Mode: Jean-Paul Gaultier le dandy, Elie Saab l'Ottoman

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Mode: Jean-Paul Gaultier le dandy, Elie Saab l'Ottoman
Mode: Jean-Paul Gaultier le dandy, Elie Saab l'Ottoman

par Mathilde Gardin

PARIS (Reuters) - Pour sa haute couture dévoilée à Paris mercredi, au dernier jour de présentation des collections de l'hiver prochain, Jean-Paul Gaultier a jeté son dévolu sur le personnage de dandy.

Mais pas n'importe lequel : celui interprété par Pete Doherty dans "Confession d'un enfant du siècle", un film de Sylvie Verheyde adapté du roman d'Alfred de Musset et présenté dans la sélection "Un certain regard" cette année à Cannes.

Le couturier français, membre du jury de la 65e édition du festival, était allé le voir "par curiosité".

"La collection c'est lui, j'ai été séduit par ce dandy décadent avec beaucoup de charme et de séduction", a expliqué Jean-Paul Gaultier après avoir proposé dans ses ateliers de la rue Saint-Martin un vestiaire androgyne très noir, relevé de sursauts de couleurs. "C'est une femme dandy, conquérante et séduisante".

Sur le podium, les filles, coiffées d'une résille ou d'un haut de forme dont il ne reste que la structure, passent, parapluie à la main, en vestes noires déconstruites, peignoirs brodés, robes à franges ou longues robes plissées en mousseline.

Plusieurs modèles masculins ont également défilé, en vestes corsetées, queue de pie et pantalons jodhpur, dont la structure, et notamment des faux culs, donnaient parfois des formes féminines.

CORSET BIJOU

Le 33e passage appelé "Chambre 2806" - clin d'oeil à l'affaire dite du Sofitel impliquant Dominique Strauss-Kahn - a été très applaudi.

Une longue robe noire boutonnée dans le dos laissait apparaître les seins derrière un voile de mousseline. Beaucoup de tenues jouent sur les effets de transparence et le velours dévoré.

Le corset, pièce iconique du vestiaire Gaultier, devient un bijou comme posé sur un tailleur noir ou se porte seul, version exagérée avec des basques.

Les robes à franges brodées d'écailles et de dentelles, réchauffées de boléro de fourrure colorée, rappellent l'élégance un peu folle des années 1920.

Six mois après une collection couture dédiée à Amy Winehouse, le couturier s'est inspiré d'un autre enfant terrible de la chanson britannique.

"J'ai toujours eu une passion pour l'Angleterre et je me suis beaucoup inspiré de Londres et de son extravagance", a-t-il dit.

BRODERIES OTTOMANES CHEZ ELIE SAAB

Quelques heures avant de fouler le podium de Jean-Paul Gaultier, le top model américain Karlie Kloss ouvrait le défilé Elie Saab en longue robe de tulle noire brodée de perles, paillettes et dentelles.

Pour sa collection hivernale intitulée "Dans le sillage de Constantinople", le couturier libanais, qui fait le bonheur des tapis rouges, a brodé des motifs ottomans sur des robes longues, déclinées en noir, champagne, rose, bleu et or, leur insufflant "une richesse impériale".

"Je ne voulais pas utiliser les couleurs de l'hiver pour cette collection", a expliqué Elie Saab après le défilé, qui avait lieu dans une salle de réception de la rue Cambon.

Les robes à l'encolure bateau dévoilent souvent un dos nu et se portent la taille haute finement marquée par une ceinture dorée. Au fur et à mesure des 46 passages, les robes se parent de toujours plus de dentelles et broderies.

Avec Alexandria Sage et Noémie Olive, édité par Gilles Trequesser

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