Mondial 2014: vingt-deux nains et quelques géants

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LA FINLANDE FACE AU DÉFI DES ÉLIMINATOIRES DE LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL
LA FINLANDE FACE AU DÉFI DES ÉLIMINATOIRES DE LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL

par Brian Homewood

BERNE, Suisse (Reuters) - Vingt-deux pays européens tenteront à partir de vendredi de se qualifier pour la première fois de leur histoire pour la Coupe du monde, en 2014 au Brésil, mais l'espoir devrait être de courte durée pour la plupart de ces nains footballistiques.

D'autres équipes, comme l'Autriche, la Belgique ou la Hongrie, essaieront de renouer avec leur gloire perdue après une longue éclipse au plus haut niveau mondial.

Au total, 53 sélections nationales réparties en neuf poules lorgnent les 13 billets mis en jeu. Le premier de chaque groupe sera qualifié d'office, tandis que les huit meilleurs deuxièmes devront se départager les derniers strapontins lors de matches de barrage à haut risque.

Au sommet de la pyramide: l'Espagne, championne du monde et double championne d'Europe en titre. Tout en bas: Saint-Marin et ses 30.000 habitants, qui n'a gagné qu'un match dans toute son histoire, contre le Lichtenstein, soit l'un des pires ratio du football mondial.

Pour Saint-Marin, comme pour Andorre ou le Luxembourg, qui détient le record d'échecs avec 18 campagnes de qualification sans succès, le voyage au Brésil tiendrait de l'exploit.

Les espoirs paraissent moins déraisonnables pour d'autres pays, à l'image de la Bosnie, de la Lettonie ou du Monténégro, qui devront toutefois réussir le tour de force d'écarter sur leur passage des ténors européens.

La Finlande, qui a buté 17 fois sur les éliminatoires, doit relever un défi d'autant plus relevé que le pays est tombé dans la poule I, où figurent l'Espagne et la France, premier adversaire des Scandinaves vendredi.

L'Europe, où les plus petites équipes se frottent ainsi aux plus grandes, fait figure d'exception. Presque partout ailleurs, un premier écrémage permet de resserrer la sélection autour des favoris et de quelques privilégiés.

Michel Platini, président de l'UEFA, a apporté son soutien au système actuel, qui permet en théorie aux petits de s'améliorer au contact des meilleurs.

"MAINTENANT OU JAMAIS"

Mais, si l'on en croit ses détracteurs, ce grand brassage contraint les nations majeures, comme l'Allemagne, l'Espagne ou l'Italie, à disputer des campagnes interminables et harassantes. Alors qu'il s'agit le plus souvent de simples formalités.

La route part de Hanovre face aux modestes Îles Féroé pour l'Allemagne, demi-finaliste du dernier Euro et de la dernière Coupe du monde, qui a échoué dans le groupe C en compagnie de la Suède et de l'Irlande, deux équipes qui ont disputé l'Euro.

Les Pays-Bas n'ont pas été épargnés par le sort puisqu'ils joueront contre la Turquie pour le compte du groupe D lors de la principale affiche de la première journée.

Sans ses attaquants Mario Balotelli, qui vient de subir une opération de l'oeil, et Antonio Cassano, que le sélectionneur Cesare Prandelli n'a pas jugé suffisamment en forme, l'Italie ira en Bulgarie en match du groupe B.

Dans le groupe H, l'Angleterre, étonnamment troisième du dernier classement Fifa, visitera elle aussi l'Europe de l'Est, plus précisément la Moldavie, au 141e rang mondial.

Contrairement à ces géants européens, les qualifications ne sont plus, depuis longtemps, un simple passage obligé pour la Belgique, qui n'a pas goûté aux fastes d'une grande compétition depuis la Coupe du monde 2002 au Japon et en Corée du Sud.

Tout le pays compte sur une génération dorée, emmenée par le milieu de terrain de Chelsea Eden Hazard et le défenseur de Manchester City Vincent Kompany, pour faire son retour dans le gotha européen.

"Nous avons une génération talentueuse, mais nous devons le prouver sur le terrain", a estimé Eden Hazard.

Rien n'est interdit pour les Diables rouges, d'autant que les deux premiers adversaires, le Pays de Galles et la Croatie, n'ont pas de quoi leur donner de complexes d'infériorité.

"Pour le pays et les supporters, les deux prochains matches sont très importants. Avec l'équipe que nous avons aujourd'hui, nous devrions être capables de faire quelque chose. D'une certaine façon, c'est maintenant ou jamais pour la Belgique."

L'Autriche, qualifiée pour la dernière fois en 1998, place des espoirs comparables dans sa génération montante, qui prouve son talent chaque week-end en Bundesliga.

La Hongrie, qui a révolutionné le football mondial dans les années 1950 avant de décliner puis de totalement disparaître de toute compétition majeure depuis vingt-cinq ans, affrontera Andorre vendredi.

Le pays est désormais classé au 27e rang mondial, son plus haut niveau depuis la création du classement de la Fifa il y a vingt ans, et peut viser une place au soleil brésilien. A condition d'éliminer les Pays-Bas ou la Turquie.

Simon Carraud pour le service français, édité par Grégory Blachier

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