Mondial 2014: Deschamps ne veut pas jouer les instituteurs

le
0
DIDIER DESCHAMPS NE VEUT PAS JOUER LES INSTITUTEURS
DIDIER DESCHAMPS NE VEUT PAS JOUER LES INSTITUTEURS

par Olivier Guillemain

CLAIREFONTAINE, Yvelines (Reuters) - Didier Deschamps a conscience que redorer le blason de l'équipe de France fait partie de ses nouvelles missions de sélectionneur mais pour autant, le patron des Bleus ne considère pas qu'il soit là pour jouer les "instituteurs de maternelle".

Deux ans après le psychodrame de Knysna et quelques semaines après un Euro encore marqué par des écarts de comportements de la part de certains joueurs, le successeur de Laurent Blanc a pris deux résolutions majeures.

La première, tout en sagesse et dans une certaine forme de pardon, a été de faire table rase du passé.

"Aujourd'hui, peu importe ce qu'il s'est passé à l'Euro ou avant, on part sur une nouvelle aventure avec l'objectif de se qualifier pour une Coupe du monde", a-t-il ainsi expliqué mercredi, à deux jours du début, en Finlande, des éliminatoires de la Coupe du monde 2014.

La seconde, plus pragmatique, a été de fixer un ensemble de règles de vie communes allant de la ponctualité à l'usage des téléphones portables en passant par le respect mutuel entre partenaires.

"Il y a un cadre de vie mais cela n'a rien d'exceptionnel. Il y a des choses qui peuvent être perturbantes pour la vie d'un groupe: je pense, au-delà du respect des horaires, à ces nouvelles technologies qui ont tendance à isoler les gens, à les rendre égoïstes dans les moments où l'on est ensemble", a-t-il ainsi détaillé.

"Après, avec ce cadre, on veut juste faire en sorte de pouvoir communiquer le plus librement possible."

Déjà soucieux du respect des règles lorsqu'il était joueur, l'entraîneur qu'est devenu Didier Deschamps n'a pas changé.

Pour autant, l'ancien capitaine des champions du monde 1998 estime qu'il n'est pas là pour éduquer ses joueurs, qu'il décrit comme "des affectifs avec qui il est nécessaire de construire une relation de confiance".

"FAIRE EN SORTE QU'ILS SE SENTENT BIEN, À L'AISE"

"Je ne suis pas là pour leur dire ce qu'ils doivent faire ou ne pas faire. Ce ne sont pas des enfants et je ne suis pas instituteur à la maternelle ou au collège. Je suis là pour les aider, pour les accompagner et faire en sorte qu'ils se sentent bien, à l'aise", a dit Deschamps, refusant de facto d'endosser les habits d'un Père-Fouettard.

"Je ne suis pas là pour changer les personnalités ou les caractères. Il y a des joueurs qui sont plus souriants que d'autres, plus ouverts mais le plus important, au final, c'est d'être bon sur le terrain", a-t-il ajouté.

A écouter les joueurs de Didier Deschamps, les deux premières mesures cadres du nouveau sélectionneur ont été largement acceptées.

"On sait très bien qu'avec ce qu'il s'est passé à la Coupe du monde en 2010 et à l'Euro, on n'a pas le droit à l'erreur", a ainsi déclaré Mathieu Valbuena, qui connaît très bien Didier Deschamps pour l'avoir eu comme entraîneur à Marseille.

"Mais aujourd'hui, tout ça, on l'a balayé et l'avenir, c'est de pouvoir se concentrer sur notre objectif commun qui est de se qualifier pour le Mondial 2014", a-t-il poursuivi.

Au sujet des règles, "comprises par tous et tout à fait logiques", l'attaquant de l'OM estime toutefois, comme son sélectionneur, que ce ne sont pas elles "qui feront gagner des matches".

Pour Christophe Jallet, qui espère honorer en Finlande sa deuxième sélection après France-Uruguay (0-0), la démarche de Didier Deschamps est "complètement légitime".

"Nous sommes un peu la vitrine du football français et nous avons une certaine image à donner. Il faut que nous donnions le meilleur exemple possible", a estimé le nouveau capitaine du PSG.

"Il y a eu des moments difficiles mais pour remédier à ça et passer à autre chose, il nous faut maintenant gagner, enchaîner des victoires. A nous de commencer par être au quotidien le plus simple possible et à gagner des matches."

Un écho de cette "culture de la gagne" que Didier Deschamps, plus que des bonnes manières, entend inculquer à son groupe.

Après une première sortie amicale sans véritable valeur face à l'Uruguay le 15 août dernier, la plupart des joueurs étant indisponibles ou en phase de reprise, son niveau d'exigence devrait être tout autre vendredi soir à Helsinki.

Edité par Grégory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant