Monchi, l'alchimiste sévillan qui transforme le plomb en or

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Monchi, l'alchimiste sévillan qui transforme le plomb en or
Monchi, l'alchimiste sévillan qui transforme le plomb en or

Malgré l'intérêt de plusieurs grands clubs européens, Monchi, le directeur sportif de Séville, va prolonger jusqu'en 2020 dans son club de coeur. De quoi réjouir tout le monde là-bas. Sportivement comme économiquement.

« Il ne reste plus qu’à signer. » Monchi est un homme heureux et son président au FC Séville, José Castro, également. En prolongeant le directeur sportif du club andalou, Castro sait que son investissement devrait être des plus productifs. Ce n’est pas pour rien que le nom de Monchi a circulé autour des plus grands clubs européens cet été, tous alléchés par la perspective de débaucher cet homme méconnu qui sait transformer le plomb en or en bon alchimiste du Mercato. Cette semaine, lors de la présentation du Brésilien Mariano chipé aux Girondins de Bordeaux, Monchi s’est résumé : « Je ne suis pas quelqu’un qui signe des joueurs de renom, rutilant ou top. Nous verrons juste si dans ce recrutement quelque chose améliorera l’équipe. Nous allons travailler, nous avons une marge importante parce que nous avons terminé ce que nous avions planifié et parce que nous avons fait signer une étoile. Krychowiak, Bacca et Vitolo n’étaient pas des stars mais le sont devenus ici. Notre objectif n’est pas de rechercher quelqu’un qui a un nom pour avoir plus d’abonnés ».

Car Monchi, très fin observateur du monde du football, sait repérer les joueurs et entraîneurs qui permettent aux pensionnaires du stade Sanchez-Pizjuan de se tenir droit derrière les Rois d’Espagne, engrangeant plus de Coupes d’Europe que l’ensemble des clubs français réunis. Sa force ? Savoir repérer des joueurs dans tous les coins du monde qui seront capables de travailler pour l’équipe. Ils peuvent être expérimentés, comme Ivan Rakitic Stéphane Mbia ou Benoît Trémoulinas, relancés en Espagne. Ils sont souvent jeunes et méconnus, comme Bacca, revendu cet été au Milan AC (27 millions plus cher que ce qu’il n’a coûté) ou Dani Alves, vendu au Barça en son temps avec une plus-value de près de 41 millions d’euros. S’il connaît quelques échecs parfois, Ramon Rodriguez Verdejo, son vrai nom, a la réussite avec lui. Et le quotidien Sport a recensé dernièrement ses dix meilleures reventes. Elles sont éloquentes.

Dani Alves ? Acheté à Bahia 550 000 euros, vendu au Barça 41,45 millions. Bacca ? Le Colombien a été acheté à Bruges en Belgique 3 millions et a été cédé au Milan pour 30 millions. Rakitic ? Repêché à Schalke 04 pour 2,5 millions et lâché au Barça (encore) pour 24 millions. Monchi sait aussi vendre au Real Madrid parfois. Julio Baptista, acheté 3 millions à Sao Paulo, a signé à la maison Blanche pour 20 millions. Aleix Vidal recruté 3,3 millions est désormais Blaugrana pour 18 millions. Kondogbia, acheté à Lens 3,5 millions, avait rejoint Monaco pour 17,6 millions. Keita, lui aussi soldé par Lens 3,5 millions, fut barcelonais pour 14 millions. Adriano quitta Coritiba pour 1,8 million pour endosser ensuite le maillot du Barça pour 12 millions. Le Danois Poulsen recruté gratis ? Vendu à la Juve 10 millions. Enfin, même avec les Espagnols, Monchi sait faire des affaires : il a acheté au Real Negredo pour 15 millions et l’a revendu 10 de plus à Manchester City.

Une telle régularité dans les bonnes affaires pose un directeur sportif. D’autant que les résultats sportifs suivent, au niveau local comme au niveau européen. Pour autant, le FC Séville ne compte pas changer sa philosophie parce qu’il a hérité d’un strapontin en Ligue des Champions. Le club de Timothée Kolodziejczak, vainqueur de la dernière Ligue Europa, veut continuer à faire ses meilleurs gazpachos sans changer sa recette avec des produits trop précieux qui dénatureraient tout. Voilà pourquoi Ramon Rodriguez va prolonger son contrat jusqu’en 2020 : « Je peux dire que je suis l’homme le plus heureux du monde, a-t-il confié en conférence de presse, parce que je continue dans ma maison, avec son peuple. Je suis très sentimental, c’est ma façon d’être. » Sentimental mais dur en affaires. La recette pour devenir un directeur sportif en or ?

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