le plus faible pour un sélectionneur depuis quarante ans.

"ON MÉRITERA D'Y ALLER"

Pour l'heure, les Bleus sont forcés d'y croire et d'y faire croire. Didier Deschamps le premier, comme il le disait dimanche à Clairefontaine : "On a une possibilité de renverser la tendance. Elle est là, elle est réelle."

A l'unisson, ses joueurs ont affirmé qu'ils étaient en mesure de le faire, jusqu'à verser dans l'autoconviction.

"Après le match aller, on ne mérite pas d'aller à la Coupe du monde mais j'espère que mardi soir, on méritera d'y aller. Et on méritera d'y aller", a lancé Olivier Giroud, usant un peu plus tard du même artifice : "Si on gagne, et on va gagner, ce sera extraordinaire."

Pour que cela le soit, les Bleus devront mettre l'impact et l'engagement qui leur ont fait défaut à Kiev. C'est à ce prix qu'ils s'attacheront le soutien du public souvent timide du Stade de France.

Ils devront aussi, et surtout, jouer, et jouer mieux.

A cet égard, Samir Nasri pourrait faire les frais d'une énième prestation décevante en équipe nationale et laisser le poste de meneur de jeu à Mathieu Valbuena, peut-être moins doué mais jamais avare d'efforts, même quand il flanche physiquement comme ces dernières semaines.

Sans le nommer, sans même choisir entre les deux puisque l'heure n'est pas encore aux règlements de compte, Olivier Giroud a reproché à Samir Nasri de ne pas l'avoir suffisamment soutenu à Kiev. "Ça fait partie des choses qui m'ont agacé, oui", a-t-il dit en évoquant sa solitude en pointe.

L'absence de Laurent Koscielny, expulsé pour n'avoir pas su garder ses nerfs, entraînera un changement en défense centrale. Il y en aura peut-être deux tant Eric Abidal peut peiner face à un adversaire qui mise sur sa vitesse en contre-attaque.

Quels que soient les hommes choisis, ils devront s'armer de patience et espérer être plus inspirés à Saint-Denis qu'à Kiev.

La lumière viendra-t-elle de Franck Ribéry, indispensable depuis un an et demi mais si bien muselé en fin de semaine ? A 30 ans, le Munichois, dont l'histoire avec les Bleus et leur public est si tourmentée, joue, comme d'autres, très gros.

Depuis qu'il est un joueur majeur de l'équipe de France, dont il avait été l'insouciante révélation en 2006, elle n'a jamais brillé, a même traversé des périodes parmi les plus sombres. Il lui reste un match pour éviter un grand trou noir.

Edité par Gilles Trequesser

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