Mode: Graffitis chez JP Gaultier, retenue chez Véronique Leroy

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par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Jean-Paul Gaultier a livré samedi soir, au cinquième jour des défilés parisiens de prêt-à-porter, sa dernière version couture du graffiti réchauffé par le cuir et par une fourrure omniprésente et colorée.

Manteaux trenchs, corsets, leggings, blousons en cuir et robes longues, les incontournables du vestiaire du couturier étaient présents, dessinant une silhouette rock et glamour.

"J'ai fait une collection sous l'influence des graffitis, revus façon couture (...) et aussi sous celle de César (le sculpteur, NDLR), avec des compressions de vêtements, de tulle, de voile de drapés", a expliqué Jean-Paul Gaultier.

Le couturier laisse ainsi libre court à son talent de coloriste, dans des jeux de superpositions de tulle, de voile, et dans des imprimés façon graffitis, mêlant le prune, le noir, le vert et le bleu, comme cette robe ourlée de fourrure bleue.

Les classiques sont, comme toujours, revisités. Un trench beige se pare de cuir noir, un tailleur-pantalon à pinces est réveillé par un très sensuel blouson de cuir rouge vif doublé de

fourrure façon panthère.

Les blousons sont partout adoucis par la fourrure et par de larges pans dans lesquels la femme Gaultier peut se lover et assortir d'un leggings de cuir noir ou de lurex prune, bronze ou or.

Jean-Paul Gaultier aime s'amuser. Dans de savants entrelacs, certains vêtements sont reliés l'un à l'autre, une manche devenant une poche ou une martingale. Avec la fourrure, omniprésente, il compose aussi des tuniques ceinturées et des robes courtes en patchwork multicolore de renard et de vison rasé.

"Les poils longs du renard permettent aussi de donner cet aspect un peu graffiti", a-t-il précisé.

Pour le soir, un imposant jupon noir - à traîne - largement ouvert sur la jambe, assorti d'un haut de dentelle arachnéenne et d'un perfecto, confère à la silhouette une élégance altière, tout comme un magistral fourreau de velours bordeaux agrémenté d'une aérienne cape de soie noire.

Le couturier, qui avait installé son défilé au siège parisien de sa marque, dans le IIIe arrondissement, avait convié ses amies Victoria Abril et Rosie de Palma, deux actrices fétiche du cinéaste espagnol Pedro Almodovar.

ÉLÉGANCE SENSIBLE

Chez la discrète Véronique Leroy, la mode rime avec les générations, mères, filles, cousines et tantes, qu'elle aime toutes habiller.

Dans une des bibliothèques du prestigieux lycée Henri IV, la styliste d'origine belge a proposé pour l'hiver prochain un vestiaire fidèle à son univers, fait d'élégance sensible et de féminité sans ostentation.

Une robe sans manche de jersey moutarde, une autre croisée et sagement ceinturée gris taupe sont coupées au cordeau, tandis

qu'une courte robe col smoking bleu-noir joue les fausses ingénues. Plus loin, l'allure bourgeoise est cassée par un zip et un large blouson mêlant taffetas et fourrure.

Les épaules des vestes et des manteaux sont élargies, dans l'esprit des années 1980, et jouent les superpositions sur blousons de laine bouclée moutarde et des jupes crayon. Des marinières beiges faussement sages s'agrémentent de grands cols de bleu-noir.

De moelleux jacquards de mohair beige, marine, orange ou noir et blanc, enveloppent la silhouette dans d'amples vestes portées sur des jupes au genou.

Un vaste et douillet caban en fausse fourrure beige réchauffe une jupe taille haute rose tendre entièrement zippée.

Le lainage matelassé de petites robes courtes beige rosé à col droit confère juste ce qui faut de tenue et de sensualité à l'ensemble.

Pascale Denis, édité par Tangi Salaün

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