Mondial: Cristiano Ronaldo, fringant centenaire

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CRISTIANO RONALDO, FRINGANT CENTENAIRE
CRISTIANO RONALDO, FRINGANT CENTENAIRE

par Daniel Alvarenga

LISBONNE (Reuters) - Défenseur réservé devenu attaquant star : voilà résumé à grands traits le parcours du Portugais Cristiano Ronaldo qui l'a conduit à devenir ce mardi, sauf imprévu, l'un des plus jeunes joueurs de l'histoire à honorer une centième sélection.

A 27 ans, le joueur du Real Madrid devrait fouler la pelouse de Porto contre l'Irlande du Nord en match de qualification pour la Coupe du monde 2014, neuf ans après ses premiers pas avec le Portugal contre le Kazakhstan.

Rétrospectivement, cette rencontre anodine au coeur de l'été 2003 ressemble à une passation de pouvoir entre Luis Figo et le jeune Cristiano Ronaldo, entré en jeu à la place du trentenaire qui entamait son lent déclin.

Le Ballon d'or 2000 passait la main au futur Ballon d'or, sacré en 2008.

"C'est le 20 août 2003, contre le Kazakhstan, que j'ai enfilé pour la première fois le maillot de l'équipe nationale. C'est l'un des plus grands souvenirs de ma vie", a écrit Cristiano Ronaldo sur sa page Facebook.

Sous la baguette de Cristiano Ronaldo, le Portugal s'est hissé à la troisième place du classement des meilleures nations établi par la Fifa, même si son palmarès international reste désespérément vierge.

Jamais couronné avec la sélection, l'ailier peut tout de même s'enorgueillir de devenir l'un des plus jeunes Européens centenaires, derrière l'Allemand Lukas Podolski et l'Estonien Kristen Viikmae.

D'ores et déjà, il est le troisième Portugais le plus sélectionné de l'histoire, derrière Luis Figo, 127 capes, et le défenseur Fernando Couto, 110. Et loin devant Eusebio, son lointain prédécesseur dans les années 1960 et 1970.

"MEILLEUR QU'EUSEBIO"

"Mardi, je vais atteindre ma 100e sélection près des miens, avec la victoire et seulement la victoire à l'esprit. Je tiens à remercier tous ceux qui m'ont aidé à en arriver là et ceux qui se masser dans le stade pour nous acclamer", a-t-il souligné.

La liste des personnes à remercier est longue, à commencer par Francisco Afonso, son premier entraîneur à Madère, l'archipel natal de Cristiano Ronaldo perdu à quelque 700 km au large des côtes marocaines.

"Il a saisi toutes les occasions et a toujours eu l'envie d'apprendre, d'aller plus loin", a récemment raconté l'instituteur, cité par le journal portugais O Jogo. "Plus amusant, il a commencé à jouer comme défenseur central."

"Mais, comme il voulait tout organiser à sa façon, il a fini par s'avancer sur le terrain et devenir attaquant."

A ce poste, il a remporté trois titres de champion d'Angleterre, une Ligue des champions et une Coupe d'Angleterre avec Manchester United. Puis une couronne de champion d'Espagne et une Coupe du roi avec le Real Madrid.

A croire qu'il a fait le bon choix. L'entraîneur Laszlo Bölöni, qui lui a offert ses premiers matches chez les grands, au Sporting Portugal, va jusqu'à lui conférer un statut d'icône nationale.

"Cristiano Ronaldo était exceptionnel, meilleur qu'Eusebio et que (la chanteuse de fado) Amalia, qui font partie du patrimoine portugais", a affirmé le technicien roumain, lui aussi cité par O Jogo.

Jusqu'à ce firmament, le joueur a subi une métamorphose. On a tendance aujourd'hui à railler sa confiance en lui qui tient, selon certains, de l'arrogance. Mais ceux qui l'ont côtoyé au début de sa carrière soulignent son humilité.

"Je me souviens de sa timidité lors de son premier entraînement avec l'équipe senior du Portugal", a dit Carlos Godinho, directeur sportif de la sélection.

"Il était très jeune, il avait 18 ans et il s'est très bien intégré dans l'équipe. Il voulait montrer tout ce qu'il avait, il ne voulait pas s'arrêter."

Neuf ans plus tard, il n'a toujours pas décidé de mettre un terme à sa course.

Simon Carraud pour le service français, édité par Grégory Blachier

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