Mondial: l'Espagne donne des regrets aux Bleus

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LES BLEUS DÉFAITS PAR L'ESPAGNE
LES BLEUS DÉFAITS PAR L'ESPAGNE

par Gregory Blachier

SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis (Reuters) - L'équipe de France a cédé mardi la première place de son groupe de qualifications pour la Coupe du monde 2014 à l'Espagne, venue s'imposer 1-0 au Stade de France au terme d'un match qui laissera des regrets aux Bleus, ainsi que quelques traces.

Les Espagnols ont trouvé l'ouverture en seconde période grâce à l'attaquant barcelonais Pedro, qui a repris de près un centre de Nacho Monreal dont les deux seules incursions sur le côté gauche auront amené les deux plus grosses occasions des champions du monde.

Les Bleus voient l'Espagne leur passer devant au classement du groupe I avec onze points contre dix, alors qu'il reste trois matches à jouer dont deux déplacements délicats en Géorgie et en Biélorussie, en septembre prochain.

S'ils ont su rivaliser longtemps et ont cru pouvoir rééditer la performance d'octobre, quand ils avaient décroché un nul 1-1 à Madrid, les Bleus ont fini par céder et ont perdu au passage Yohan Cabaye, Blaise Matuidi et Paul Pogba pour le prochain match.

Les hommes de Didier Deschamps étaient bien entrés dans la partie, se montrant agressifs et s'approchant même par deux fois du but de Victor Valdès sans le mettre en danger sur de bonnes récupérations.

Puis l'Espagne a commencé, comme attendu, à confisquer le ballon - elle aura eu 76% de possession au final - et s'est créée une première occasion, sa meilleure de la première période, mais Xavi, servi par Monreal seul à six mètres du but, a frappé au-dessus.

S'est donc déroulé le match que l'équipe de France attendait et qu'elle avait prévu de disputer : l'Espagne tenant le ballon, cherchant la faille dans une défense bien organisée et dont le pressing incessant gênait les champions du monde.

Le dispositif était en place et à la hauteur du défi proposé grâce à la discipline collective illustrée par cette ligne de cinq au milieu, formée grâce aux replis précieux de Mathieu Valbuena et Franck Ribéry.

Pour preuve, le détonateur Andrès Iniesta était plutôt discret, Xavi ne trouvait plus d'autre bonne position de frappe et les ouvertures de Xabi Alonso arrivaient rarement à David Villa ou Pedro.

UN MILIEU DÉPEUPLÉ...

Les Bleus parvenaient dans le même temps à bien utiliser les rares ballons de contre dont ils pouvaient disposer, avec un Valbuena encore très bon dans l'orientation du jeu, mais sans non plus trouver l'ouverture.

Ainsi Karim Benzema, sollicité par Christophe Jallet, superbement lancé par Valbuena, frappait au-dessus (15e) et Franck Ribéry, après s'être débarrassé de Sergio Ramos sur une nouvelle transversale inspirée du Marseillais, butait sur un Valdès très bien sorti (37e).

Entretemps, le match aurait pu basculer si l'arbitre avait accordé à Pedro un penalty sur une sortie d'Hugo Lloris.

La première période s'achevait avec le sentiment que les Bleus avaient largement de quoi rivaliser encore une fois avec les champions du monde et d'Europe.

Mais la seconde période allait se révéler moins porteuse, quoi que paradoxale puisque l'Espagne y a affiché moins de maîtrise mais plus de muscle - ce qui avait justement permis à la France d'aller décrocher un point à Madrid.

Repartie à peu près sur les mêmes bases, elle allait voir les Espagnols trouver davantage d'espaces dans un match devenu beaucoup moins tactique, plus spontané et donc plus favorable à l'équipe possédant une aisance technique supérieure.

Quatre minutes après une alerte sur une frappe au-dessus d'Iniesta démarqué à l'entrée de la surface, dans l'axe, Pedro ouvrait donc le score sur un centre de Monreal, passé pour la deuxième fois dans le dos de Jallet après un superbe changement d'aile du buteur.

Le Barcelonais se créait encore une occasion peu après l'heure de jeu sur un service de Jesus Navas, à peine entré en jeu.

Puis la rencontre tournait au combat physique et les Bleus multipliaient les fautes, perdant gros au passage : après Yohan Cabaye (53e), Blaise Matuidi était averti (64e). Les deux milieux seront suspendus, le 6 septembre en Géorgie.

L'accumulation de mauvais gestes finissait par coûter encore plus cher puisque, pour deux fautes en deux minutes, Paul Pogba, très bon jusque-là, quatre jours après ses débuts en Bleu, était expulsé. A Tbilissi, le milieu devra donc être recomposé.

La France finissait à dix, et sans Benzema, une nouvelle fois accompagné de sifflets nourris à sa sortie (82e).

La dernière occasion d'une fin de rencontre très tendue était pour Franck Ribéry, dont la frappe rasante frôlait le montant droit de Valdès (84e). A son image, les Bleus n'étaient pas loin, mais cela n'a pas suffi.

Edité par Simon Carraud

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