Mode à Londres : l'extravagance de Vivienne Westwood au service de l'écologie

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Mode à Londres : l'extravagance de Vivienne Westwood au service de l'écologie
Mode à Londres : l'extravagance de Vivienne Westwood au service de l'écologie

(AFP) - Portant moustache et short rose, Vivienne Westwood a appelé dimanche à une "révolution climatique" en présentant une collection printemps-été moins déjantée mais toujours marquée par sa touche punk, au troisième jour de la Fashion Week de Londres.

Dans le décor majestueux et très institutionnel du ministère des Affaires étrangères, l'extravagante styliste rousse, âgée de 71 ans, est apparue en combattante du réchauffement de la planète, grimée d'une moustache et l'oeil cerclé de noir.

Vêtue d'un short rose à rayures recouvert d'un collant fin moucheté, chaussettes et sandales à talons compensés, la couturière arborait un casque et un t-shirt proclamant "climate revolution" en lettres blanches et noires, derrière une bannière au slogan identique.

En comparaison, la collection printemps-été de sa deuxième ligne, Red label, semble presque sage. Elle puise dans des registres divers : des visages sont maquillés tels des sérigraphies d'Andy Warhol, des perruques de magistrats alternent avec des coiffures fifties.

Une robe-chemise à rayures rouges et blanches côtoie un caraco satiné glamour, un twin-set rétro, une robe de cocktail noire, un pantalon à carreaux... ou un t-shirt rappelant à l'aide d'une carte du monde orange et verte le message écologique de la couturière.

"Avant, on avait une guerre des classes, riches contre pauvres, et où est le clivage maintenant ? Il est entre les idiots et les +éco-guerriers+", avait déclaré Vivienne Westwood avant son show.

L'ambiance était plus apaisée chez Nicole Farhi, qui a présenté une collection minérale et lumineuse, taillée dans le marbre des carrières italiennes de Carrare.

Dans le cadre art déco du "Royal institute of British Architects", sous les yeux de l'influente rédactrice en chef du Vogue américain Anna Wintour, la styliste française a exprimé sa passion pour la sculpture, avec des robes d'une grande pureté, structurées ici par un angle sur la hanche, là par l'effet origami d'un bustier plissé.

Le blanc domine la palette, qui explore des nuances subtiles allant de l'ivoire au jaune pâle, du gris perle à la terre de Sienne.

Le tissu, souvent rigide comme du papier, est parfois soyeux et transparent pour un chemisier ou un débardeur, ou brillant pour un trench. Des cristaux scintillants ont été parsemés de temps à autre, rappelant la brillance du marbre et rehaussant la simplicité des lignes.

Parmi les autres défilés de dimanche, celui de Temperley London a donné une note résolument années 1950, avec des silhouettes rétro, dominées par des tons bleu pâle. Les jupes sont serrées à la taille, faite d'organza et de bandes de satin. Elles s'accompagnent de lunettes de soleil ou d'un chapeau de paille, parfois agrémenté d'un long tulle, comme une moustiquaire.

"J'aime réaliser un mélange intemporel à partir d'influences contrastées", explique Alice Temperley, qui avait en tête "les images d'un mannequin de la fin des années cinquante ou d'une Sophia Loren jeune".

Changement d'époque chez Acne. Ici, le cuir s'affiche en couleur : violet, mauve, noir, écru, en damiers ou en rayures. Les vêtements laissent ici et là échapper un fil, pour un aspect inachevé.

Les mots "music", "collage" et "new" ("nouveau") apparaissent régulièrement sur des t-shirts: les mots-clés du styliste suédois Jonny Johansson, qui résume sa collection en un "clash de silhouettes romantiques, de tenues de jockey et du style de la rue".

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