Mode à Milan : exubérance méditerranéenne versus rigueur milanaise

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Collection Printemps-Eté 2013 Marni AFP PHOTO / GIUSEPPE CACACE
Collection Printemps-Eté 2013 Marni AFP PHOTO / GIUSEPPE CACACE

(AFP) - Les stylistes milanais se sont livrés dimanche à un duel à fleurets mouchetés lors des défilés de prêt-à-porter pour l'été prochain, les uns privilégiant une élégance minimaliste comme Marni et Trussardi, les autres sublimant la vitalité du Sud comme Dolce&Gabbana et Missoni.

Chez Dolce&Gabbana, un soleil ardent envahit le podium illuminant des cactus plantés dans de grands pots en terre cuite.

Des foulards en soie noués dans les cheveux aux grosses boucles d'oreilles pendantes, en passant par les sacs à main en forme de petits seaux ou en paille tressée, sans oublier les robes légères en organza, satin ou coton aux imprimés baroques ou aux grosses rayures inspirées des parasols d'antan: tout rappelle l'insouciance des vacances à la plage d'une époque révolue.

Celle de la fin des années 50, où avec ses chansons cultes Volare et Meraviglioso, servant de bande son au défilé, Domenico Modugno projetait l'Italie dans le boom économique.

Ce n'est pas la Sicile passionnelle que Domenico Dolce et Stefano Gabbana déclinent cette fois dans leur collection, mais celle flamboyante des traditions de l'île, en en reprenant les symboles dans tous leurs imprimés.

Comme les fameuses têtes des guerriers sarrasins peintes sur les céramiques de Caltagirone ou celles des "Pupi", les célèbres marionnettes siciliennes, tout comme les roues et les décorations de leurs chariots: pompons, perles, broderies, qui ornent aussi les habits.

L'artisanat local de la vannerie est également présent. Des robes tissées au crochet en raphia sont brodées de corail. De micro robes-bustiers sont réalisées aussi en rotin, d'autres plus longues, dotées de cerceaux en osier et couvertes d'un simple voile transparent, se transforment en tenues de soirée. L'ensemble est frais et juvénile.

Même atmosphère lumineuse et estivale chez Missoni, où toute la collection est construite sur des effets de brillance et de transparences à travers une série de robes d'été courtes déclinées dans de doux dégradés allant des teintes rosées et rouges de l'aube aux nuances vertes et bleues des fonds marins.

D'énormes bracelets et colliers hérissés de cristaux brillent de tous leurs éclats aux poignets et cou des mannequins. Des disques nacrés s'incrustent sur certains tissus imprimés leur donnant luminescence et volume. Différentes matières luisantes composent une longue robe vaporeuse. Une veste-manteau recouverte de sequins scintille de mille feux. Des tuniques en voile transparent ou en dentelles façon filet laissent transparaître des petites robes tricot colorées.

Changement de registre chez Marni, qui troque cette saison accessoires extravagants et looks excentriques pour un nouveau minimalisme, où arrondis et lignes droites se lient avec grâce. Les formes sont simples, les coupes précises et de nombreux modèles sont proposés en teinte unie, comme de magnifiques pièces de cuir en bord franc ou les ensembles en crêpe de coton blanc.

Tout se joue sur les volumes. Les chemises et larges tops trapèze à manches courtes s'enfilent sur des jupes mi-longues très évasées ou sur des pantalons serrés. Volants, basques et plis sculptent les flancs. Des trames de carreaux aux différents coloris s'alternent à des motifs fleuris.

Même sobriété chez Trussardi, mais dans un esprit plus "upper class". Le styliste maison Umit Benam joue les contrastes entre matières fluides comme soie lavée et taffetas utilisées dans certaines robes et chemisiers et celle plus rigide du cuir avec des shorts en alligator et des vestes en reptile précieux.

De somptueuses robes en nappa d'agneau côtoient des mises en lin d'une grande simplicité. La tradition avec des robes de cocktails chic s'oppose au style plus désinvolte des costumes d'homme seventies. D'ironiques bibis en paille en forme de couronnes servent de couvre-chef. La palette part du jaune poussin pour arriver à des bleus et un rouille intenses.

Giorgio Armani joue quant à lui sur les deux tableaux. Pour le jour, il proprose une garde-robe sobre, mais raffinée, dans une palette de gris et verts délicats et des matières fluides comme les soies légères, où la pièce maîtresse est le pantalon à porter en toutes occasions y compris sous robes et jupes.

Pour le soir, le créateur confectionne des parures scintillantes saupoudrant ses vêtements bleu nuit d'une pluie d'étoiles tout en strass et pierreries pour un effet voûte céleste magique.

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