Mobilisation le 15 décembre des VTC "spoliés" par les plateformes

le , mis à jour à 18:59
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Les chauffeurs de VTC, qui s'estiment "spoliés" par les plateformes de réservation, sont appelés à se mobiliser de nouveau le 15 décembre, a-t-on appris jeudi auprès des organisateurs, qui qualifient de "fumisterie" la hausse annoncée des tarifs d'Uber.

La plateforme de réservation de voitures de transport avec chauffeur (VTC) Uber a annoncé une augmentation de ses tarifs en France, pour "améliorer la condition des chauffeurs" travaillant avec elle, mais assortie d'une hausse de la commission prélevée sur les prix des courses (de 20 à 25%).

"Ce coup d'annonce ne nous intéresse pas", a réagi auprès de l'AFP Sayah Baaroun, secrétaire général du SCP/VTC (affilié à l'Unsa). Avec la nouvelle tarification, "sur chaque course on gagne 50, 60, 90 centimes" en fonction des trajets, "mais par contre Uber se gave" sur la commission, résume-t-il.

Selon lui, la décision d'Uber s'inscrit surtout en réaction au mouvement de protestation prévu le 15 décembre contre le groupe américain, relayé depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux avant d'être officialisé jeudi.

Les chauffeurs "se sentant spoliés par les applis" sont appelés à "se mobiliser" ce jour-là, via une "déconnexion de masse" et "un rassemblement historique" à Paris, écrit sur son compte Facebook l'association Capa-VTC, co-organisatrice de l'événement avec l'association des VTC de France, le SCP/VTC et Actif-VTC.

Un défilé est prévu entre la porte Maillot à Paris et le siège d'Uber France dans le 19e arrondissement, a-t-on appris auprès des organisateurs.

La décision d'Uber intervient au moment où le Parlement s'apprête à adopter la loi Grandguillaume qui vise entre autres à lutter contre l'emprise des plateformes sur les chauffeurs.

Les dirigeants d'Uber "essayent de faire un effet d'annonce" parce qu'ils ont perdu sur le terrain politique, mais "c'est de la fumisterie", a commenté auprès de l'AFP Jean-Claude Resnier, président de VTC de France.

"Tant qu'ils n'auront pas une tarification supérieure à celle du taxi, qu'ils ne baisseront pas leur marge de façon à pouvoir faire travailler des partenaires ou des salariés correctement et dans la légalité, en payant leurs charges, leur TVA et leurs impôts sur le territoire français, je serai contre", a-t-il lancé.

Pour la fédération CFDT des transports, la hausse tarifaire d'Uber "ne comble pas les pertes engendrées depuis octobre 2015", date à laquelle l'entreprise avait réduit de 20% les tarifs de ses courses à Paris. Surtout, elle "ne garantit toujours pas un salaire décent au regard du volume d'heures travaillées", affirme-t-elle.

"On consulte nos chauffeurs et on n'exclut pas non plus une action CFDT le 15 décembre", a déclaré à l'AFP Fabian Tosolini, porte-parole de la fédération.

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  • heimdal il y a 3 jours

    Il y a toujours des gens naïfs qui pensent que tout le monde peut gagner avec la mondialistion et le digital .A part le patron et l'état qui se gavent continuellement ,ce n'est que de la paupérisation pour tout le monde .

  • jphr63 il y a 3 jours

    ben les VTC, ça fait un bon moment qu'ils trichent eux aussi....Ils ont paupériser les taxis qui avaient payé leur licence.En plus retournent pas souvent à leur point de départ hihi,hi......Tout le monde triche et au final rien ne marche correctement....socialo....