Mode: la magie Balenciaga, la fraîcheur Carven

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par Pascale Denis et Mathilde Gardin

PARIS (Reuters) - Pour l'automne et l'hiver prochains, Balenciaga a livré jeudi une collection tout en maîtrise et en contrastes, alliant le fluide et le raide, le mat et le brillant, l'ultra-féminin et le musclé.

Au troisième jour des défilés parisiens de prêt-à-porter automne hiver 2012-2013, le styliste Nicolas Ghesquière a une nouvelle fois confirmé son art du mélange des rendus, des matières et des couleurs.

La tension entre la souplesse et la raideur des tissus donne toute leur puissance aux ensembles, comme cette aérienne robe de mousseline de soie rouge au large col montant et aux pans comme plombés par des bandes de jersey lamé, passée sous un ample manteau droit beige tendre à larges revers de cuir.

Sous les néons de bureaux rénovés perchés au 27e étage d'une tour du front de Seine, dans le 15e arrondissement, les mannequins défilent sur les lignes lumineuses - créées par l'artiste Dominique Gonzalez-Foerster - comme en apesanteur, avec Paris pour toile de fond.

Les femmes actives de Nicolas Ghesquière, portant de larges besaces, peuvent être carrossées dans des vestes bleu dur ou noir d'encre, très épaulées, la taille sanglée par un simple lien, ou des blousons droits très architecturées, col officier, mais brodés d'arabesques argent.

Les pantalons froncés, taille haute, en soie froissée à l'aspect craquant comme de la toile de parachute, bleu dur ou noir ou bronze, s'agrémentent de tops bustiers aux bretelles croisées ou de chemises col kimono faussement simples, blanc éclatant ou jaune citron.

Les jupes trapèze mi-mollet, en lainage blanc pur raidi par de la mousse se portent avec d'amples sweats parme de laine contre collée et brodés d'arabesques.

La vie de bureau vue par Nicolas Ghesquière passe par le grand chic d'une jupe citron vert réchauffée d'une courte veste-blouson croisée gris fer, assortie de boots camel.

Ultra sexy, la femme Balenciaga se glisse aussi dans une robe bustier, haut noir, hanches soulignées de jacquard gris-noir et jupe de cuir coquelicot, qu'elle porte avec des escarpins noirs, le coup de pied entièrement lacé de blanc.

La magie Balenciaga opère toujours, celle qui consiste à construire un vestiaire à la fois spectaculaire et racé, tout en restant ancré dans la vie de tous les jours.

La griffe, propriété du groupe PPR, compte parmi les plus adulées du moment.

RIGUEUR ET COULEUR

Carven a proposé quant à lui un vestiaire dans lequel se confrontent la rigueur cléricale et la flamboyance des couleurs.

Le jeune styliste Guillaume Henry a présenté un prêt-à-porter frais et féminin, fidèle au nouveau credo "preppy couture" de la maison, fondée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et aujourd'hui en pleine renaissance.

Pour l'hiver prochain, Carven revisite ses petites robes signature, rallongées au-dessus du genou et au volume amplifié à partir de la taille.

Portés par l'atmosphère du Couvent des Cordeliers où se tenait le défilé, manteaux et robes en jacquard ont ouvert le bal puis laissé la place à du cuir ajouré, des petites vestes au col en fourrure et des imprimés inspirés du sulfureux peintre néerlandais Jérôme Bosch.

La palette joue sur les tons fauves, moutarde, kaki, rouge et noir, mais s'amuse surtout sur des imprimés flamboyants. Une scène de la vie quotidienne à la ferme au Moyen Âge figure sur une courte jupe trapèze, associée à une sobre chemise bleu ciel.

Perché sur des babies compensées, un mannequin, dont le maquillage et les cheveux lâchés soulignent la fraîcheur de la silhouette, porte une robe en cuir velours kaki dont les broderies ajourées sont inspirées des rosaces d'église.

Carven, marque chouchou des rédactrices de mode, a ouvert sa première boutique début 2011 à Paris.

Edité par Patrick Vignal

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