Mondial: la France veut sa revanche en Espagne

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LES BLEUS VEULENT LEUR REVANCHE EN ESPAGNE
LES BLEUS VEULENT LEUR REVANCHE EN ESPAGNE

par Olivier Guillemain

MADRID (Reuters) - L'équipe de France retrouve mardi l'Espagne à Madrid avec la ferme intention de ne pas jouer la victime consentante, quatre mois après un quart de finale de l'Euro qui a laissé des traces et nombre de regrets.

"Le contexte a changé et le rapport de forces sera différent", assure Didier Deschamps à l'heure d'évoquer le sommet à venir des éliminatoires pour la Coupe du monde 2014 entre les co-leaders du groupe I de la zone Europe.

"Je ne veux pas qu'on aille là-bas pour défendre et comme des victimes", poursuit le capitaine des champions du monde 1998, dans une référence à peine voilée à la prestation des Bleus qui n'étaient pas encore les siens en Ukraine.

A Donetsk, le 23 juin dernier, les Espagnols n'avaient fait qu'une bouchée des hommes de Laurent Blanc (2-0) qui, après avoir prôné le beau jeu pendant près de deux ans, avait surpris son monde en alignant une formation ultra-défensive face à la Roja.

"On a peut-être un peu trop craint cette équipe", se souvient le latéral droit Mathieu Debuchy, positionné ce soir-là contre nature au milieu de terrain avec l'objectif d'éteindre les velléités offensives de Jordi Alba qui malgré cette garde rapprochée, fut quand même à l'origine du premier but espagnol.

"C'était un quart de finale de l'Euro et on n'a pas pris tous les risques qu'il fallait pour les mettre en danger. C'est un vrai regret", concède le joueur du Losc, qui sauf surprise de dernière minute, retrouvera mardi son poste de prédilection.

Cette défaite des Bleus, presque sans combattre, a emporté avec elle Laurent Blanc et laissé un goût amer au public français, d'autant que certains Bleus avaient encore dérapé, deux ans après Knysna.

Prié de dire s'il s'était inspiré de cette prestation de l'équipe de France pour préparer le grand rendez-vous de mardi, Didier Deschamps a répondu sans détour.

"Ah non... Des choix ont été faits, je ne vais rentrer là-dedans. Même si les qualités des Espagnols n'ont pas changé, le rapport de forces sera différent", s'est-il contenté de dire.

Pourtant, le scénario semble déjà écrit. Les Espagnols auront la possession du ballon, les Français vont passer leur temps à courir après, donc à défendre. Les opportunités de briller risquent d'être assez rares et cela, les Bleus ont en tous conscience.

"SE BATTRE AVEC NOS ARMES"

"On va vivre un match très difficile. Il ne faudra pas être trop déçu de ne pas avoir le ballon et il faudra bien se le mettre dans la tête", reconnaît ainsi Jérémy Ménez, en balance avec Mathieu Valbuena pour le poste d'ailier droit.

"Après, il faudra être costaud défensivement, essayer de passer le premier rideau. Mais avec les joueurs offensifs qu'on a, on peut vraiment espérer marquer un but."

Pour Franck Ribéry, qui sera vraisemblablement aligné en attaque à gauche de Karim Benzema, l'essentiel sera "d'essayer de faire le maximum, de défendre tous ensemble et de rester positif quoi qu'il arrive".

"Il dominent tout mais il faudra avoir envie de jouer et ne pas jouer les petits bras", prévient le joueur du Bayern Munich, qui ne souhaite pas que ses partenaires se contentent d'admirer les champions du monde et doubles champions d'Europe en titre.

"Les Espagnols ont une génération dorée, très talentueuse. Si on arrive la tête baissée, sans aucune ambition, ce n'est pas même pas la peine d'y aller", estime pour sa part Olivier Giroud.

En concurrence avec son ami Etienne Capoue pour occuper le poste de sentinelle mardi, Maxime Gonalons pense lui aussi que malgré la qualité de l'adversaire, "il faudra se donner à fond pour ne rien regretter".

"Le match n'est pas perdu d'avance et on va aller là-bas en conquérants", prévient le Lyonnais.

Promis à la souffrance au stade Vicente-Calderon, les Bleus n'ont pas préparé ce rendez-vous dans des conditions idéales.

En enregistrant d'abord des forfaits de joueurs importants, comme Rio Mavuba et Abou Diaby. Ensuite en s'inclinant, vendredi soir, lors d'un match amical contre le Japon (1-0) pendant que l'Espagne disposait facilement de la Biélorussie (4-0).

"On va se battre avec nos armes", a promis Didier Deschamps.

Mais quelles armes ? Avec une défense centrale qui n'a joué qu'une seule fois ensemble ? Avec un entrejeu inexpérimenté qui fera face au meilleur milieu de terrain au monde ?

"Avec les joueurs qui sont là, avec de la générosité et de la détermination", répond Didier Deschamps.

Edité par Grégory Blachier

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