Mobilisation "sans précédent" des professions libérales

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* 40% à 90% des cabinets fermés selon les métiers * Les pharmaciens en pointe de la contestation * Une décision sur la suite du mouvement le 9 octobre (Actualisé avec l'UNAPL, Macron) par Gregory Blachier PARIS, 30 septembre (Reuters) - La mobilisation des professions libérales contre le projet de réforme du gouvernement a été "sans précédent", s'est félicitée mardi l'organisation interprofessionnelle UNAPL, qui avait appelé à la fermeture des officines, bureaux ou cabinets. Des pharmaciens, les plus mobilisés avec les laboratoires d'analyses médicales (90% fermés), aux architectes (50%), en passant par les notaires (près de 100%) ou huissiers, 40% à 90% des cabinets et officines avaient fermé leurs portes mardi selon l'Union nationale des professions libérales. Trente-sept professions sont concernées par le projet de loi pour "la croissance et le pouvoir d'achat" qui avait déjà fait descendre dans la rue des milliers de notaires et les huissiers il y a deux semaines. "Le bilan que je peux en tirer aujourd'hui est que cette journée est totalement historique", a dit lors d'une conférence de presse le président de l'UNAPL, Michel Chassang. "C'est une mobilisation absolument sans précédent", a-t-il souligné, rappelant que l'UNAPL n'avait pas lancé d'appel à manifester mais que plusieurs métiers avaient manifesté, à l'image des pharmaciens, très nombreux à Paris. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui a hérité de ce dossier ouvert par son prédécesseur Arnaud Montebourg, a tenté une nouvelle fois de rassurer les professionnels quant à la finalité de son projet. Les professions libérales accusent le gouvernement de vouloir les "priver de leur outil de travail", notamment en ouvrant le capital de leurs sociétés à des investisseurs non issus des mêmes professions, "une ligne rouge infranchissable" selon Michel Chassang. "Nous n'ouvrirons pas le capital des pharmacies, des notaires ou que sais-je à des partenaires financiers extérieurs. (...) Il ne faut pas agiter les peurs, il ne faut pas mentir aux gens. Je pense que beaucoup de gens aujourd'hui sont en grève parce qu'on ne leur a pas dit la vérité", a assuré Emmanuel Macron à des journalistes. Déjà dans le quotidien Paris-Normandie, le ministre défendait un texte ne revenant "en aucun cas sur quelque sécurité juridique que ce soit ou sur quelque sécurité sanitaire que ce soit. En aucun cas sur l'équilibre des territoires non plus". Michel Chassang a dit "prendre acte" de ces déclarations, ajoutant : "M. Macron semble avoir compris qu'il ne pourrait pas avancer contre les professionnels libéraux, contre l'UNAPL" qui propose, pour relancer l'investissement, de minorer la taxation des bénéfices réinvestis dans l'activité. L'organisation interprofessionnelle réunira le 9 octobre prochain ses 62 syndicats adhérents pour réfléchir à la suite de la mobilisation et n'exclut "aucune hypothèse d'action (...) parce que le dossier est loin d'être clos". Forte d'un mouvement très suivi, l'UNAPL pourrait organiser une manifestation nationale si le gouvernement ne se rapproche pas de ses positions. Mardi, la contestation a été la plus forte dans le domaine médical. Près de neuf pharmacies sur dix (87,2%) étaient fermées mardi entre 09h00 et 10h00, a dit à Reuters Isabelle Adenot, présidente de l'Ordre national des pharmaciens, et des centaines de professionnels ont manifesté à Paris. "Comme nous évaluons entre 10% et 15% les pharmacies qui étaient réquisitionnées, on est à une mobilisation de la totalité de la profession", a-t-elle dit. Les Agences régionales de santé avaient reçu pour consigne de garantir l'ouverture d'au moins une pharmacie par "territoire de santé" pour délivrer les médicaments en cas d'urgence, selon le ministère de la Santé. Ce dispositif a été rendu possible, précisait-on au ministère, grâce à la réquisition de pharmacies mais aussi parce que certaines n'étaient pas fermées et que des pharmacies ayant répondu à l'appel s'étaient organisées entre elles pour assurer la continuité des soins. (Edité par Sophie Louet)

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  • M7097610 le mercredi 1 oct 2014 à 09:03

    rouvrons les bistro, c'est moins cher que le psy !

  • s.thual le mercredi 1 oct 2014 à 01:36

    attention les clients en ont un peu marre de ces mouvements ,et ce sont des clients qui meme forcé réfléchissent ,pour certains ignorent les soins autant qu ils le peuvent,et puis médecins pharmaciens ,, rouvrons les troquets bars bristots , les gens iront mieux ,déjà en se parlant ! zut les gendarmes vont avoir trop de boulot ,decidement personne n est jamais content !

  • brinon1 le mardi 30 sept 2014 à 18:02

    le feu à la mèche, bientôt on arrive à l'explosion, attendons encore un peu, mais plus beaucoup bien sur....

  • M940878 le mardi 30 sept 2014 à 17:36

    ils ont raison , eux ils travaillent contrairement à de nombreux fonctionnaires qui vivent sur le dos du contribuable

  • M6437502 le mardi 30 sept 2014 à 17:21

    Toucher aux pharmacies,c'est envoyer des milliers de gens au chômage. Ce que j'aimerais par contre, c'est limiter la marge que les pharmaciens prennent sur les produits non remboursés par la SS et sur des produit de parapharmacie non vendus ailleurs.Car là,l'éxagération est très forte.

  • M7097610 le mardi 30 sept 2014 à 17:04

    Belle journée d’économie pour la sécurité sociale. Encore un mois comme cela et la secu est sauvée ! Comme les pilotes d'air france, la France des privilèges abritée s'agite

  • KAFKA016 le mardi 30 sept 2014 à 17:00

    Je ne connais aucune profession qui n'est pas écoeurée par cette politique - manqué une étincelle pour se retrouiver devant l'elysee - seul message qui ferait bouger les choses

  • xaavidf le mardi 30 sept 2014 à 16:48

    acheter de l'asprine en pharmacie ou envoyer certains actes de justice en recommandé avec AR, c'est sur que c'est super dangereux...