Mobilisation en Corse contre le remorquage du Costa Concordia

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MOBILISATION EN CORSE POUR EMPÊCHER LE REMORQUAGE DU COSTA CONCORDIA
MOBILISATION EN CORSE POUR EMPÊCHER LE REMORQUAGE DU COSTA CONCORDIA

AJACCIO (Reuters) - Des élus, des écologistes et des acteurs du monde de la mer se mobilisent en Corse pour empêcher le remorquage de l'épave du Costa Concordia en raison de risques pour l'environnement.

Trente-deux personnes étaient mortes quand le navire de croisière s'était échoué près de l'île italienne de Giglio dans la nuit du 13 janvier 2012.

Le maire nationaliste de Bastia, l'avocat Gilles Simeoni, s'est alarmé de l'opération, qui doit acheminer le navire en cinq ou six jours, à partir de mercredi si la météo le permet, de l'archipel toscan au port de Gênes où il doit être démantelé.

L'épave devrait passer à neuf kilomètres du Cap Corse, où un projet de parc marin est en cours.

"C'est une bombe flottante", a dit Gilles Simeoni lundi devant des élus et des représentants de la société civile.

Selon le ministère italien de l'Ecologie, "il reste à bord du Concordia 163 tonnes d'hydrocarbures, de produits huileux, 150.000 m3 d'eau de mer polluée, 12 tonnes de produits toxiques", a-t-il ajouté.

Des intervenants à la réunion, dont le responsable du syndicat des travailleurs corses à la SNCM, Alain Mosconi, ont dénoncé le risque d'un "Tchernobyl marin".

Selon le ministère français de l'Ecologie, l'épave sera escortée par un avion des gardes-côtes, quatre remorqueurs de haute mer avec des équipements anti-pollution, deux unités multi-usages, un navire pour la récupération des déchets solides et une embarcation pour localiser les dauphins et baleines.

"Nous demandons au gouvernement l'ajournement du remorquage tant que des gages et des garanties n'ont pas été donnés, sinon nous constituerons une flottille citoyenne de Bastia au Cap Corse", a prévenu Gilles Simeoni.

Une pétition demande notamment le pompage préalable des matières polluantes.

La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a fait part des inquiétudes du maire de Bastia à son homologue italien, Gian-Luca Galletti, et a précisé qu'elle serait présente sur le Jason, bâtiment de soutien d'assistance et de dépollution de la marine nationale, lors du passage de l'épave.

L'affaire fait écho à celle dite des Boues rouges, qui avait conduit à une mobilisation régionaliste en 1972 conduite par Edmond Simeoni, leader autonomiste et père de l'actuel maire de Bastia, contre le déversement de déchets toxiques au large de la Corse par la société italienne Montedison.

Plusieurs actions publiques et clandestines comme un attentat à l'explosif contre un des navires avait conduit à un procès en 1974 où certains responsables de Montedison avaient été condamnés.

(Roger Nicoli, édité par Jean-Baptiste Vey)

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  • fpelu le lundi 21 juil 2014 à 23:27

    Ils vont le faire sauter, pour récupérer la ferraille?

  • bordo le lundi 21 juil 2014 à 22:57

    On rigole quand on sait ce qui a coulé la pendant la guerre...

  • mark92 le lundi 21 juil 2014 à 21:04

    Comment rire ?? SNCM coulé, et ils vont se lever le matin pour manifester ??

  • Gary.83 le lundi 21 juil 2014 à 20:48

    ils préféraient le laisser pourrir au fond de l'eau ........