Moins de combattants de l'ex-Front al Nosra à Alep qu'annoncé

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    GENEVE, 14 octobre (Reuters) - Le nombre de combattants 
djihadistes du Front Fateh al Cham (ex-Front al Nosra) dans les 
quartiers d'Alep contrôlés par les rebelles est sans doute moins 
élevé que l'estimation fournie par les Nations unies, dit-on 
dans les milieux diplomatiques. 
    Le Front Fateh al Cham (JFS) n'est pas inclus dans l'accord 
de cessez-le-feu qui avait été conclu le mois dernier entre la 
Russie et les Etats-Unis en raison de ses liens passés avec Al 
Qaïda et demeure de ce fait une cible légitime des bombardements 
aériens. 
    L'ex-Front al Nosra est historiquement peu présent dans les 
quartiers est d'Alep où sont surtout implantés des groupes 
rebelles modérés liés à l'Armée syrienne libre (ASL). Mais des 
combattants islamistes s'y sont infiltrés à la faveur de la 
contre-offensive qui leur avait brièvement permis de briser le 
siège de la ville en août. 
    L'émissaire de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, a 
évalué la semaine dernière leur nombre à 900 au maximum, sur les 
quelque 8.000 insurgés qui défendraient les quartiers orientaux 
d'Alep, tout en appelant Moscou et Damas à ne plus utiliser cet 
"alibi facile" pour détruire la ville. 
    A la veille d'une nouvelle réunion "de la dernière chance" à 
Lausanne, à laquelle participeront les ministres des Affaires 
étrangères russe et américain, plusieurs diplomates confient que 
l'estimation des Nations unies est trop élevée. 
    Selon ces sources, il y aurait entre 100 et 200 combattants 
du JFS à Alep. D'après un diplomate occidental, leur présence 
pourrait même être purement "symbolique". 
    "Les Russes disent qu'ils veulent parler du plan De Mistura 
qui est de faire sortir les combattants (islamistes) d'Alep. On 
est un peu dubitatifs. De Mistura a parlé de 900 combattants 
Fateh al Cham, nos estimations sont plus basses", dit-on de 
source diplomatique française. 
     
    PROBLÈME D'INTERPRÉTATION 
    La question sera au coeur de la réunion de samedi à Lausanne 
à laquelle participeront, outre les Russes et les Américains, 
les Européens et les principaux alliés régionaux des rebelles, 
comme la Turquie et l'Arabie saoudite, mais aussi l'Iran, qui 
soutient de son côté le président syrien, Bachar al Assad. 
    "Le problème, c'est l'interprétation du plan de Mistura par 
les Russes. Et ce que vont en dire les Arabes", résume le 
diplomate français. 
    Déterminé à mettre fin aux raids aériens qui infligent de 
terribles souffrances à la population civile, et à permettre la 
livraison d'aide humanitaire, Staffan de Mistura a proposé de se 
rendre en personne à Alep pour escorter les djihadistes hors de 
la ville. 
    Mais de source diplomatique occidentale, on souligne qu'un 
tel plan n'a de sens que si le nombre de combattants du JFS est 
correctement évalué. Dans le cas contraire, dit-on, les rebelles 
modérés se retrouveraient dans la situation absurde de devoir 
choisir dans leurs propres rangs des combattants à évacuer. 
    Staffan de Mistura a déjà revu à la baisse sa propre 
estimation du nombre de djihadistes à Alep. Il avait déclaré le 
25 septembre devant le Conseil de sécurité que la moitié des 
insurgés d'Alep étaient liés au JFS. La semaine dernière, il a 
jugé que le chiffre de 900 était "relativement fiable". 
    Les services du diplomate italo-suisse n'ont pas voulu dire 
comment ce chiffre avait été calculé, renvoyant aux propos qu'il 
a tenus la semaine dernière devant le Conseil de sécurité réuni 
à huis clos.  
    "Si les combattants d'Al Nosra sont 900, 900 devront partir. 
S'ils sont moins, ils seront moins à partir (...) L'important, 
c'est que tous les combattants d'Al Nosra quittent la ville et 
que les autres puissent rester s'ils le souhaitent." 
 
 (Tom Miles, avec John Irish à Paris, Tangi Salaün pour le 
service français, édité par Gilles Trequesser) 
 
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