Modeste contraction du PIB des Etats-Unis au premier trimestre

le , mis à jour à 15:35
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RECUL DU PIB DES ETATS-UNIS DE 0,2% AU 1ER TRIMESTRE
RECUL DU PIB DES ETATS-UNIS DE 0,2% AU 1ER TRIMESTRE

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis ont subi une légère contraction économique au premier trimestre, sous le coup d'un hiver rigoureux, d'un dollar fort, d'une réduction des dépenses dans le secteur de l'énergie et de perturbations survenues dans les ports de la côte ouest.

Il semble que la croissance soit repartie au deuxième trimestre, les retombées de l'hiver et des conflits sociaux portuaires s'atténuant progressivement. Les distributeurs ont fait état de bonnes ventes en mai, les patrons embauchent plus et l'immobilier va également mieux.

Le département du Commerce a annoncé mercredi que le PIB s'était contracté au rythme annualisé de 0,2% au premier trimestre, au lieu de la contraction de 0,7% annoncée le mois dernier. Cette révision est conforme aux attentes des économistes. Les Etats-Unis avaient connu une croissance de 2,2% au dernier trimestre de 2014.

Les indices de Wall Street ont peu réagi à la statistique, avant l'ouverture de la séance officielle. Les futures se sont contentés d'augmenter modérément leurs pertes. Les Treasuries pour leur part ont accru leurs gains. Le dollar a peu varié.

Des dépenses de consommation bien plus dynamiques qu'on ne le pensait expliquent pour l'essentiel cette révision. Ces dépenses, qui représentent plus des deux tiers de l'activité économique des USA, ont crû de 2,1% au lieu de 1,8% annoncé le mois dernier.

Dans la mesure où l'épargne des ménages a également augmenté au montant copieux de 720,2 milliards de dollars, les dépenses ont pu accélérer encore au deuxième trimestre.

Si la croissance des exportations a été revue en hausse, il en est de même des importations, ce qui contribue à la persistance d'un déficit commercial élevé qui a retranché presque deux points au PIB.

UN CHIFFRE TROMPEUR ?

Cela étant, la contraction globale ne reflète sans doute pas la situation économique réelle des Etats-Unis. Certains économistes, notamment ceux de la Réserve fédérale de San Francisco, évoquent en particulier un problème lié au modèle officiel de lissage des fluctuations saisonnières qui contribuerait à amoindrir la performance réelle de l'réconomie.

Ils disent que ce modèle n'efface pas tous les effets de la saisonnalité. Le gouvernement s'est dit conscient du problème et a ajouté qu'il s'emploierait à y remédier à l'occasion de la publication des révisions annuelles du PIB en juillet.

Lorsqu'on mesure le PIB du point de vue des revenus, il affiche une croissance de 1,9% au premier trimestre, au lieu de 1,4% dans l'estimation précédente. Une mesure de la croissance de la demande intérieure a été révisée en hausse de quatre dizièmes de point à un taux de 1,2%.

Les économistes estiment que les tempêtes de neige de février, exceptionnellement violentes, ont retranché un point au moins à la croissance. Les estimations sur l'investissement en biens d'équipement n'ont guère varié, l'investissement productif ayant pâti du dollar fort et de la chute des prix de l'énergie.

Les entreprises ont accumulé un peu plus de stocks qu'on ne le pensait au premier trimestre, ce qui pourrait impliquer qu'elles ont été moins tentées de le faire durant le trimestre en cours. Ces stocks étaient valorisés 99,5 milliards de dollars sur la période janvier-mars contre 95 milliards annoncés en mai.

La contribution des stocks à la croissance a été de 0,45 point contre 0,33 estimé auparavant. En revanche, les stocks ont peut-être freiné le PIB durant le deuxième trimestre.

Enfin, les bénéfices imposables des entreprises sont un peu moins élevés qu'on l'avait estimé. Ils ont baissé de 8,8% au premier trimestre au lieu du recl de 8,7% mesuré en mai.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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