Mohamed Ali, boxeur magnifique et icône américaine, est mort

le , mis à jour à 11:52
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MOHAMED ALI S'EST ÉTEINT
MOHAMED ALI S'EST ÉTEINT

par Bill Trott

WASHINGTON (Reuters) - L'ancien boxeur Mohamed Ali, véritable icône aux Etats-Unis, est décédé vendredi à l'âge de 74 ans dans l'hôpital de la région de Phoenix, en Arizona, où il était admis depuis deux jours pour de graves problèmes respiratoires, a annoncé vendredi soir un porte-parole de la famille dans un communiqué.

L'ex-champion du monde des poids lourds souffrait depuis une trentaine d'années de la maladie de Parkinson et s'était montré très affaibli lors de ses dernières apparitions publiques.

Une source proche de la famille Ali avait déclaré plus tôt vendredi à Reuters qu'il était dans un état critique et que son épouse avait entamé les préparatifs en vue de ses funérailles.

Des médias américains avaient de leur côté rapporté qu'il avait été placé sous respiration artificielle, une information qu'avait démentie le porte-parole de sa famille, Bob Gunnell.

"Une partie de moi-même s'en est allée, la plus importante", a commenté l'ancien champion du monde George Foreman auquel Ali avait ravi la couronne mondiale à Kinshasa en 1974.

Né le 17 janvier 1942 à Louisville, dans le Kentucky, sous le nom de Cassius Clay, le boxeur a pris le nom de Mohamed Ali à l'âge de 22 ans après s'être converti à l'islam.

Son jeu de jambes et la rapidité de ses poings, ses combats légendaires contre Joe Frazier et George Foreman et ses engagements politiques, comme son refus d'être enrôlé dans l'armée pour la guerre du Vietnam, ont fait de lui une icône.

Ayant commencé la boxe à l'âge de 12 ans, il décroche le titre mondial des poids lourds à 22 ans en obtenant à la surprise générale la victoire face à Sonny Liston, l'un des boxeurs les plus puissants de l'histoire, en février 1964 à Miami.

Peu de temps après, il rejoint la nation de l'islam, se convertit et décide de changer de patronyme. C'est au nom de ses convictions religieuses et de son opposition au conflit vietnamien qu'il refuse en 1967 de rejoindre la conscription.

Son statut d'objecteur de conscience le transforme immédiatement en icône de la contre-culture américaine parmi la génération qui conteste la guerre du Vietnam.

Cette opposition lui vaut d'être arrêté, d'être reconnu coupable d'évasion et d'être déchu de son titre mondial. Cet épisode l'éloigne de la boxe pendant près de quatre années (de mars 1967 à octobre 1970), Ali se consacrant à une bataille juridique qui le conduit jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis qui, en 1971, annule sa condamnation.

LE COMBAT DU SIÈCLE

Cette année marque le retour de Mohamed Ali pour "le combat du siècle" face à Joe Frazier au Madison Square Garden de New York en mars 1971. La tension avant la rencontre est à son comble lorsqu'Ali, jamais avare d'une provocation et se présentant comme "le plus grand, le plus courageux, le plus beau, le plus fort, le plus doué", affirme que son adversaire est "trop bête" pour être champion du monde.

"Je me bats pour le petit homme du ghetto", lance-t-il avant le match qui est retransmis dans 35 pays. Malgré toute sa résistance, Ali envoyé au tapis à la dernière reprise est déclaré vaincu à l'unanimité des juges et concède sa première défaite professionnelle.

Une revanche est organisée en 1974 entre les deux adversaires, Frazier ayant alors perdu son titre face à George Foreman. Ali tient cette fois sa victoire et se voit offrir la possibilité de défier le tenant du titre, Foreman, dans un match légendaire ("The Rumble in the Jungle") à Kinshasa en octobre de la même année.

Bien qu'âgé de 32 ans et n'ayant plus les réflexes et la rapidité de ses premiers combats, Mohamed Ali réussit à triompher face à un George Foreman qui admet que son rival a été "plus malin et plus fort" que lui.

Ce succès ouvre la voie au troisième match contre Frazier à Manille en octobre 1975. Le combat baptisé "Thrilla in Manila" se déroule par une chaleur accablante de 38 degrés. Le manager de Frazier refuse à l'appel de la 15e reprise que son boxeur reprenne le combat, offrant une victoire technique à Ali.

Ce dernier se retire des rings en 1981 avec un palmarès de 56 victoires, dont 37 par K.O., et seulement cinq défaites.

Trois ans après sa retraite sportive, les médecins lui ont diagnostiqué la maladie de Parkinson, cause pour laquelle il a créé une fondation, le Muhammad Ali Parkinson Center.

En 1996, l'ancien champion avait fait une apparition surprise aux Jeux Olympiques d'Atlanta, où il était parvenu à surmonter les tremblements liés à sa maladie pour porter la flamme olympique. En 2012, il était présent aux JO de Londres, où il était apparu amaigri, et se déplaçant en fauteuil roulant.

Marié quatre fois, Mohamed Ali est père de neuf enfants. L'une d'entre eux, Laila, elle aussi ex-boxeuse, a publié sur Twitter une photo de son père et de sa petite-fille, remerciant les fans du boxeur pour leurs prières.

(Ian Simpson et Bill Trott; Julie Carriat et Tangi Salaün pour le service français)

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