Monaco : Brassard, Diarra, retraite... Toulalan se livre

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Monaco : Brassard, Diarra, retraite... Toulalan se livre
Monaco : Brassard, Diarra, retraite... Toulalan se livre

Jérémy Toulalan s'est longuement confié dans les colonnes de l'Equipe avant le déplacement de Monaco à Lorient. Le projet monégasque, son rôle de capitaine, Lassana Diarra et son envie de continuer à jouer : le milieu de l'ASM a répondu sans détour.

Les interventions médiatiques de Jérémy Toulalan sont rares. Alors elles sont forcément précieuses. Surtout quand il se confie. Du haut de ses 32 ans, le capitaine de l’AS Monaco conserve sa grinta et sa volonté de toujours bien faire les choses. Sous contrat jusqu’en juin 2017 avec l’ASM, l’ancien Lyonnais s’est livré dans un entretien accordé à l’Equipe vendredi. Le joueur formé au FC Nantes y évoque quasiment tous les sujets. Le projet bancal de Monaco, sa relation avec ses jeunes coéquipiers, sa timidité, ses complexes techniques, son avenir : Jérémy Toulalan dit tout. Et sans langue de bois.

Le projet monégasque, il y croit

« Quand j’ai prolongé mon contrat au printemps dernier, je savais qu’il y aurait des départs. J’étais au courant (...) Martial ? Pour 80 millions d’euros, je l’aurais vendu aussi. Je l’ai dit aux supporters lors d’une réunion (...) On a fait deuxièmes, troisièmes et là, on est troisièmes. Le projet monégasque, j’y crois. »

Ne comptez pas sur Jérémy Toulalan pour baisser les bras. Même si l’ASM s’est séparée de plusieurs joueurs majeurs, le Français garde la confiance. Le classement du club de la Principauté en championnat (2eme) lui donne raison.

L’ennui, et alors ?

« Monaco n’est pas joli à voir jouer ? Je le dis régulièrement (...) On n’a pas de régularité. On nous critique énormément sur notre jeu et nos performances mais je ne vois pas beaucoup d’équipes bien jouer. »

Là aussi, difficile de contredire l’international tricolore. Monaco est une équipe ennuyeuse mais elle ne fait que s’inscrire dans la normalité de cette Ligue 1 au niveau médiocre.
 

La Ligue des Champions, c’est sa récompense

« Dans une saison comme ça, le plaisir serait de terminer deuxièmes, malgré les difficultés. Cela signifierait une qualification pour la Ligue des Champions. Pour ma dernière année de contrat, puisqu’il est possible que je finisse l’année prochaine, terminer avec la Ligue des Champions serait magnifique. »

Derrière le PSG, Monaco est l’équipe la mieux placée pour décrocher un aller direct pour la prochaine Ligue des Champions. L’objectif est affiché et il est réalisable.


 Ce n’est pas « un vieux con »

« Quand je discute avec les jeunes, je vois bien que je suis loin d’être un vieux con (sourires). »

 L’instant drôle de l’interview. Jérémy Toulalan a peut-être des cheveux grisonnants plein la tête, il refuse de porter l’étiquette « Vieille France ». Le milieu de 32 ans entretient un rôle de grand frère avec ses plus jeunes coéquipiers.


Capitaine exemplaire mais pas bavard

« Etre capitaine de Monaco, c’est être à l’écoute de tout le monde. Je ne parle pas énormément, je préfère montrer l’exemple par l’effort. Il faudrait peut-être que je parle plus, notamment pour la motivation de l’équipe, mais ce n’est pas ma nature (...) Le coach me demandait de faire des discours la saison dernière mais je n’ai jamais aimé ça »

Du Toulalan dans le texte. Un mort de faim sur le terrain, un homme très discret en dehors. La lumière, les paillettes et le tumulte, ce n’est pas pour lui. Le Français est resté fidèle à lui-même.


Houiller et Pellegrini, ses références


« La culture de la gagne manque, à l’entrainement, dans la plupart des clubs (...) Dans ma carrière, j’ai connu deux grands motivateurs, Gérard Houiller et Manuel Pellegrini. Houiller, personne ne fait des causeries comme lui, c’est le plus fort. Pellegrini, c’est plus l’autorité naturelle et l’élégance. Il ne criait presque jamais. »

Jérémy Toulalan ne s’en cache pas : son époque lyonnaise (2006-11) et son aventure à Malaga (2011-13) l’ont particulièrement marqué. Gérard Houiller et Manuel Pellegrini, entraineurs qu’il a fréquentés pendant de nombreuses saisons, ont eu une importance dans sa carrière. Et dans sa vision de voir le football.


Sa plus grande fierté : marquer les esprits


« En dehors des titres, ma plus grande fierté, c’est que les clubs dans lesquels je suis passé m’ont demandé de revenir. Lyon l’a fait, Malaga aussi. »

Le profil, la qualité et le sens du devoir de Jérémy Toualalan ne sont jamais passés inaperçus. Pas étonnant que les équipes qui l’ont laissé filer aient tenté de le faire revenir.

 

Pour Toulalan, Lassana Diarra est un cador


« Lassana Diarra a confirmé à Marseille ce que je pensais de lui déjà avant : c’est le meilleur milieu défensif français, et depuis longtemps. Il a tout et il rayonne encore plus depuis son retour. »

Les deux joueurs se sont fréquentés lors de quelques matchs en équipe de France. Et le milieu français ne tarit pas d’éloges sur le Marseillais. Il n’a même pas été étonné de le revoir afficher un tel niveau avec l’OM.


Son complexe technique

« J’ai toujours eu ce complexe d’être moins doué techniquement que les autres et il m’a fallu longtemps pour me dire que ce n’était pas forcément le cas. »

Davantage connu pour ses qualités de gratteurs de ballons plutôt que pour sa fine technique, Jérémy Toulalan a longtemps été décrié pour son manque de raffinement balle au pied. Ça l’a marqué. Mais il est passé à autre chose.


La retraite, ce n’est pas pour tout de suite

« J’ai pensé à la retraite l’année dernière mais j’ai bien fait de continuer (...) Je continue car c’est un boulot exceptionnel et parce que plus on se rapproche de la fin, plus on sait la chance qu’on a. J’aime le foot. »

Tant qu’il aura le niveau, le Français ne compte pas s’arrêter. Son contrat court jusqu’en 2017. Et Monaco n’a aucune envie de laisser filer son capitaine.

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