Mise en garde de Moody's sur le Aaa français

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PARIS (Reuters) - La mise en garde de Moody's sur le "triple A" de la France, en cas de hausse durable de ses coûts de financement, a ravivé lundi les tensions sur les dettes souveraines de la zone euro et fait plonger les Bourses européennes.

Le rendement des emprunts à 10 ans, dont l'évolution reflète de façon inversée l'appétit pour la dette française, a augmenté d'une vingtaine de points après la publication de cette note, avant de refluer graduellement, et les assurances contre le risque de défaut (CDS) ont atteint des records.

Le porte-parole de l'Agence France Trésor, qui gère la dette de l'Etat, a dit à Reuters que la France continuait de bénéficier de conditions de financement parmi les meilleures depuis la création de l'euro, les taux moyens restant inférieurs aux prévisions de l'agence.

Un argument repris dans un communiqué par le ministre des Finances, François Baroin, qui "rappelle que les conditions de financement de la France sont à des niveaux très favorables".

La France bénéficie de la note maximale donnée par les trois principales agences de notation - triple A avec perspective stable - mais Moody's a annoncé mi-octobre qu'elle se donnait trois mois pour évaluer cette perspective. Sa modification pourrait être suivie d'un abaissement de la note.

Soulignant le bond des rendements de la dette française la semaine dernière, Alexander Kockerbeck, analyste principal de Moody's sur la France, écrit dans sa note que "des coûts de financement durablement élevés amplifieraient les défis budgétaires auxquels est confronté le gouvernement français dans un contexte de détérioration des perspectives de croissance, avec des conséquences négatives sur le crédit".

LE "TRIPLE A" DÉJÀ PERDU ?

L'écart de rendement entre les emprunts français et allemand à 10 ans, qui était revenu sous 150 points, s'est élargi à 174 points après la publication de la note, comme celui de pays périphériques de la zone euro et d'autres pays "triple A" comme l'Autriche ou la Finlande. Ce "spread" France-Allemagne était à environ 160 points vers 15h00 GMT.

"Quand on regarde les valorisations (des obligations souveraines françaises) sur le marché, on voit que la France a de facto perdu son triple A", a dit Raphaël Gallardo, responsable de la recherche macroéconomique chez Axa IM, à des journalistes.

Les Bourses européennes ont accentué leurs pertes, suivie dans l'après-midi par les marchés américains, l'Eurostoxx 50 et le CAC 40 perdant chacun environ 2,5% vers 15h00 GMT, les valeurs bancaires comme BNP Paribas et Société générale perdant près de 5% et affichant pendant plusieurs heures les plus fortes baisses de l'indice parisien.

Rappelant que l'écart de rendement entre emprunts français et allemand a franchi le seuil des 200 points de base la semaine dernière, Alexander Kockerbeck souligne qu'à ces niveaux, le coût de financement à long terme est presque le double de celui de l'Allemagne et qu'une hausse de 100 points de base des rendements représente 3 milliards d'euros de surcoût annuel.

"Avec une prévision de croissance réelle de seulement 1% en 2012, une charge de la dette plus élevée rendra d'autant plus difficile la réalisation de l'objectif de réduction du déficit public", poursuit l'analyste.

LE MODÈLE SOCIAL SUR LA SELLETTE

Depuis 2008, le déficit et la dette de la France se sont "considérablement détériorés", note Moody's, qui reconnaît que les mesures d'austérité adoptées par les autorités françaises attestent de leur engagement à contrôler les finances publiques.

"Les perspectives de croissance économique et la crise (de confiance) sur la dette européenne - qui échappent toutes les deux au contrôle total du gouvernement - sont des facteurs de risque important pour son bilan", souligne Moody's.

"Le modèle social français ne peut pas être financé si le potentiel de l'économie française n'est pas préservé. Un nouvel affaiblissement de la croissance du PIB mettrait à l'épreuve la capacité politique du gouvernement à dégager de nouvelles économies", prévient l'agence alors que s'amorce la campagne pour l'élection présidentielle de 2012.

Selon Olivier Bizimana, économiste chez Morgan Stanley, "dans l'environnement actuel, les gens s'attendent à ce que la France soit dégradée, mais il n'y pas vraiment d'explication pourquoi, c'est simplement que la France est immobile".

"La situation budgétaire est probablement moins bonne que celles d'autres pays triple A", a-t-il dit à Reuters, mais "cette approche est incorrecte". "La France est probablement en meilleure forme que d'autres : une des raisons est son potentiel de croissance plus élevé, ce qui signifie des rentrées fiscales plus importantes à l'avenir, essentiellement parce que la trajectoire démographique est meilleure."

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a estimé lundi qu'un déclassement de la deuxième économie de la zone euro serait inadapté à sa situation budgétaire et entraînerait la perte du triple A du fonds de sauvetage européen (FESF). "Je ne veux pas de ça", a-t-il dit.

La ministre française du Budget, Valérie Pécresse, a quant à elle une nouvelle fois exclu un tour de vis budgétaire supplémentaire, après deux plans d'austérité en moins de deux mois pour compenser l'impact du ralentissement économique sur les finances publiques.

"La croissance est ralentie mais elle existe encore, c'est pour cela qu'il faut qu'on la soutienne. Aujourd'hui, nous avons un budget qui est crédible, sincère", a-t-elle déclaré sur RTL.

Après un premier plan d'économies et d'impôts d'une ampleur de onze milliards d'euros pour 2012, le gouvernement a présenté début novembre un deuxième plan de 65 milliards d'euros d'ici 2016, dont 18,6 milliards pour la période 2012-2013.

La France s'est fixé pour objectif un déficit public équivalent à 4,5% du PIB en 2012, 3% en 2013 et 2% en 2014, jusqu'à l'équilibre en 2016.

Marc Joanny, Raoul Sachs, Daniel Flynn, Alexandre Boksenbaum-Granier et Jean-Baptiste Vey

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  • M2728834 le lundi 21 nov 2011 à 17:21

    A fin 2011, le déficit budgétaire américain représenterait environ 9% de son PIB et sa dette publique totale se situerait autour de 100% du PIB contre respectivement 5,6% et 87% environ prévu pour la France par exemple.Alors de qui se moque t'on ??

  • je.valle le lundi 21 nov 2011 à 17:18

    Mais pourquoi les politiques refusent ils de prendre les mesures (les vraies mesures) pour réduire drastiquement les dépenses du secteur public et para public ?

  • manx75 le lundi 21 nov 2011 à 17:13

    La hausse des coûts de financement étant liée aux annonces de Moody's on se mord la queue !

  • gbourger le lundi 21 nov 2011 à 16:53

    La France s'est fixé pour objectif un déficit public équivalent à 4,5% du PIB en 2012, 3% en 2013 et 2% en 2014, jusqu'à l'équilibre en 2016. Quelles etaient les previsions en 2007 ?Les elections sont dans 6 mois. En cas de changement, le gouvernement actuel aura beau jeu de dire que s'il etait reste au pouvoir... En si Sarko joue les prolongations, comme il nous a deja fait ces promesses en 2007 ...

  • fmaury13 le lundi 21 nov 2011 à 16:44

    4 millards les heures sup avec 10% de chomage et reforme ISF 1.8 milliards de moins dans les caisses l'annee prochaine ;; ah il est beau le budget de crise

  • M4358281 le lundi 21 nov 2011 à 16:41

    a qui profite le crime...?

  • chatdu67 le lundi 21 nov 2011 à 15:55

    C est ineluctable! Plus personne ne controle rien, l Allemagne n´est que la moin pire des natiosn Europeennes´, que voulez vous faire contre des pays avec des salaires moyens 10 a 100 foi inferieur aux notres ? devons nous regresser? perdre tous nos acquis sociaux? bosser comme des chinois 12h par jour, 7 jours sur 7?Rigueur oui, mais protexionisme avant tout!

  • M2408 le lundi 21 nov 2011 à 15:29

    l'info doit être bidon, ptet encore une bourde ;)

  • M8613027 le lundi 21 nov 2011 à 13:54

    Arrêtez de pleurez ou de dire si on avait, y'aurai pu qu'à ou qu'y faut qu'on!Sarko à fait un emprunt de 30 milliards .. Réservé aux institutionnels ( Bank et consorts)pour les grandes entreprises ou projets pilotes de demain. Maintenant "son gouvernement emprunte " Aux banque à tout va à 6/7%. Alors qu'il a placé son emprunt à 3 1/2% .. C'est marrant, j'te prête à 7, l'argent que tu m'a prêté à 3 1%2 ... Mais qui sont les moutons ...Pour ne pas dire les CxxS

  • M3830256 le lundi 21 nov 2011 à 13:09

    A ma connaissance les agences ou les marchés ne votent pas les budgets déficitaires aux assemblées nationales.La France sera dégradée début 2012...et ça ne changera rien car le marché le "price" déjà