Mitt Romney va choisir Paul Ryan comme colistier

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PAUL RYAN FUTUR COLISTIER DE MITT ROMNEY
PAUL RYAN FUTUR COLISTIER DE MITT ROMNEY

par Steve Holland

NORFOLK, Virginie (Reuters) - Mitt Romney, probable candidat républicain à l'élection présidentielle américaine devrait désigner samedi Paul Ryan, président de la commission du Budget de la Chambre des représentants, et considéré comme un conservateur en matière budgétaire, comme colistier et candidat à la vice-présidence.

Un cadre du parti républicain, qui a souhaité garder l'anonymat, a précisé que Mitt Romney annoncerait officiellement son choix lors d'un rassemblement prévu vers 09h00 (13h00 GMT) à Norfolk en Virginie, sur l'USS Wisconsin, un cuirassé qui a participé à la Seconde Guerre mondiale.

Le Wisconsin est, par coïncidence, l'Etat d'origine de Paul Ryan, dont le choix marque la fin de plusieurs mois de suppositions sur l'identité du tandem républicain qui fera face au duo démocrate formé par le président Barack Obama et au vice-président Joe Biden, tous deux candidats à leur réélection, le 6 novembre prochain.

Mitt Romney va entamer dès samedi une tournée en bus qui partira du port de Norfolk pour traverser quatre Etats stratégiques: la Virginie, la Caroline du Nord, la Floride et enfin l'Ohio, où son arrivée est prévue mardi.

La désignation de Paul Ryan, âgé de 42 ans, apporte une touche de jeunesse dans la campagne républicaine alors que les délégués doivent se réunir à la fin du mois à Tampa pour la convention qui investira officiellement Mitt Romney.

L'équipe de campagne de Mitt Romney avait auparavant affirmé que le parlementaire du Wisconsin était présent sur une liste restreinte de choix potentiels, qui comprenait également le sénateur de l'Ohio, Rob Portman, et l'ancien gouverneur du Minnesota, Tim Pawlenty, considérés comme des figures plus traditionnelles du parti.

Paul Ryan dispose notamment d'une expérience parlementaire à Washington, contrairement à Mitt Romney qui a, en revanche, assumé un rôle dans l'exécutif, comme gouverneur du Massachusetts, entre 2003 et 2007.

RELATIVE OBSCURITÉ

Le choix de Paul Ryan expose cependant le camp républicain aux critiques démocrates, notamment au sujet d'un projet de budget élaboré par le parlementaire du Wisconsin, et qui comprend de fortes baisses d'impôts et d'importantes coupes au sein de Medicare et Medicaid, les programmes d'assurance maladie auprès des plus pauvres et des plus âgés.

"Si c'est vraiment Ryan, Romney aura choisi l'une des rares personnes qui pouvaient avoir un impact sur la campagne. Mais pas comme il le souhaite", a affirmé Bill Burton, stratège au sein de Priorities USA, un groupe favorable à Barack Obama, sur le réseau social Twitter.

Paul Ryan avait commencé à travailler sur son projet de budget, avant que les républicains prenne le contrôle de la Chambre des représentants, lors des élections de mi-mandat de janvier 2010, mais n'avait alors suscité que peu d'attention, reconnaissant lui-même que son intérêt précoce pour la question était "assez bizarre".

Désigné président de la commission du Budget à la faveur de la victoire républicaine, Paul Ryan a ensuite bénéficié de l'essor du mouvement Tea Party, favorable à une réduction drastique de la fiscalité et des dépenses gouvernementales, qui a attiré l'attention publique sur les questions budgétaires, autour de l'automne 2010.

Paul Ryan est alors devenu l'une des figures républicaines les plus en vue, notamment auprès des sympathisants conservateurs, après avoir passé l'essentiel de sa carrière à la Chambre, où il a été élu en 1998, dans une relative obscurité.

Il a ensuite soutenu Mitt Romney lors de la primaire républicaine du Wisconsin, en avril 2012, quelques jours après que son projet de budget fut adopté par la Chambre des représentants, malgré la forte opposition des parlementaires démocrates.

Même si l'association de Paul Ryan avec son plan de coupes budgétaires peut fragiliser la campagne républicaine dans des Etats-clés comme la Floride, où la proportion de personnes âgées est élevée, elle est également susceptible de mobiliser l'électorat conservateur, parfois dubitatif face à l'image centriste de Mitt Romney.

"Les conservateurs vont être très stimulés, car c'est la preuve de la volonté de Romney de faire un choix audacieux", a déclaré Matt Mackowiak, un stratège républicain. "Ce n'est peut-être pas ce qu'il souhaitait faire, il y a trois ou six mois, mais je pense que c'est le choix le plus significatif qu'il pouvait faire."

Steve Holland, Julien Dury pour le service français

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