Mobilisation diplomatique à Genève sur le nucléaire iranien

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VERS UN ACCORD PROVISOIRE AVEC L'IRAN SUR LE NUCLÉAIRE
VERS UN ACCORD PROVISOIRE AVEC L'IRAN SUR LE NUCLÉAIRE

par Lesley Wroughton et Fredrik Dahl

GENEVE (Reuters) - Les ministres des Affaires étrangères des quatre puissances occidentales engagées dans des négociations à Genève sur le programme nucléaire iranien sont venus en personne vendredi dans la ville suisse pour tenter d'arracher un accord provisoire avec l'Iran, qu'Israël a par avance rejeté.

L'Américain John Kerry a rejoint le Français Laurent Fabius, arrivé le premier, l'Allemand Guido Westerwelle et le Britannique William Hague dont les pays forment avec la Russie et la Chine le groupe P5+1 chargé de négocier avec l'Iran.

"Je veux souligner qu'il n'y a pas d'accord à ce stade", a dit le secrétaire d'Etat américain à la presse avant de pénétrer dans le bâtiment où se déroule depuis jeudi le deuxième cycle de négociations de ce type depuis l'élection d'Hassan Rohani à la présidence de l'Iran en juin.

"Je pense que personne ne devrait se méprendre sur le fait qu'il reste d'importantes divergences à combler", a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie américaine, qui a interrompu une tournée au Proche-Orient pour se rendre en Suisse, devait rencontrer son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, en présence de la haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, qui dirige la délégation du P5+1.

Un responsable du département d'Etat a déclaré que John Kerry comptait faire "tout ce qu'il peut" pour surmonter les derniers obstacles à la conclusion d'un accord provisoire.

GEL CONTRE GEL

Les discussions à Genève semblent porter sur un gel du programme nucléaire iranien, soupçonné de comporter un volet militaire clandestin, en échange d'un allègement des sanctions internationales contre la République islamique, qui affirme que ses activités sont purement pacifiques.

Ces mesures réciproques seraient provisoires, pour une durée d'environ six mois, le temps de négocier un accord définitif après plusieurs années de blocage.

L'une des principales mesures envisagées porterait sur le déblocage progressif d'environ 50 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés sur des comptes étrangers. Le groupe P5+1 pourrait aussi accepter un assouplissement des contraintes imposées au commerce par l'Iran de produits pétrochimiques et de métaux précieux.

"Nous voulons un accord qui soit une première réponse solide aux inquiétudes liées au nucléaire iranien. Il y a des avancées, mais rien n'est encore acquis", a déclaré Laurent Fabius à son arrivée à Genève.

De source diplomatique française, on souligne que la proposition "gel contre gel" est depuis longtemps sur la table mais que "le climat a changé" depuis l'élection d'Hassan Rohani.

"On n'est pas là pour signer juste pour signer", a-t-on toutefois ajouté de même source.

La Russie juge possible de parvenir à un accord sur une "feuille de route" permettant de lever les doutes sur la nature du programme nucléaire iranien, a dit Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, à Moscou.

Son porte-parole a fait état de "changements très positifs" dans les positions des uns et des autres à Genève.

"ACCORD DU SIÈCLE"

Au terme de la première journée de discussions jeudi, le ministre iranien des Affaires étrangères a formulé l'espoir qu'un accord puisse être trouvé vendredi sur un communiqué commun définissant un objectif à atteindre "dans une période de temps limitée, espérons moins d'un an" et précisant une série de mesures réciproques "pour bâtir de la confiance et traiter leurs inquiétudes les plus immédiates".

Mohammad Javad Zarif a aussi jugé possible une suspension partielle des activités d'enrichissement d'uranium de l'Iran, une concession inenvisageable avant l'élection d'Hassan Rohani, qui a multiplié les signes d'ouverture depuis son accession à la présidence iranienne.

Une telle mesure ne satisferait pas Israël cependant, l'Etat hébreu exigeant un démantèlement complet des installations nucléaires de l'Iran.

Selon Benjamin Netanyahu, le groupe P5+1 est en passe d'accorder à l'Iran "l'accord du siècle".

"C'est un très mauvais accord et Israël le rejette complètement", a déclaré le chef du gouvernement israélien. "Israël n'est pas lié par cet accord et Israël fera tout ce qu'il faut pour se défendre ainsi que protéger la sécurité de son peuple."

L'Etat hébreu, qui considère un Iran doté de l'arme nucléaire comme une menace existentielle, a laissé entendre à plusieurs reprises qu'il pourrait bombarder unilatéralement les installations nucléaires iraniennes.

Avec Louis Charbonneau et Yeganeh Torbati à Genève, John Irish à Paris, Timothy Gardner à Washington, Marcus George à Dubaï, Michelle Nichols à New York, Crispian Balmer à Jérusalem, Gabriela Baczynska et Alexei Anishchuk à Moscou; Jean-Loup Fiévet et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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