Mise en garde d'Ayrault sur le traité budgétaire européen

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JEAN-MARC AYRAULT MET EN GARDE LES OPPOSANTS AU TRAITÉ BUDGÉTAIRE EUROPÉEN
JEAN-MARC AYRAULT MET EN GARDE LES OPPOSANTS AU TRAITÉ BUDGÉTAIRE EUROPÉEN

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault met en garde certains élus de sa majorité qui veulent s'opposer au traité budgétaire européen, estimant qu'un rejet du texte se traduirait par une crise politique en Europe.

Le risque évoqué par le Premier ministre français semble théorique car la plupart des députés socialistes ont promis de voter pour la ratification, tout comme l'opposition de droite.

Mais les dissensions au sein de la majorité fragilisent l'exécutif, qui voit sa popularité chuter dans les sondages.

Un vote contre de députés de la majorité serait "grave" car il fragiliserait la France et François Hollande, a ainsi estimé dimanche le président de l'Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone.

Dans un entretien à Mediapart diffusé dimanche, le Premier ministre s'adresse "notamment à une partie de la gauche", opposée au traité.

"Qu'ils disent tout haut ce qu'ils pensent tout bas!", demande Jean-Marc Ayrault. "Pour l'instant, ils n'osent le dire car ils savent que l'opinion ne les suivrait pas. La conséquence logique de leur démarche c'est la sortie de l'euro!"

Des parlementaires socialistes, du Front de gauche et d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont dit qu'ils s'opposeraient au texte, qui sera présenté le 2 octobre à l'Assemblée nationale et le 9 octobre au Sénat.

"J'appelle à la responsabilité", ajoute Jean-Marc Ayrault.

"Je voudrais que tout le monde dise la vérité sur les conséquences d'un refus du TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance), c'est-à-dire une crise politique en Europe. Et je ne prendrai jamais la responsabilité devant le peuple français de jouer avec l'avenir de l'euro. Ce serait d'une gravité exceptionnelle."

"FÊLURE" DANS LA MAJORITÉ

Si des députés de la majorité votent non, "c'est grave", a dit Claude Bartolone dimanche sur Radio J, au lendemain de la décision du Conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts de se prononcer contre le traité.

"A partir du moment où il y a une fêlure dans la majorité, ce n'est jamais un moment anodin", a-t-il ajouté. "Le président de la République, notamment dans une période comme celle-là, le Premier ministre, notamment dans une situation aussi difficile, a besoin de la solidarité entière de sa majorité."

"Imaginez la prochaine rencontre Merkel-François Hollande si celui-ci devait arriver affaibli par un vote qui ne serait pas unanime des députés socialistes. Mme Merkel lui dirait 'vous venez me donner des leçons sur la relance européenne alors que même chez vous, les socialistes, une partie des écologistes et une partie de la gauche n'y croient pas'", a ajouté Claude Bartolone.

Le ministre des Finances, Pierre Moscovici, a quant à lui lancé "un appel à la raison", à toute la gauche et à ceux qui ont soutenu François Hollande pendant l'élection présidentielle.

La décision du Conseil fédéral d'EELV ne remet pas en cause la présence de ministres écologistes au gouvernement, a-t-il estimé sur France 3. Désormais, "c'est aux parlementaires écologistes de se déterminer."

Le député européen écologiste Daniel Cohn-Bendit a quant à lui annoncé qu'il suspendait sa participation à Europe Ecologie pour protester contre la décision du mouvement. "Le Conseil fédéral d'hier a été dramatique, dramatiquement nul", a-t-il dit sur i>TELE.

Le Front de gauche, composé notamment du Parti de gauche et du Parti communiste, dont le vote contre le texte ne fait aucun doute, a salué la motion adoptée par les écologistes.

Il invite EELV à se joindre à sa manifestation contre le traité, le 30 septembre à Paris, qui est soutenu par de nombreuses organisations politiques et syndicales.

Jean-Baptiste Vey

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