Mise en examen de Sarkozy: des propos inadmissibles ont été tenus, selon Taubira

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La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a estimé mardi que "des propos inadmissibles dans un Etat de droit" ont été tenus après la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour "abus de faiblesse" dans le dossier Bettencourt.

Interrogée par le député PS Dominique Raimbourg sur les virulentes critiques de certains proches de Nicolas Sarkozy ayant suivi la mise en examen de l'ancien président de la République, Mme Taubira a rappelé, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, que "jusqu'au jugement, toute personne mise en cause est présumée innocente".

"Nous ne comprenons pas ceux qui n'ont pas confiance dans le jugement à venir", a ajouté la garde des Sceaux.

"Des propos ont été tenus ces derniers jours. Certains sont inadmissibles dans un Etat de droit parce qu'ils mettent en cause de façon très claire l'institution judiciaire et même un magistrat à titre personnel", a-t-elle dit, estimant que "ce sont des déclarations graves parce qu'elles minent la confiance que les citoyens ont dans la justice, dans les institutions en général et dans l'Etat".

"Si le magistrat mis en cause décide d'agir en justice, il bénéficiera de la protection judiciaire, de la protection statutaire qui est prévue par l'article 11 de l'ordonnance du 22 décembre 1958", a précisé la ministre.

L'avocat du juge Jean-Michel Gentil, Me Rémi Barousse, avait indiqué samedi que le magistrat envisageait une plainte pénale contre le député UMP Henri Guaino. Ce dernier avait estimé la veille que le juge Gentil avait "déshonoré la justice" en mettant en examen l'ex-chef de l'Etat pour abus de faiblesse.

Interrogée sur les mesures prises pour renforcer l'indépendance de la justice, Mme Taubira a par ailleurs indiqué qu'il n'était "pas question pour ce gouvernement de supprimer le juge d'instruction", comme M. Sarkozy avait voulu le faire lors du précédent quinquennat, que la loi instaurant la collégialité de l'instruction serait bien appliquée à partir du 1er janvier 2014, et "qu'à l'initiative du Premier ministre", "dix postes de juges d'instruction sur cette seule année" allaient être créés. Elle a ajouté qu'elle présenterait mercredi au conseil des ministres un projet de loi sur les relations entre le garde des Sceaux et les parquets.

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