Mondial: la prudence reste de mise pour les Bleus

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LA PRUDENCE RESTE DE MISE POUR L?ÉQUIPE DE FRANCE
LA PRUDENCE RESTE DE MISE POUR L?ÉQUIPE DE FRANCE

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - L'équipe de France ne s'attendait pas à devancer l'Espagne avant de l'affronter mardi au Stade de France, dans les qualifications pour la Coupe du monde 2014, mais cette position de force n'a que peu modifié un discours teinté de prudence.

Didier Deschamps a toujours affiché le même objectif: finir en tête du groupe I pour se qualifier directement et éviter un barrage susceptible de donner des sueurs froides aux Bleus -le souvenir du match contre l'Irlande en novembre 2009 le rappelle.

Il y a un an, le sélectionneur l'énonçait avec ambition mais sans forfanterie, rappelant que l'Espagne, double championne d'Europe et championne du monde, était la grande favorite.

Malgré le nul décroché à Madrid en octobre, malgré les deux points d'avance qu'ont donné aux Bleus la victoire face à la Géorgie vendredi (3-1) conjuguée au nul de la Roja contre la Finlande (1-1), Didier Deschamps n'a pas changé d'avis.

"Cette équipe reste la meilleure du monde même si elle a eu un accroc", souligne-t-il.

Il n'empêche, l'équipe de France a plus d'atouts aujourd'hui qu'elle n'en avait quand il en a pris les commandes, en août.

LES ARMES EN MAINS

Le premier est mathématique, puisqu'avec un succès ou un nul mardi, elle aura son destin en mains. Une victoire lui donnerait une marge de cinq points, considérable avec trois matches à jouer en Géorgie et en Biélorussie et face à la Finlande.

"Il y a un très bon résultat et un qui est toujours bon pour nous donc, sur les trois, on en a deux, sans donner de garanties sur ce qui vient derrière", a relevé Didier Deschamps, évoquant les trois matches qu'il faudra disputer ensuite.

Les Bleus peuvent aussi puiser dans le souvenir du match aller quand, après avoir défendu leur but ardemment pendant 50 minutes, ils avaient bousculé l'Espagne et égalisé dans les toutes dernières secondes.

Quatre mois avant, ils étaient tombés sans combattre en quarts de finale de l'Euro contre cette même équipe et le match de Madrid, s'il n'a pas tout changé, a au moins montré aux Bleus qu'ils avaient les armes pour livrer bataille.

"On a souffert mais on les a fait souffrir aussi", rappelle Didier Deschamps. Le milieu de terrain Yohan Cabaye, ménagé vendredi, se dit "optimiste" en se souvenant d'un adversaire qui n'a "pas su défendre jusqu'à la fin comme il le faisait en début de match".

Ici se trouve, sans surprise, la clé du match: l'Espagne, maîtresse de la possession et de la circulation du ballon, va le confisquer. Il faudra donc tenir dans un premier temps et exploiter dans le deuxième les occasions qui se présenteront.

Les places au classement ont beau avoir été échangées, "le rapport de forces va être le même", prévient Didier Deschamps, qui n'imagine pas un rival quasi invincible depuis quatre ans trembler pour deux nuls concédés à la France et à la Finlande.

"Sincèrement, ça ne va pas modifier mes intentions parce que ça ne modifiera certainement pas les intentions espagnoles. Ils viendront avec l'intention d'avoir le monopole du ballon et de gagner le match", dit-il.

"Ils sont sûrs de leur force, je ne pense pas qu'il y ait de doute de leur coté. Ils sont sûrs de leur potentiel. Il y a des périodes où ils ont des temps forts, il faut être capable de résister."

BENZEMA EN POINTE

Ainsi, l'équipe de France aura un visage différent de celui proposé vendredi, quand la problématique était exactement inverse face à une Géorgie venue pour préserver son but. L'attaque à deux têtes ne survivra pas à la venue de l'Espagne.

Puisqu'il faudra aller vite de l'avant, Karim Benzema, en qui Deschamps garde "toute confiance" malgré une passe délicate, devrait conserver son poste en pointe au détriment d'Olivier Giroud, buteur à l'aller et vendredi, mais moins mobile.

Cela devrait profiter au milieu Moussa Sissoko, capable à la fois d'écoper au coeur du jeu, de verrouiller un couloir et de se projeter vers l'avant pour déstabiliser une Roja "moins à l'aise quand elle doit défendre", comme le rappelait Didier Deschamps. Un rôle que peut aussi jouer le néo-Bleu Paul Pogba.

L'autre nouveau, le défenseur central Raphaël Varane, a montré assez de maturité face à la Géorgie et depuis quelques mois avec le Real Madrid pour disputer à Laurent Koscielny une place dans le onze de départ.

Et auquel Didier Deschamps ne demandera pas de jouer seulement pour ne pas perdre. Si la prudence reste son maître-mot, il ne veut pas "se contenter de ça".

Edité par Gilles Trequesser

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