Mondial-2018 Avant Etats-Unis/Mexique: "le foot, c'est différent de la politique"

le
0
Des supporters mexicains assistent des tribunes au match face aux Etats-Unis en qualif pour le Mondial-2018, le 11 novembre 2016 à Columbus (Ohio) ( AFP / Paul Vernon )
Des supporters mexicains assistent des tribunes au match face aux Etats-Unis en qualif pour le Mondial-2018, le 11 novembre 2016 à Columbus (Ohio) ( AFP / Paul Vernon )

"Le foot, c'est différent de la politique", assure Javier Lopez, un supporter mexicain, pas plus inquiet que cela d'assister au choc entre Etats-Unis et Mexique vendredi, trois jours seulement après l'élection de Donald Trump, qui a notamment promis de construire un mur entre les deux pays.

Sur le parking du stade de Columbus, dans l'Ohio, Javier Lopez, habillé du maillot mexicain, sirote une bière en compagnie de trois amis, supporters acharnés, comme lui, du Mexique.

Ils attendent avec impatience et sans la moindre trace d'inquiétude la rencontre entre les deux poids lourds de la zone Concacaf (Amérique du nord, Amérique centrale et Caraïbes), comptant pour les éliminatoires du Mondial-2018 en Russie.

Ce duel entre "Team USA" et "El Tricolor" se déroule pourtant dans un contexte particulier: Donald Trump a remporté mardi l'élection présidentielle américaine, notamment grâce aux votes des habitants de l'Ohio, Etat-clef tombé, à la surprise générale, dans l'escarcelle du candidat républicain.

Durant la campagne, Donald Trump avait qualifié les immigrants mexicains de violeurs et de trafiquants de drogue. Pour juguler l'immigration, il s'était également engagé à faire construire un mur à la frontière entre les deux pays et à renégocier l'accord de libre échange nord-américain (Alena), trop favorable à ses yeux au voisin du sud.

- 'Penser à autre chose' -

Mais Javier Lopez est serein et ne craint pas d'éventuelles insultes ou provocations des supporters américains: "Il faut séparer le football et la politique, ce sont deux choses différentes".

Non loin de ce groupe de supporters mexicains, venus en grand nombre, Eric Belmonte a amené tout le nécessaire pour faire griller des hamburgers sur le parking du stade, une tradition américaine avant les rencontres de football et surtout de football américain.

"Les gens viennent voir du foot pour penser à autre chose pendant 90 minutes, en tous cas, c'est ce pour quoi nous sommes là", explique, dans un sourire, cet habitant de Louisville (Kentucky).

"Sur la route pour venir ici, nous avons vu une voiture immatriculée dans le Texas avec plusieurs supporters mexicains qui ont fait ce long voyage jusqu'ici et je trouve cela bien", insiste ce supporter de "Team USA".

Le principal groupe de supporters de la sélection américaine, "The American Outlaws" (littéralement les hors-la-loi américains), a tout de même pris soin de rappeler à ses 8000 membres son code de bonne conduite.

- La malédiction de Columbus -

Des supporters américains assistent des tribunes au match face aux Mexique en qualif pour le Mondial-2018, le 11 novem
Des supporters américains assistent des tribunes au match face aux Mexique en qualif pour le Mondial-2018, le 11 novembre 2016 à Columbus (Ohio) ( AFP / Paul Vernon )

"Pas de racisme, ni de sexisme, d'homophobie ou encore de geste ou chant discriminatoire, c'est aussi simple que cela", ont-ils indiqué sur les réseaux sociaux.

"Toute personne qui ne respectera pas notre code de bonne conduite sera aussitôt expulsée des tribunes", ont prévenu les responsables des "American Outlaws".

Un membre de ce groupe de supporters a déjà reçu un avertissement pour avoir demandé sur les réseaux sociaux s'il pourrait crier à son équipe "construisez un mur", référence à peine voilée à celui promis par Donald Trump, lorsque le Mexique tirera des coups francs.

Les joueurs, eux, se sont employés à dépolitiser la rencontre, même si le capitaine américain Michael Bradley a admis que "ce match a un certain retentissement politique".

La star mexicaine Javier Hernandez est conscient du contexte: "La période n'est pas forcément très agréable pour certaines personnes, pour les Latinos notamment (...) On va tout faire pour leur donner de la joie et apaiser leur tristesse", a promis "Chicharito", l'attaquant du Bayer Leverkusen.

Plus que le contexte politique, le Mexique doit se méfier de la malédiction de Columbus: "El Tri" s'est en effet incliné lors de ses quatre dernières visites dans l'Ohio, à chaque fois sur le score de 2-0 et à chaque fois dans le cadre d'éliminatoires pour une Coupe du monde.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant