Mondial: apaisé, Ribéry s'impose en modèle pour les Bleus

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APAISÉ, FRANCK RIBÉRY S?IMPOSE EN LEADER DE L?ÉQUIPE DE FRANCE
APAISÉ, FRANCK RIBÉRY S?IMPOSE EN LEADER DE L?ÉQUIPE DE FRANCE

par Gregory Blachier

CLAIREFONTAINE, Yvelines (Reuters) - Elu joueur européen de l'année, couronné de titres avec le Bayern Munich et apaisé après des années délicates sur le plan personnel et en Bleu, Franck Ribéry a adopté le discours et le comportement d'un leader en équipe de France.

A trois jours d'un match de qualification pour la Coupe du monde, en Géorgie, le joueur adopté par le public durant le Mondial 2006, rejeté après la grève de 2010 et revenu en grâce chez les supporters, s'assume en capitaine, même sans l'être.

Le sélectionneur, Didier Deschamps, voit en lui un modèle sur le terrain, davantage qu'en dehors. Ses coéquipiers citent volontiers comme élément moteur celui qui est aussi un trublion au quotidien, même s'il s'est assagi et fait moins de blagues potaches.

A écouter le premier intéressé, Franck Ribéry est heureux, a envie de faire mieux avec l'équipe de France et, pour cela, de tirer tout un groupe derrière lui, comme il peut le faire au Bayern dont il est un, si ce n'est le joueur clé.

Mener les troupes, être celui qui donne le tempo? "J'aime", dit-il, avant d'énumérer les autres "anciens" qui doivent jouer ce rôle -Eric Abidal, Patrice Evra ou Hugo Lloris. A 30 ans et avec 74 sélections, son âge, son expérience et ses performances l'y autorisent.

Franck Ribéry a souvent appelé Eric Abidal quand celui-ci était souffrant et leurs retrouvailles à Clairefontaine, il y a trois semaines, ont été remarquées. Il est celui qui est allé parler à Samir Nasri lors de son retour après un an d'absence, au même moment.

Il est aussi celui qui gagne tout -champion d'Europe et d'Allemagne en mai dernier, vainqueur de la Supercoupe la semaine dernière en étant buteur- et veut transmettre cette réussite aux Bleus.

"On est ensemble, une équipe. Pour réussir quelque chose, il faut être solidaires, comme au Bayern où tu vois tout le monde qui court pour gagner, quelque chose d'extraordinaire", dit-il.

"FRANCK EST ET RESTERA UN EXEMPLE"

L'exemple bavarois revient souvent dans sa bouche et s'il donne le sentiment d'être frustré par l'inefficacité des Bleus qui n'ont pas marqué depuis quatre matches, il préfère appeler au travail et souhaiter que les "jeunes" se libèrent.

Il se lance même dans la petite analyse tactique, sans aller trop loin mais en s'écartant des banalités qui égayent parfois les rendez-vous trop bien préparés, pour souligner son rôle de conseiller, voire de donneur d'ordres au coeur de l'action quand ses coéquipiers sont trop hésitants.

"En Belgique (mi-août, 0-0) où ça m'est arrivé de dire 'au lieu de faire la passe à trois mètres, fais-là à dix ou 15, ça crée un décalage, ça accélère le jeu'", dit-il.

Le défenseur Eliaquim Mangala, qui l'a précédé mardi devant la presse au centre national de Clairefontaine, reconnaît comme d'autres l'influence de Ribéry qui, à l'inverse d'un Karim Benzema, muet depuis plus d'un an, ne connaît plus le doute.

"Quand il est là, par sa présence sur le terrain, il apporte de la confiance", dit le défenseur de Porto.

Bacary Sagna, plus habitué à la sélection, va plus loin quand il affirme : "Franck est et restera un exemple". "C'est un devoir en tant que joueur d'essayer de faire ce qu'il a fait avec son club et en équipe de France", insiste-t-il.

Ribéry ne l'a pourtant pas toujours été. Il a parfois voulu tout faire seul, a été un meneur dans les mauvais moments aussi, comme lors de la grève de l'entraînement à Knysna, en 2010, que les Bleus traînent comme un casier judiciaire.

Il a été impliqué dans "l'affaire Zahia", prostituée mineure qu'il a reconnu avoir fait venir à Munich, sans connaître son âge. Franck Ribéry est tombé, très bas, son niveau s'en est ressenti et le public l'a souvent conspué.

Ce passé, ou passif, serait presque un atout dans son rôle de leader, à l'entendre.

"Je ne sais pas si je peux être un modèle, mais je peux être un exemple pour beaucoup de personnes d'avoir remonté cette pente comme je l'ai fait", dit-il.

"J'ai fait le dos rond, je ne me suis pas caché mais je suis mis un peu de côté et je n'ai jamais lâché. Il y a une période, ça a été très dur, mais quand tu arrives à surmonter tout ça, tu es content", dit-il.

La leçon vaudrait sans doute pour beaucoup d'autres qui sont revenus après Knysna ou après un Euro 2012 marqué par des écarts de conduite. Elle vaut même sur le plan sportif pour un Benzema, qui est désormais la cible numéro un lorsque rien ne tourne rond pour les Bleus.

"Triste" pour son compère des avant-postes, Franck Ribéry veut "essayer de lui donner les meilleurs ballons possibles". Faire retrouver le chemin du but au Madrilène ne serait pas la moindre des preuves de son influence.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

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