Mitterrand, le maître des écoutes

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François Mitterrand a mis plus de 150 personnalités sur écoute entre 1983 et 1986.
François Mitterrand a mis plus de 150 personnalités sur écoute entre 1983 et 1986.

François Mitterrand, tout en colère froide, répondant à deux journalistes au soir de sa présidence : "L'Élysée n'écoute rien. Il n'y a pas de système d'écoutes ici (...). Moi, personnellement, je n'en ai jamais lu une seule." Mensonge, double mensonge. Il y a bel et bien eu un système très organisé d'écoutes (la justice l'a dit), et François Mitterrand en a lu de nombreuses retranscriptions, qu'il annotait d'un "vu" ou d'un "oui" sec.Peut-on comparer les deux "affaires", celle d'un conseiller sulfureux - Patrick Buisson, captant ses conversations avec un chef de l'État à son insu - et celle d'un chef de l'État espionnant quelque 150 personnes pour des motifs discutables, en marge des circuits officiels ? À coup sûr, la seconde affaire est d'une importance capitale, elle, puisqu'elle implique la responsabilité directe du président de la République et son abus de pouvoir. À gauche, on semble avoir oublié le sens de la mesure, ou le sens de l'Histoire, ou les deux. "Une affaire d'État", s'évanouit le porte-parole du PS David Assouline à l'évocation des écoutes de Patrick Buisson, cependant que Harlem Désir exige la création d'une commission parlementaire. On n'a pas souvenir d'une telle indignation socialiste lorsqu'en mars 1993 Libération révèle les interceptions par l'appareil d'État entre janvier 1983 et mars 1986.Des lignes qui tournent à plein régimeLes écoutes de l'Élysée, c'est l'un des premiers scandales de la...

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