Mode à Londres: la sophistication rock des soeurs Felder

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AFP PHOTO / BEN STANSALL
AFP PHOTO / BEN STANSALL

(AFP) - Matières travaillées, dos nus et talons aiguille: les soeurs jumelles créatrices de Felder Felder ont offert vendredi une vision sophistiquée et rock de l'hiver prochain, au premier jour de la Fashion Week de Londres.

Pour cette collection, les Allemandes se sont inspirées des toiles abstraites de leur concitoyen Gerhard Richter, dont les couleurs lumineuses -rose, vert, jaune- s'impriment sur des jupes courtes en soie légères, portées avec un blouson noir.

Les vêtements sont ponctués de bandes d'organza qui laissent entrevoir la peau ici et là, comme les bustiers portés courts au-dessus de jupes. Le dos aussi se dénude, comme sur cette robe jaune en fausse fourrure.

"La femme que nous habillons est un peu plus sophistiquée, elle a vécu, elle a de l'expérience", décrit à l'AFP Daniela Felder en coulisses, au côté de sa soeur Annette.

Les matières, contrastées et variées, sont travaillées avec soin: la fausse fourrure est réalisée avec de fines lanières d'organza, découpées pendant de longues heures.

Et dans certaines pièces ont été incrustées des extensions de cheveux blonds, pour ajouter de la texture, expliquent les soeurs qui ont lancé leur marque alors qu'elles étaient encore étudiantes à la prestigieuse Central Saint Martins de Londres en 2006/2007.

Un peu plus tôt, la créatrice d'origine coréenne Jackie JS Lee a donné une version plus douillette de l'hiver, avec des silhouettes enveloppées dans des manteaux laineux.

Blanc, bleu marine, bleu électrique, les vêtements sont équipés de cols très hauts pour protéger la gorge. Des motifs chevrons reviennent régulièrement imprimer leur marque.

- Jupe interactive -

Plus difficile à porter, une "jupe interactive" a été présentée par le duo Fyodor Golan, avant un défilé futuriste où le PVC et le rose fluo régnaient en maître.

Cette jupe est composée de 80 écrans de téléphones Nokia Lumia, qui grâce à une application, changent de couleur en fonction des mouvements, créant des effets chatoyants.

Le pantalon large à mi-mollet, couleur taupe, était quant à lui l'une des stars du show Christopher Raeburn, dans une collection misant sur le bicolore, la fourrure et les accessoires anti-froid: le bonnet, le manchon, la parka à capuche sont de sortie, et les chaussettes se portent bien apparentes.

La capitale britannique a pris le relais de New York pour cinq jours de shows auxquels sont attendus plus de 5.000 visiteurs, acheteurs, journalistes et blogueurs.

A côté des défilés toujours très attendus de Burberry Prorsum, Vivienne Westwood (Red Label), Topshop Unique, Christopher Kane, Mary Katrantzou ou Roksanda Ilincic, la Fashion Week accueille cette année de nouveaux venus, notamment Joseph et la marque Hunter, dont les bottes en caoutchouc sont prisées aussi bien par l'establishment britannique que par les habitués des festivals boueux comme Kate Moss.

Le moment semble particulièrement bien choisi, alors qu'une partie du Royaume-Uni est en proie à des inondations exceptionnelles et que les membres du gouvernement défilent dans les zones sinistrées équipés de leurs "wellies".

Présentée samedi, la collection de prêt-à-porter Hunter Original a été conçue sous la direction artistique d'Alasdhair Willis, le mari de Stella McCartney.

Directrice exécutive du British Fashion Council (BFC) qui organise la Fashion Week, Caroline Rush se réjouit de voir "l'attention internationale se focaliser sur toute une cohorte de designers confirmés qui sont les grandes marques mondiales de demain".

Et de citer notamment Christopher Kane, marque acquise par le groupe Kering, et J.W. Anderson, qui a signé un accord avec LVMH. Ces contrats "ont vraiment aidé à faire prendre conscience qu'il y a des opportunités de croissance et d'investissement dans les jeunes entreprises britanniques", esplique-t-elle à l'AFP.

Pour encourager encore ce mouvement, le BFC projette d'organiser en juin à Londres un "Fashion Forum", réunissant investisseurs, industriels et créateurs.

L'industrie de la mode représente un secteur important de l'économie britannique: elle pèse 26 milliards de livres (environ 32 milliards d'euros) et emploie quelque 797.000 personnes, selon les chiffres du BFC publiés vendredi. La Fashion Week génère habituellement des commandes de plus de 100 millions de livres (120 millions d'euros).

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