Mises en garde sur le piratage des "sex toys" et autres objets

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    * Même les vibromasseurs peuvent être piratés 
    * Une aciérie allemande et des hôpitaux victimes de 
cyberattaques 
    * Le grand public doit être conscient des risques - experts 
 
    par Caroline Copley 
    HANOVRE, Allemagne, 15 mars (Reuters) - Avec le 
développement des objets connectés, le piratage ne se limite 
plus aux ordinateurs et aux smartphones, prévient mardi la 
société de sécurité informatique Trend Micro, qui voit dans les 
équipements médicaux, les machines industrielles et même les 
"sex toys" des victimes potentielles. 
    Pour illustrer son propos, le porte-parole de Trend Micro, 
Udo Schneider, a surpris les journalistes au cours d'une 
conférence de presse en sortant un grand vibromasseur rose  
qu'il a déposé sur une table devant lui. Puis il a saisi 
quelques lignes de code sur son ordinateur portable et l'objet 
s'est mis à s'agiter. 
    Si la démonstration a provoqué quelques gloussements, le 
message donne à réfléchir. Avec l'explosion du nombre 
d'appareils connectés à internet, des mesures de protection 
jugées insuffisantes et le manque de prise de conscience des 
consommateurs et des salariés sont source d'inquiétudes 
grandissantes. 
    "Si je pirate un vibromasseur, c'est juste amusant", relève 
Genes Raimund, directeur technique chez Trend Micro  4704.T , 
une société cotée à Tokyo, à l'occasion du salon informatique 
CeBit qui se tient cette semaine à Hanovre, en Allemagne.  
    "Mais si je peux accéder au code source, je peux faire 
chanter le fabricant" a-t-il ajouté, faisant référence aux 
lignes de programmation. 
      
    "ÉNORMES DÉGÂTS" 
    Selon le dernier rapport gouvernemental sur la sécurité 
informatique, l'Allemagne est devenue une cible de choix pour 
les pirates avec des attaques sur les sites industriels devenues 
plus fréquentes.   
    En 2014, une aciérie allemande a par exemple subi "d'énormes 
dégâts" à la suite d'une cyberattaque sur son réseau. Récemment, 
plusieurs hôpitaux du pays ont été la cible d'un "rançongiciel" 
(ransomware en anglais).  
    Ce type d'attaque s'exécute par le biais d'un logiciel 
malveillant installé à l'insu de l'utilisateur, qui crypte les 
données de ce dernier et lui demande ensuite de payer pour les 
rendre à nouveau lisibles ou débloquer certaines fonctionnalités 
de l'ordinateur.    
    Le gouvernement allemand en a fait lui-même l'amère 
expérience l'an dernier quand des hackers s'en sont pris au 
réseau informatique du Bundestag, la chambre basse du Parlement, 
l'obligeant à couper son système pendant plusieurs jours, de  
grandes quantités de données ayant été compromises.     
    "Si quelqu'un décidait de tirer avec un pistolet du toit du 
Reichstag (Parlement), les agents de sécurité fonceraient tous 
sur lui. Mais quand des données sont volées pendant des mois, 
personne ne sourcille", relève Dirk Arendt, directeur des 
affaires publiques au sein de la firme israélienne de sécurité 
informatique Check Point Software Technologies  CHKP.O . 
    "Il y a une absence de prise de conscience." 
    Face à la menace grandissante d'une cyberattaque, 
l'Allemagne a adopté en juillet une loi sur la sécurité qui 
impose aux 2.000 fournisseurs d'infrastructures critiques du 
pays de mettre en oeuvre des normes minimales de sécurité et de 
signaler les failles critiques sous peine de pénalités.  
    Selon le groupe d'influence Bitkom, 51% des entreprises ont 
déjà été victimes d'espionnage numérique, de vols de données ou 
d'actes de sabotage au cours de ces deux dernières années.  
 
 (Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 

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