Mondial 2014: la vraie première des Bleus de Didier Deschamps

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LES BLEUS LANCENT LEUR CAMPAGNE DE QUALIFICATION POUR LE MONDIAL 2014
LES BLEUS LANCENT LEUR CAMPAGNE DE QUALIFICATION POUR LE MONDIAL 2014

par Olivier Guillemain

HELSINKI (Reuters) - Trois semaines après un match amical face à l'Uruguay, les choses sérieuses commencent vendredi en Finlande pour l'équipe de France de football, première étape d'un long chemin qui la mènera peut-être au Brésil dans deux ans.

"C'est un match qui lance notre campagne de qualification pour le Mondial et il est donc très important. On sait aussi qu'il y a beaucoup d'attentes", a ainsi souligné Didier Deschamps jeudi, quelques heures après son arrivée à Helsinki.

"D'un point de vue personnel, je ressens beaucoup d'excitation, peu d'inquiétudes ou de pression", a ajouté le successeur de Laurent Blanc, conscient que sa mission débute vraiment vendredi.

Car la dernière sortie des Bleus, la première de l'ancien entraîneur de l'OM dans son costume de sélectionneur, n'a pas forcément été riche d'enseignements.

D'autant que la plupart des joueurs sur lesquels il semble compter n'étaient pas du voyage en Normandie, soit indisponibles, soit suspendus, soit en phase de reprise.

C'est donc à Helsinki, face à la 96e nation au classement Fifa, puis quatre jours plus tard, contre la Biélorussie au Stade de France, que Didier Deschamps va devoir abattre réellement ses cartes et de montrer son jeu.

Même si la Finlande n'est jamais parvenue à se qualifier pour une phase finale d'une grande compétition internationale, le Basque se méfie de cet adversaire.

"Ils jouent dans des championnats de bonne qualité, en Grèce, en Allemagne ou en Suède. C'est une équipe capable de produire du jeu, d'aller de l'avant. Après, qu'elle soit assez éloignée au classement Fifa c'est une chose. Sur le terrain, ça risque d'être différent", a-t-il expliqué.

Didier Deschamps sait toutefois que tout autre résultat qu'une victoire compromettrait déjà les chances des Bleus de se qualifier directement pour le Mondial.

Car à force de reculer au classement Fifa, la France a hérité d'un groupe très relevé et devra croiser le fer avec les champions du monde et double champions d'Europe espagnols.

Dans cette poule de cinq que complète la Géorgie, seul le premier validera directement son ticket pour l'Amérique du Sud, le deuxième devant en effet passer par un barrage.

"Etant donné la configuration de la poule et la présence de l'Espagne, on ne veut pas dépendre des autres et on va faire en sorte de prendre le maximum de points. L'objectif est de terminer à la première place", a rappelé Didier Deschamps.

UNE CHARNIÈRE INEXPÉRIMENTÉE

La tâche est d'autant plus complexe qu'avant même de fêter son premier match officiel à la tête des Bleus, Didier Deschamps est déjà confronté à quelques maux de tête, en plus de ceux causés par les écarts de certains joueurs lors du dernier Euro.

Le premier motif de migraine n'est autre que l'éternel chantier de la défense centrale, sur lequel ses prédécesseurs, Raymond Domenech puis Laurent Blanc se sont cassé les dents.

Depuis la paire William Gallas-Lilian Thuram finaliste du Mondial 2006 en Allemagne, beaucoup de joueurs ont en effet été essayés à ces postes-clés, sans véritable succès.

Confronté à un dilemme cornélien, celui de devoir choisir entre privilégier l'expérience, incarnée par Adil Rami et Laurent Koscielny, ou la jeunesse testée au Havre avec Mamadou Sakho et Mapou Yanga-Mbiwa, Didier Deschamps a opté pour la deuxième solution, plus risquée mais conforme à sa logique.

Les deux novices restent sur un début de saison plein, au contraire de leurs homologues qui ont peu de temps de jeu dans les jambes.

"C'est un choix difficile mais je l'assume. La condition physique, pour le haut niveau, c'est important. Et avec ce problème de manque d'expérience dont on me parle tout le temps, je n'ai pas 36 solutions. La seule, c'est de les faire jouer", a-t-il avancé.

L'autre source de tracas pour le nouveau sélectionneur des Bleus se situe à l'extrémité opposée, en attaque, où ses deux titulaires en puissance sont en panne sèche.

Muet à l'Euro pendant que tous les grands autres attaquants faisaient trembler les filets, Karim Benzema n'a pas non plus marqué avec le Real Madrid depuis la reprise du championnat espagnol. A Arsenal, Olivier Giroud n'a pas fait mieux.

Le duo testé au Havre ne sera pas reconstitué, Olivier Giroud étant blessé. Karim Benzema devrait donc occuper l'axe, épaulé par Franck Ribéry à gauche et Jérémy Ménez à droite.

Au final, il n'y a guère qu'au milieu de terrain que Didier Deschamps a pu coucher facilement les noms des trois probables heureux élus. La complémentarité entre Abou Diaby, enfin de retour en Bleu après moult blessures, Rio Mavuba et Yohan Cabaye est en effet un des rares sujets qui ne fait pas débat.

Edité par Grégory Blachier

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