MONDIAL-Après le diesel, le filtre à particules arrive sur l'essence

le
0
    * Le moteur essence turbo à injection directe émet plus de 
particules 
    * Après le diesel en 2011, le FAP sera obligatoire sur 
l'essence 
    * Faurecia et Eberspaecher constatent une hausse de la 
demande 
    * Des risques d'engorgement, mais pas de pénurie à ce jour 
 
    par Gilles Guillaume 
    PARIS, 6 octobre (Reuters) - Les équipementiers spécialisés 
dans les filtres à particules doivent faire face actuellement à 
une forte augmentation des commandes des constructeurs 
automobiles qui devront bientôt ajouter aux voitures essence un 
équipement obligatoire sur le diesel depuis 2011. 
    "Nous avons une demande de plus en plus importante en 
filtres à particules pour l'essence. Elle s'est accélérée depuis 
un an", a déclaré à Reuters Luc Herbin, responsable R&D de la 
division Technologies de contrôle des émissions de Faurecia 
 EPED.PA , numéro un mondial du secteur, lors des journées 
presse du Mondial de l'auto. 
    La technologie essence, jusqu'ici plus vertueuse que le 
diesel en matière de particules, est désormais atteinte du même 
mal que sa cousine. Les moteurs essence turbo à cylindrée 
réduite, qui ont depuis plusieurs années le vent en poupe, ont 
en effet adopté le même système d'injection directe du carburant 
dans la chambre de combustion, et si leur consommation a chuté, 
leurs émissions de particules ont fait un bond. 
    Le prochain tour de vis réglementaire en matière d'émissions 
automobiles devrait fait l'objet d'un vote européen le 7 
décembre, pour une entrée en vigueur moins d'un an après, dès 
septembre 2017 pour les nouvelles gammes de véhicules. 
    "Je ne sais pas ce qui va se passer avec les fournisseurs, 
mais on est en train de rentrer les filtres rapidement", a 
déclaré au salon de l'auto de Paris Alain Raposo, directeur de 
la planification des motorisations de l'alliance Renault-Nissan. 
"Bien sûr que ça coince, quand tous les constructeurs arrivent 
chez les mêmes fournisseurs et qu'on veut tous mettre des 
filtres à particules, ça crée un peu d'engorgement." 
    L'allemand Eberspaecher dit n'avoir connaissance à ce jour 
d'aucune pénurie. "Nous pouvons confirmer une hausse de la 
demande sur les filtres à particules, à laquelle nous réagissons 
en ajoutant des équipes supplémentaires et en renforçant 
également nos capacités de production", a dit à Reuters une 
porte-parole du numéro trois du secteur. 
    Hugues Boucher, responsable R&D et Environnement à la Fiev 
(Fédération des industries des équipements pour véhicules), n'a 
pas encore eu non plus eu de retour de ses adhérents sur 
d'éventuelles pressions ou retards en matière de livraisons. 
    "Il y avait une certaine visibilité sur ce changement 
réglementaire, il faut bien entendu convertir l'outil industriel 
pour passer du diesel à l'essence, mais tout le monde le 
savait", a-t-il souligné. "En revanche, on peut raisonnablement 
s'inquiéter de la fluidité des approvisionnements si des marchés 
comme la Chine ou l'Inde décident à leur tour de s'équiper 
massivement en filtres à particules." 
    L'un des goulots d'étranglement potentiels se situe au 
niveau des métaux précieux qui entrent dans la composition d'un 
filtre à particules, notamment les platinoïdes qui en tapissent 
les parois pour faciliter la régénération du filtre quand les 
suies sont devenues trop abondantes. Ces platinoïdes sont 
extraits pour l'essentiel de gisements situés en Russie et en 
Afrique du Sud. 
    Faurecia n'a pas souhaité commenter les implications 
industrielles de ce surcroît de demande. Aucun commentaire n'a 
pu être obtenu dans l'immédiat auprès du numéro deux du secteur, 
l'américain Tenneco  TEN.N . 
 
 (Edité par Jean-Michel Bélot) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant