Mitt Romney accepte son investiture et met l'accent sur l'emploi

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MITT ROMNEY ACCEPTE SON INVESTITURE ET PROMET DES EMPLOIS
MITT ROMNEY ACCEPTE SON INVESTITURE ET PROMET DES EMPLOIS

par John Whitesides et Steve Holland

TAMPA, Floride (Reuters) - Mitt Romney a officiellement accepté jeudi soir d'être le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine du 6 novembre et a placé l'emploi au centre de son allocution, appelant les électeurs à l'aider à reconstruire l'économie américaine.

Dans son discours d'acceptation, le candidat du Grand Old Party a promis d'oeuvrer à unifier les Etats-Unis qu'il estime aujourd'hui divisés et qui, selon lui, ne croient plus aux promesses de Barack Obama.

"Ce dont notre pays a besoin aujourd'hui n'est ni compliqué, ni profond. Nous n'avons pas besoin d'une commission gouvernementale pour nous dire ce dont l'Amérique a besoin. Ce dont l'Amérique a besoin, c'est d'emplois. De nombreux emplois", a-t-il lancé devant une foule enthousiaste réunie à la convention nationale de Tampa.

Le discours d'acceptation de Romney, suivi par une prière finale de l'archevêque de New York, Timothy Dolan, marque le début d'une campagne de deux mois pour le tandem républicain qu'il forme avec le candidat à la vice-présidence Paul Ryan, face à leurs adversaires démocrates Barack Obama et Joe Biden.

"Aujourd'hui, le temps est venu de laisser derrière nous les déceptions des quatre dernières années, de tourner la page de la division et des récriminations", a affirmé Mitt Romney.

Ce qui devait être le clou de la soirée a presque été éclipsé par l'apparition de l'acteur et réalisateur Clint Eastwood qui s'est livré sur scène à une sévère diatribe de l'action du président sortant.

INTERVENTION SURPRENANTE D'EASTWOOD

Dans une intervention légèrement surprenante, Eastwood s'est adressé à une chaise vide, sur laquelle il a fait mine de croire que se tenait assis un Barak Obama imaginaire.

La performance de l'interprète de "Dirty Harry", âgé de 82 ans, est apparue à beaucoup comme un peu triste et pathétique, y compris dans le camp républicain.

Le critique de cinéma Roger Ebert a résumé la situation dans un message Twitter: "il (Eastwood) n'avait pas besoin de se faire ça". Un conseiller de Romney notait sur le réseau social: "Ne pas oublier: les acteurs ont besoin de script".

Le discours d'acceptation retransmis en direct à la télévision a été regardé par plusieurs dizaines de millions de personnes et une partie du public a pu découvrir un peu plus le candidat républicain à cette occasion.

L'exercice était délicat pour l'homme d'affaires multimillionnaire qui a peiné à rallier à lui les électeurs les plus conservateurs mais également les indépendants dans une campagne dominée par la morosité économique et la persistance d'un chômage élevé.

Mettant en avant son expérience dans le monde des affaires, Romney s'est présenté comme le seul remède pour soigner les maux de l'économie, promettant la création de 12 millions d'emplois.

Mitt Romney, dépeint par ses adversaires démocrates comme un homme d'affaires distant et déconnecté des réalités sociales, a souligné que Barack Obama ne pouvait plus inspirer le même espoir qu'en 2008.

"Le temps est venu de rétablir la promesse de l'Amérique", a-t-il dit. "L'espoir et le changement ont eu un attrait puissant", a-t-il reconnu. "Mais, ce soir, je pose une question simple: l'enthousiasme que vous avez ressenti en votant pour Barack Obama, ne devrait-il pas être toujours là, maintenant qu'il est devenu le président Obama ?"

RETOUR DES THÉMATIQUES ÉCONOMIQUES

Le discours de Mitt Romney a signé un retour à des thématiques économiques, après une convention marquée par la volonté du parti d'humaniser son candidat et d'unir le camp républicain, parfois méfiant face aux changements de position de l'ancien gouverneur du Massachusetts.

Les démocrates ont régulièrement présenté leur adversaire comme un entrepreneur sans coeur, un homme loin du peuple, un fraudeur fiscal et une girouette politique.

C'est pour atténuer la portée de ces critiques que Romney s'est attaché à jouer sa partition sur la corde de l'émotion au cours de cette convention où les orateurs se sont succédés pour louer son humanité, son sens de la famille et des responsabilités.

Après Ann, l'épouse de Mitt Romney, qui a prononcé mardi un discours pour contrebalancer l'image parfois distante de son mari, plusieurs membres de la communauté mormone se sont exprimés jeudi pour témoigner de l'investissement du candidat au sein de son église.

Outre Eastwood, venu in extremis apporté un soutien hollywoodien, les ténors du GOP ont profité de l'occasion pour faire entendre leur voix: Condoleezza Rice, secrétaire d'Etat sous la présidence de George W. Bush ou John McCain, candidat républicain malheureux en 2008, sont intervenus mercredi soir.

La convention semble avoir stimulé la popularité de Mitt Romney. Le dernier sondage Reuters/Ipsos sur la question, effectué sur internet, lui donne 44% d'intentions de vote contre 42% pour Barack Obama qui bénéficiait d'une avance de quatre points en début de semaine.

Julien Dury pour le service français

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