Mode: Chanel vintage, Armani lumineux, Givenchy gypsy

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Mode: Chanel vintage, Armani lumineux, Givenchy gypsy
Mode: Chanel vintage, Armani lumineux, Givenchy gypsy

par Mathilde Gardin

PARIS (Reuters) - C'est dans le salon d'honneur du Grand Palais, à Paris, que Karl Lagerfeld a installé mardi un coquet jardin d'hiver pour servir d'écrin à la collection Chanel de haute couture pour la saison prochaine, un "new vintage" décliné en gris perle et rose pâle.

"J'ai voulu une élégance moderne, désinvolte", a déclaré Le couturier allemand.

"Le 'new vintage", c'est un pléonasme mais c'est l'esprit vintage avec un autre contexte technique (...) comme un nouveau départ pour un vintage à venir", a ajouté Karl Lagerfeld, s'amusant avec un concept original - le vintage - déjà très flou dans la mode.

Pièces en patchwork de tweed rebrodé, robes décolletées dans le dos, pantalons très larges, manteaux sans manches et longues robes vaporeuses ont défilé devant des invités - les actrices Diane Kruger, Milla Jovovich et la réalisatrice Sofia Coppola entre autres - installés dans des fauteuils en rotin et entourés de camélias blancs.

Leur chignon lâche retenu dans une résille, les mannequins ont présenté un vestiaire de dégradés de rose, gris, blanc et noir, ponctués de dentelles, fleurs brodées et paillettes.

"Il n'y a aucun tissu", s'est amusé à expliquer le couturier allemand, directeur artistique de Chanel depuis 1983. "Ce ne sont que des broderies, comme sur le long manteau sans manche qui a représenté 3.000 heures de travail".

Certaines silhouettes avaient un côté un brin rétro dans des blouses légères au boutonnage de perles ou des robes fluides près du corps, aussitôt cassé par l'association de collants en lurex et vestes irisées.

LUMIÈRES CHEZ ARMANI, STYLE GYPSY CHEZ GIVENCHY

Plus classique dans la mise en scène de sa collection, le couturier italien Giorgio Armani a livré au palais de Chaillot une partition intitulée "Lumières d'un jour", avec des couleurs sombres éclairées par la brillance des broderies et des dégradés de mauve, bleu et gris.

Les pantalons amples se portent avec des tops vaporeux et des vestes au revers en pointe ou avec un blouson Teddy en voile et paillettes. Le soir, les robes longues se portent avec de courts vestons sans manche.

Un mannequin portait un bustier de velours noir sur une jupe dégradée de cristaux gris à roses qui tintaient à son passage. Les modèles défilaient parfois deux par deux, habillées par exemple d'un tailleur pantalon rose pâle et de son alter ego bleu ciel.

En fin de journée, Givenchy a une nouvelle fois préféré la sobriété d'une présentation au faste d'un défilé, en exposant dix silhouettes dans les salons boisés d'un hôtel particulier de la place Vendôme.

Le styliste italien Riccardo Tisci, qui a donné un nouveau souffle à la maison du groupe LVMH, a mêlé l'épure des années 1960 et l'opulence de l'univers des gypsies, rappelant le folklore russe ou le style mauresque, sur des tenues contemporaines et très techniques.

Le cuir est travaillé en franges sur une cape noire ou tressé sur une robe couleur tabac associée à des cuissardes à petits talons.

Deux courts manteaux en vison beige, l'un brodé de cristaux rouges, l'autre travaillé en relief, se répondent sur de sobres robes beiges.

Certaines silhouettes, exposées sur des mannequins Stockman accrochés à une structure métallique, étaient associées à des "masques" de soleil, version exagérée de modèles de lunettes trouvés dans les archives d'Hubert de Givenchy.

Edité par Jean-Loup Fiévet

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