Mode: Saint Laurent, le nouveau souffle de Hedi Slimane

le
0
L'ÉTÉ LIBRE DE YVES SAINT LAURENT
L'ÉTÉ LIBRE DE YVES SAINT LAURENT

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Avec celui de Raf Simons chez Dior, c'était le défilé le plus attendu de la "fashion week" parisienne: pour Saint Laurent, Hedi Slimane a livré lundi soir pour sa première collection de prêt-à-porter féminin un vestiaire noir sur lequel soufflaient la liberté et l'allure troublante et chic des années 1970 chères au couturier disparu.

La tension était à son comble dans la chaleur étouffante d'une salle d'exposition du Grand Palais, lorsque les dalles du plafond descendirent à l'oblique comme pour mieux servir, dans une sorte de cathédrale noire, l'acoustique d'une musique rock tonitruante.

Presque tous les grands noms de la mode étaient présents, d'Alber Elbaz (Lanvin) à Azzedine Alaïa, en passant par Marc Jacobs (Louis Vuitton, du groupe LVMH).

Valérie Trierweiler, la compagne du président François Hollande, était là aussi, pour son unique défilé, aux côtés de Pierre Bergé et de Bettie Catroux, muse et amie fidèle d'Yves Saint Laurent.

La silhouette androgyne et nerveuse des costumes noirs, pantalon cigarette ou slim en cuir et petites vestes ajustées aux épaules carrées, s'adoucit de transparentes blouses de mousseline fermées par un large jabot. Elle se décline aussi en version bermuda ou en veste pailletée d'or.

Le couturier a aussi puisé dans les pièces iconiques du vestiaire YSL. De longues capes de soie s'inspirent du fameux burnous cher au couturier qui vécut longtemps à Marrakech, tandis que les sahariennes se retrouvent dans de sensuelles vestes en peau couleur camel ou cuir noir laçant le buste.

Mais son talent s'exerce tout aussi bien dans le flou, avec une impressionnante série de robes longues, noires toujours, parfois moirées ou réchauffées micro paletots.

"L'HERITAGE ENFIN SAUVE"

La soie liquide, les jeux de transparences et de volants, les épaules nues, le buste à peine dévoilé et la taille largement étranglée de cuir apportent à la femme Saint Laurent coiffée d'une large capeline, un mélange troublant d'ultra-sophistication, de mystère et de nonchalance.

"L'héritage est enfin sauvé, c'est merveilleux. Hedi Slimane sait jouer avec les codes et l'ADN Saint Laurent, sans le copier", a déclaré à la presse Pierre Bergé, visiblement ému, à l'issue du défilé.

"Il est plus souple que Saint Laurent, moins tailoring", a-t-il ajouté.

Valérie Trierweiler, qui n'était pas vêtue d'un smoking de la griffe mais a confié en avoir un, a dit avoir été frappée par des "robes époustouflantes de beauté" et par "l'élégance des ensembles pantalons".

Le styliste, installé depuis plusieurs années à Los Angeles, a souhaité rester en Californie et y a fait transférer le bureau de style Saint Laurent.

La marque, propriété de PPR et rebaptisée Saint Laurent Paris par son nouveau couturier, affiche, avec l'italienne Bottega Veneta, les plus beaux scores des griffes du groupe de luxe.

Volant la vedette à Gucci, marque phare de PPR et deuxième griffe mondiale par la taille derrière Louis Vuitton, Saint Laurent a vu ses ventes décoller de 41% à 223,5 millions d'euros au premier semestre 2012 et son résultat opérationnel multiplié par quatre à 24,7 millions d'euros, tandis que Gucci voyait sa croissance ralentir à 10,8% sur la période.

Alors que le tassement de l'économie chinoise et la crise de la dette en Europe font craindre un ralentissement plus marqué que prévu pour les marques de luxe, leurs performances se révèlent jusqu'ici contrastées. Si certaines comme Burberry ou Tiffany ont déçu, d'autres comme Prada ou Hermès semblent beaucoup mieux résister.

Edité par Henri-Pierre André

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant