Mobilier urbain et transition énergétique : vers un grand ménage de printemps ?

Zegreenweb le 13/01/2014 à 11:07
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Réduire notre consommation énergétique et notre empreinte carbone : telles sont les principaux objectifs de la transition énergétique. Et dans ce contexte, le mobilier urbain peut aussi se moderniser, pour devenir un vrai levier des politiques d'efficacité énergétique.

L'énergivore éclairage public doit entrer dans l'ère de l'efficacité énergétique

L'éclairage public est encore trop souvent un abyssal gouffre énergétique : on estime qu'il représente autour de 40% de la facture d'électricité des communes ? un chiffre qui monte à 50% pour les plus petites d'entre elles. Aujourd'hui, sur les 9 millions de luminaires en France, 40% ont plus de 25 ans et le tiers est constitué de lampes à vapeur de mercure. Conséquence : ils sont majoritairement polluants et énergivores, d'autant plus que beaucoup, faute de gestion réfléchie, sont aussi mal positionnés (ils éclairent le ciel) ou mal dimensionnés.

Pour l'ADEME, le potentiel de réduction de la consommation d'énergie est immense : il se situe autour de 50 à 75%. D'où le lancement en 2012 d'une subvention destinée à aider les communes de moins de 2000 habitants à moderniser leur éclairage public. « Les collectivités gèrent un potentiel d'économie d'énergie colossal », confirme Ophélie Barou, du Cluster Lumière, qui rassemble les principaux acteurs français du secteur, attestant que la problématique de l'éclairage public ne peut être laissée de côté dans une démarche volontariste de transition énergétique.

D'ailleurs, les technologies, comme les entreprises, sont préparées à cette mutation. La LED par exemple est une technologie non polluante, qui consomme peu et qui offre des possibilités de gestion « intelligente ». « La compacité des diodes permet de repenser le design et la précision d'éclairage, et le contrôle électronique facilite leur intégration dans des solutions de gestion à distance », explique Philips, l'un des spécialistes de la LED. Cofely Ineo, acteur majeur de l'efficacité énergétique dans de nombreux secteurs (mobilité, bâtiment, smart grids?), développe depuis plusieurs années une réflexion pour économiser l'énergie des villes et notamment rationaliser l'éclairage public. A Cannes par exemple, la solution déployée par Cofely Ineo permet de réduire de 50% la consommation d'énergie, et de 200 tonnes par an les émissions de CO². Pour parvenir à ces résultats, l'entreprise capitalise sur son expertise en matière d'éclairage public, mais aussi de technologies de pointe et d'ingénierie système. Généralisation des LED, systèmes de gestion intelligents, technologies innovantes (détecteurs de présence par exemple) sont autant d'actions qui vont dans le sens de plus d'efficacité énergétique. A Dreux, qui a signé début 2013 un contrat avec Gedia et Cofely Ineo, le maire s'enthousiasme de participer ainsi, utilement, à la transition énergétique : « cette action est dans une logique d'éco-responsabilité qui pour nous n'est pas un gadget, l'une des clés pour éviter de gaspiller les ressources de la planète ».

Un mobilier urbain producteur d'énergie

L'un des autres axes forts de la politique de transition énergétique est de favoriser le développement des énergies renouvelables. A son échelle, le mobilier urbain peut également participer à cet aspect. Certains industriels proposent ainsi des équipements urbains équipés de panneaux photovoltaïques, ce qui les rend énergétiquement autonomes? et contribue à réaliser des économies d'énergies fossiles. Prismaflex a par exemple développé une solution d'affichage publicitaire photovoltaïque, Blue Tech, en prenant soin de « mettre en place et de développer des technologies et des usages respectueux de l'environnement », déclare Pierre-Henri Bassouls, son PDG. Même ambition chez Energie Solaire et Services et son Barneo City : ce banc public surmonté de panneaux solaires permet d'alimenter des LED pour l'éclairage nocturne, ou encore de proposer aux passants des systèmes de recharge de leurs appareils mobiles. Et la logique se poursuit sur la globalité du système : construits avec des matériaux recyclés, les Barneo City sont eux-mêmes 100% recyclables.

Le mobilier urbain pour encourager les mobilités douces

La transition énergétique ne pourra pas non plus ignorer la question centrale des transports. Et là encore, le mobilier urbain peut contribuer à faciliter (et donc développer) les mobilités « douces », type vélo ou autopartage? et à réduire ainsi l'empreinte carbone des modes de déplacement des citoyens. C'est tout l'objectif d'Emotion System avec ses carrousels à vélo innovants : sécurisés, autoportés et autonomes énergétiquement parlant grâce à des panneaux solaires, ils sont destinés à encourager les déplacements les moins polluants.

Nouvelles technologies, équipements innovants, gestion énergétique maîtrisée : le mobilier urbain a su s'adapter aux exigences de l'efficacité énergétique. Aux collectivités, et au gouvernement, de laisser ce mobilier « nouvelle génération » entrer dans nos villes.  A plus forte raison quand on constate que beaucoup d'entreprises françaises sont bien implantées sur le secteur. Prismaflex, Emotion System ou Energie Solaire et Services génèrent des emplois dans le Rhône, la Savoie ou les Haute-Alpes. Cofely Ineo, avec son organisation décentralisée et ses 300 implantations en régions, et ouvre régulièrement des centres de travail supplémentaires sur place lors de l'obtention de marchés d'éclairage public (dernièrement, à Hazebrouck ou Epinal). Encore un argument qui fait de la modernisation du mobilier urbain un investissement écologique? et économique.

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