Mobilisation après la mort d'un policier en Savoie

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UN POLICIER TUÉ EN SAVOIE PRÈS DE CHAMBÉRY
UN POLICIER TUÉ EN SAVOIE PRÈS DE CHAMBÉRY

PARIS (Reuters) - La classe politique française a condamné la mort d'un policier de la brigade anti-criminalité de Chambéry (Savoie) tué dans la nuit de mardi à mercredi lors d'une intervention contre des cambrioleurs dans la commune toute proche de Saint-Alban-Leysse.

A onze jours de la présidentielle, la mort du policier a suscité les réactions des principaux candidats à l'Elysée.

Dénonçant "un assassinat", Nicolas Sarkozy a invité à réfléchir aux dangers du métier de policier. Le candidat socialiste, François Hollande, a évoqué des "conditions difficiles" pour les hommes de la BAC.

Marine Le Pen, la prétendante du Front national à l'Elysée, a estimé que la "culture du laxisme" avait contaminé "la droite sarkozyste".

Les policiers avaient été appelés pour un cambriolage dans un grand magasin d'électroménager dans cette commune de la banlieue de Chambéry lorsque les malfaiteurs ont délibérément percuté, vers 00h30, l'un d'eux en prenant la fuite à bord d'un 4X4 Porsche Cayenne, selon le ministère de l'Intérieur.

Un policier a alors ouvert le feu, mais les cambrioleurs, au nombre de quatre ou cinq, sont parvenus à échapper aux forces de l'ordre.

"Les effectifs de police étaient requis par des sapeurs-pompiers pour intervenir sur un vol par effraction au sein d'un magasin Darty", a précisé Nicolas Sarkozy sur France Info.

"En voyant les policiers, le malfrat qui conduisait le véhicule a foncé délibérément - c'est un assassinat - sur l'un des policiers qu'il percutait violemment", a-t-il ajouté.

POLÉMIQUE SUR LES EFFECTIFS

Le policier tué, un brigadier-chef de 32 ans, était père d'une fillette.

Un véhicule calciné, le 4X4 utilisé à Saint-Alban-Leysse selon les premiers éléments de l'enquête, a été retrouvé mercredi matin dans la banlieue de Lyon.

La mort de leur collègue de la BAC, le second de ce service tué depuis six mois dans l'exercice de ses fonctions, a semé la consternation parmi les syndicats de policiers.

Alliance, deuxième organisation parmi les gardiens, a dit attendre "des sanctions exemplaires à la hauteur de ce crime inqualifiable."

Estimant que "la violence vis-à-vis de l'autorité publique va grandissant", Unité SGP police, le premier syndicat, a appelé le ministère de l'Intérieur à "réinstaurer les patrouilles" à trois.

Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, qui s'est rendu à Chambéry, a répondu qu'il était "tout à fait réglementaire que des fonctionnaires interviennent à deux".

"Il y avait deux policiers effectivement parce que les policiers sont souvent à deux", a-t-il dit.

Le Premier ministre, François Fillon, a exprimé son "indignation" et sa "grande tristesse" après la mort du policier, promettant de mobiliser l'ensemble des services d'enquête "pour que les auteurs de ce crime soient rapidement identifiés et présentés à la justice".

François Hollande a salué dans un communiqué "l'action et le courage des policiers de cette Brigade, ainsi que de l'ensemble des forces de sécurité qui, dans des conditions souvent difficiles, assurent avec dévouement la protection de nos concitoyens".

Pour Marine Le Pen, la "violence grandissante" est "la conséquence logique des suppressions massives de postes de policiers et gendarmes depuis 2007" et de "l'état d'insécurité morale dans lequel sont laissées nos forces de l'ordre".

Sophie Louet et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • cyrilc1 le mercredi 11 avr 2012 à 16:55

    Apres on voit des associations porter plainte contre la police pour controle au facies!!! Mais ou va t'on? ce pays a besoin d'un grand nettoyage...

  • M3101717 le mercredi 11 avr 2012 à 10:32

    Sarkozy évoque un assassinat d'apparence ! Par un assasin d'apparence ;(