Minsk, Moscou discutent des réexportations de biens sous embargo

le
0

MINSK/MOSCOU, 12 août (Reuters) - Moscou a envoyé des responsables des autorités sanitaires en Biélorussie mardi alors que le pays frontalier, lié à la Russie par un accord de libre-échange, a annoncé qu'il n'autoriserait pas le transit vers la Russie de biens américains et européens sous embargo. Depuis que la Russie a suspendu certaines importations alimentaires en provenance de nombreux pays occidentaux, les médias russes ont moqué la décision du Kremlin, annonçant avec humour l'arrivée prochaine sur le marché russe d'huîtres et de crevettes en provenance de Biélorussie, pays ne disposant d'aucun accès à la mer. Moscou a imposé la semaine dernière un embargo sur des importations de fruits, de légumes, de viandes, de poissons, de lait et de produits laitiers en provenance des Etats-Unis, de l'Union européenne, d'Australie, du Canada et de Norvège. ID:nL6N0QD4DQ La Biélorussie et le Kazakhstan, deux pays frontaliers de la Russie ayant signé un accord de libre-échange avec Moscou, ont annoncé qu'ils continueraient à importer les biens occidentaux bannis par Moscou. Minsk a néanmoins assuré que les autorités biélorusses feraient le nécessaire pour éviter que n'arrivent sur le marché russe des produits sous embargo. "Si la Russie a fermé son marché à certains biens, nous ne devons pas permettre le transit de ces produits par la Biélorussie vers la Russie", a déclaré le président biélorusse Alexandre Loukachenko, cité par ses services. "En ce qui concerne notre marché intérieur, nous avons eu une discussion séparée sur la question. C'est notre marché intérieur. Si nous avons besoin de pommes polonaises, nous en achetons, mais pas pour la Russie", a ajouté le chef d'État. Mardi, Sergueï Dankvert, dirigeant de l'organisation russe de contrôle sanitaire Rosselkhoznadzor et d'autres responsables de l'agence se sont rendus à Minsk pour des négociations. Une délégation biélorusse est attendue à Moscou mercredi. Pour les importateurs biélorusses, des produits sous embargo pourraient atteindre le marché russe en passant par la Biélorussie mais en faibles quantités. "D'un côté, les entreprises biélorusses pourraient être intéressées et tenter de bénéficier de (l'embargo), mais de l'autre, cela risque de nuire aux relations avec la Russie", commente Viktor Markelov, dirigeant de la Confédération biélorusse de l'entreprenariat. La Biélorussie compte profiter de l'embargo sur des produits alimentaires occidentaux pour augmenter le volume de ses exportations vers la Russie, a déclaré le ministre biélorusse de l'Agriculture la semaine dernière. L'an dernier, la Russie a importé 17,2 milliards de dollars (12,9 milliards d'euros) de denrées alimentaires en provenance de pays visés par les sanctions, dont 9,2 milliards de biens ciblés par l'embargo, selon le Centre du commerce international, organisme de coopération technique conjoint de la Cnuced et de l'OMC. (Andrei Makhovsky, Polina Devitt, Dmitry Solovyov à Almaty; Agathe Machecourt pour le service français, édité par Tangi Salaün)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant