Mobilisation en demi-teinte contre le pacte de responsabilité

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MOBILISATION EN DEMI-TEINTE CONTRE LE PACTE DE RESPONSABILITÉ
MOBILISATION EN DEMI-TEINTE CONTRE LE PACTE DE RESPONSABILITÉ

PARIS (Reuters) - Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mardi en France contre le pacte de responsabilité, clé de voûte de la nouvelle politique de François Hollande, à l'appel de quatre syndicats (CGT, Force ouvrière, FSU, Solidaires).

Cette journée du "front du refus", dont les 140 cortèges ont été parfois clairsemés, a mobilisé 240.000 manifestants, selon la CGT.

Si quelques perturbations ont eu lieu dans le transport aérien, en particulier en province, la SNCF et la RATP ont fonctionné normalement.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a jugé cette mobilisation "très disparate". "C'est avant tout contre le pacte de responsabilité", a-t-il dit, confirmant son souhait d'aller "vite". "Les choses avancent, on est tout prêt de l'aboutissement sur les parties coût du travail et fiscalité", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec les agences de presse.

Pour Jean-Claude Mailly, le leader de FO, cette mobilisation "constitue un avertissement pour les pouvoirs publics, tant vis-à-vis du pacte de responsabilité que sur les revendications et attentes en matière de salaires, d?emploi, de Sécurité sociale".

Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT, reproche pour sa part au gouvernement de faire le jeu du Medef, la principale organisation patronale, et l'appelle à changer de cap.

"Le président a renoncé au changement et tout le monde s'en rend compte", a-t-il dit. "Le renoncement renvoie au désespoir et risque de profiter au Front national".

A Paris, où Thierry Lepaon et Jean-Claude Mailly ont pris la tête du cortège, 60.000 personnes, selon les syndicats, et 10.000 d'après la police, ont défilé derrière une banderole proclamant "Non au pacte de responsabilité".

Environ 42.000 personnes selon les organisateurs et moins de 6.000 d'après la police, ont manifesté à Marseille.

"C'est une forte mobilisation et une pression supplémentaire mise sur le gouvernement qui n'entend toujours pas la colère des salariés", a dit à la presse Thierry Pettavino, le secrétaire général départemental de la CGT.

"LES DÉS SONT PIPÉS"

A Toulouse, la manifestation a rassemblé 3.100 personnes selon la police et 12.000, de source syndicale, tandis qu'à Bordeaux l'intersyndicale ne revendiquait que 5.500 personnes.

Jean-Claude Mailly a accusé sur France 2 le gouvernement d'être dans une "logique libérale au sens économique du terme" et dans une "logique de dumping" en cherchant à réduire le coût du travail.

Selon lui, le pacte de responsabilité est un "pacte de complaisance" dont "on ne sait comment il sera financé" et qui ne prévoit "rien" en contrepartie des 30 milliards d'euros de baisses de charges concédées aux entreprises.

Thierry Lepaon n'hésite pas à parler de "pacte d'irresponsables", dénonçant un "deal personnel entre François Hollande et Pierre Gattaz", le président du Medef.

Trois des cinq syndicats participant aux négociations - CFE-CGC, CFTC, CFDT, ont signé le pacte des responsabilité, aux côtés du Medef, de la CGPME et de l'Union professionnelle artisanale du côté patronal.

Mais pour Thierry Lepaon, "les dés sont pipés" dans le dialogue social vanté par le gouvernement car "les ministres reçoivent en coulisses les organisations une par une", ce qui "favorise les petits arrangements".

Laurent Berger, le dirigeant de la CFDT, s'est défendu la semaine dernière de tout partenariat avec le gouvernement, dénonçant ceux qui "restent au bord de la route, qui commentent, et qui finalement n'apportent pas grand-chose".

Le président du Medef, Pierre Gattaz, a abondé dans le même sens.

"On peut défiler dans la rue mais nous avons pris l'option du dialogue social", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Il est beaucoup plus positif de s'asseoir autour d'une table, de regarder comment on peut s'en sortir ensemble."

"Parler de cadeaux aux entreprises est aberrant. Ça dénote un manque de compréhension de l'économie et du monde qui bouge. Quand j'entends 'cadeau aux entreprises', 'cadeau aux patrons, ça me hérisse le poil", a-t-il ajouté.

(Gérard Bon, avec service France, édité par Yves Clarisse)

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  • jfvl le mardi 18 mar 2014 à 14:07

    les salariés privilégiés sont dans la rue. La compétitivité menace leur rente de situation

  • M156470 le mardi 18 mar 2014 à 13:44

    FITTOTO -- C'est cela, manifestez, le mou va vous en mettre une nouvelle où je pense, dans le cas contraire, la le pacte passera à la trappe comme toutes ses promesses....

  • M3182284 le mardi 18 mar 2014 à 12:07

    super, des syndicats qui luttent contre un plan qui n'existe pas pour sortir un pays qui coule