Mobilisation suivie à Hong Kong avant la fête nationale chinoise

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par Clare Baldwin et James Pomfret HONG KONG, 30 septembre (Reuters) - Les dizaines de milliers de personnes qui manifestent à Hong Kong en faveur de la démocratie ont étendu leur mouvement à de nouvelles rues de la ville, faisant des provisions et érigeant des barricades par crainte d'une intervention de la police avant la fête nationale en Chine, mercredi. Les forces anti-émeutes ont fait usage de gaz au poivre et de gaz lacrymogène lors de heurts survenus au cours du week-end avant de se retirer lundi en geste d'apaisement au moment où le nombre de protestataires ne cesse de croître. Tout au long de la nuit, dans les camps de fortune, la rumeur a couru que les forces se préparaient à nouveau à intervenir. Au lever du jour mardi, beaucoup de manifestants restaient méfiants alors que la Chine célèbre mercredi l'anniversaire de la fondation du Parti communiste en 1949. "Beaucoup de gens puissants vont venir depuis le continent jusqu'à Hong Kong. Le gouvernement de Hong Kong ne veut pas qu'ils voient ça, donc la police va faire quelque chose", estime Sui-ying Chen, une étudiante en première année. "Nous n'avons pas peur. Nous resterons ici ce soir. Ce soir, c'est le plus important". Les manifestants, principalement des étudiants, demandent l'instauration de la démocratie et réclament la démission du gouverneur de la ville, Leung Chun-ying, après la décision des autorités chinoises d'encadrer la désignation du prochain chef de l'exécutif en 2017. La Chine, à laquelle l'ancienne colonie britannique a été rétrocédée en 1997, administre ce territoire suivant le principe "d'un pays, deux systèmes" qui garantit à ce dernier un degré d'autonomie. Les manifestants se sont rassemblés dans quatre des zones les plus fréquentées de la ville: l'Amirauté où se trouve le siège du gouvernement, Central, le quartier des affaires, Causeway Bay, la principale zone commerciale, et Mong Kok, quartier très densément peuplé de Kowloon. RETENUE Selon les organisateurs, au moins 80.000 personnes ont investi les rues depuis vendredi soir mais aucune estimation indépendante n'a pu être fournie pour confirmer ce chiffre. "Il faut souligner que les événements qui se déroulent ne peuvent pas être seulement attribués aux étudiants ou à Occupy Central. Cela s'est transformé en un mouvement civil", a commenté Alex Chow, leader de la fédération des étudiants locaux. Se préparant à un mouvement appelé à durer, les manifestants se sont ravitaillés en fruits, bouteilles d'eau, biscuits, imperméables, serviettes, masques et toiles de tente. Sur l'un des lieux de manifestation, des camionnettes ont été garées en cercle afin de bloquer la rue. Ce mouvement, le plus important depuis la rétrocession de la ville il y a 17 ans, place Pékin face à un dilemme. Une répression trop violente pourrait inquiéter les investisseurs sur le marché hong-kongais, ne pas réagir assez fermement pourrait inspirer des mouvements similaires sur le continent. Les Etats-Unis ont appelé les autorités locales à la retenue et les manifestants à des actions pacifiques. L'ONG Human Rights Watch a demandé au gouverneur Leung de "faire preuve de la tolérance pour les manifestations pacifiques pour laquelle Hong Kong est connue et non pas de l'intolérance du continent". Dans un éditorial publié par le journal gouvernemental Global Times, les autorités de Hong Kong affirment qu'elles ne changeront pas de politique "simplement à cause du chaos provoqué par des opposants". Le texte suggère toutefois que le pouvoir a malgré tout l'intention de laisser le mouvement se poursuivre en "exerçant un certain degré de retenue (...) afin de laisser aux habitants le temps de se rendre compte du mal fait par les comportements illégaux des manifestants". (Pierre Sérisier pour le service français) ;))

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