Mis en place à Paris cet été, l'encadrement des loyers est plébiscité par trois Français sur quatre

le
6
Trois Français sur quatre plébiscitent l'encadrement des loyers. (BERTRAND GUAY / AFP)
Trois Français sur quatre plébiscitent l'encadrement des loyers. (BERTRAND GUAY / AFP)

(AFP) - L'entrée en vigueur cet été à Paris de l'encadrement des loyers, est plébiscitée par trois Français sur quatre et réjouit les associations de défense des consommateurs qui réclament son extension, prévue par la loi Alur, à l'ensemble des zones tendues.

Un décret instaurant l'encadrement des loyers à la relocation à compter du 1er août dans la capitale, où ils ont grimpé de 42% en dix ans, est paru au Journal officiel (J.O.) vendredi. Ils ne pourront plus dépasser un montant maximum par m2.

Selon un sondage OpinionWay pour le réseau immobilier Orpi publié vendredi, 75% des Français y voient un "bon dispositif pour protéger les locataires" et 76% estiment que "le gouvernement a raison de mettre un peu d'ordre dans le marché de l'immobilier".

"Les Français voient d'un bon œil cet encadrement des loyers, en particulier les jeunes qui souffrent de la crise de l'emploi et de la crise du logement", dit à l'AFP Fabrice Abraham, directeur général du réseau immobilier Guy Hoquet.

Le logement absorbe en moyenne 35% du revenu net mensuel des jeunes, et entre "35% et 50%" pour 38% d'entre eux (contre 25% pour la population), soulignait une enquête CSA pour Guy Hoquet en avril. Un jeune sur trois y déclarait avoir "des difficultés à payer son logement".

Du côté des associations de défense des consommateurs, l'heure est à la satisfaction : l'UFC-Que Choisir salue la parution "très longuement attendue" du décret d'application de la loi Alur.

L'association promet d'être "extrêmement vigilante" sur sa mise en œuvre, car le calendrier "doit être respecté pour profiter aux étudiants avant la prochaine rentrée".

De son côté David Rodrigues, juriste à la CLCV (Consommation, Logement, Cadre de vie) se réjouit de constater que la rédaction du décret applique "la procédure de plafonnement des loyers, non pas à la seule ville de Paris comme cela pouvait être craint, mais à l'ensemble des zones tendues".

Si le dispositif est instauré "à un moment où les loyers sont élevés et n'augmentent plus ou très peu", elle aura le mérite de "mettre fin aux pratiques excessives de certains bailleurs en termes de montant de loyer", dit-il.

 

- 'Respecter la volonté du législateur' - 

Tant pour l'UFC que la CLCV, le dispositif - cantonné à Paris par Manuel Valls pour apaiser les craintes des professionnels de l'immobilier -, a donc bien vocation à s'appliquer le plus vite possible dans 28 zones tendues, dont Lyon, Nice ou Bordeaux, comme le prévoit la loi Alur de Cécile Duflot.

"Alors que les loyers correspondant aujourd'hui à un taux d'effort de 25% pour les ménages Français, la volonté du législateur de faciliter l'accès financier au logement doit, cette fois, être pleinement respectée", dit l'UFC.

En revanche le groupe Foncia, leader de l'administration de biens, exprime "son désaccord" avec un dispositif qui selon lui va "figer le marché de la location et donc in fine nuire aux personnes en recherche d'un logement".

De son côté, Bernard Cadeau le président d'Orpi juge l'encadrement "contreproductif et anxiogène", mais aussi inutile: en 2014 "le marché s'est auto-régulé" puisque les loyers "ont baissé en dehors de tout encadrement".

En réalité, c'est là l'effet d'un décret pris chaque été depuis 2012. Il interdit aux propriétaires, dans 39 agglomérations, de relever un loyer à la relocation de plus que la hausse de l'Indice de référence des loyers (IRL).

Le juriste de la CLCV voit là des réactions "purement corporatistes" car "l'encadrement aura une incidence sur la rémunération" de ces professionnels.

Institué par la loi Alur du 24 mars 2014, le dispositif prévoit qu'à la signature d'un nouveau bail ou lors d'un renouvellement, le loyer d'un logement ne puisse dépasser de 20% un loyer de référence fixé par arrêté préfectoral, ni lui être inférieur de 30%. Cet arrêté est attendu d'ici fin juin.

Seule Lille où la maire Martine Aubry y est favorable, devrait emboîter le pas à Paris, en 2016.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • b.renie le dimanche 14 juin 2015 à 06:27

    D'autant que cela va encore réduire les mises en chantier donc faire prospérer le chômage! ce dont les socialistes se moquent : ce qu'ils veulent c'est sauver le parti. De la France et des français ils se moquent éperdument.

  • b.renie le dimanche 14 juin 2015 à 06:25

    Continueront-ils à le dire quand cherchant un appartement à louer ils n'en trouveront pas. Ce sondage est stupide.

  • M348281 le samedi 13 juin 2015 à 19:25

    Et le sondage des propriétaires ?

  • M7093115 le samedi 13 juin 2015 à 13:23

    Bureaucratisation de la société française L Etat ne peut et ne doit pas tout régler Qu'il commence par libérer les millions de m2 qu'il occupe sans raison........

  • faeric le vendredi 12 juin 2015 à 21:41

    Les exces existent certes mais ce n'est pas la majorité des cas heureusement, les prix s'auto regule, avec ces nouvelles regles , le marché locatif va s'effondrer

  • M8645627 le vendredi 12 juin 2015 à 20:51

    Je suis egalement pour