Minsk-Berlin appelle à la responsabilité, Paris ferme sur les sanctions

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    * Réunion format "Normandie" à Minsk 
    * "Pas de raison d'être confiant"-Steinmeier 
    * Le levée des sanctions serait un "abandon"-Ayrault 
 
    par John Irish, Sabine Siebold et Andrei Makhovsky 
    MINSK, 29 novembre (Reuters) - La France, l'Allemagne, la 
Russie et l'Ukraine se réunissent en "format Normandie" ce mardi 
à Minsk pour faire un point sur l'application de l'accord censé 
mettre fin au conflit dans l'est de l'Ukraine, qui est jusqu'à 
présent en grande partie resté lettre morte.  
    Avant de s'envoler pour la capitale biélorusse pour 
rejoindre ses trois homologues, le chef de la diplomatie 
allemande a invité Kiev et Moscou à "faire preuve de 
responsabilité".  
    Il n'y a "pas de raison d'être très confiant", mais il ne 
s'agit pas de se réunir "pour se réunir", a dit Frank-Walter 
Steinmeier à des journalistes à Berlin.  
    Les quatre pays du "format Normandie" sont convenus fin 
octobre de définir en novembre une feuille de route pour la mise 
en oeuvre des accords de Minsk sur l'arrêt des hostilités. 
    Conclus en février 2015, ces accords prévoyaient entre 
autres un arrêt complet des combats et le retrait des armes 
lourdes de la ligne de front.  
    "Il n'y a toujours pas d'accord sur cette feuille de route, 
aussi la réunion d'aujourd'hui permettra-t-elle de savoir si 
nous pouvons réussir d'ici quelques semaines à répondre aux 
questions toujours en suspens", a souligné Frank-Walter 
Steinmeier. "J'espère que toutes les parties feront preuve de la 
responsabilité nécessaire pour améliorer la situation." 
    Selon une source diplomatique française, l'ambiance de 
travail est extrêmement difficile entre Russes et Ukrainiens en 
ce moment.  
    "Mais c'est déjà bien que cette réunion se tienne. Sans le 
format Normandie, ils ne se parleraient pas du tout", dit cette 
source. "Les concessions demandées à Kiev sont difficiles. Mais 
il n'y aura pas de solution d'avenir viable hors Minsk. Et Kiev 
devrait faire passer davantage ce message."  
     
    "ABANDON" 
    La réunion de mardi doit permettre d'évoquer aussi bien les 
questions sécuritaires qu'humanitaires, souligne-t-on à Paris.  
    Dans l'avion l'emmenant à Minsk, le chef de la diplomatie 
française Jean-Marc Ayrault a mis en garde contre une levée des 
sanctions économiques adoptées en 2014 contre Moscou pour son 
rôle présumé dans le conflit en Ukraine.  
    "La levée des sanctions serait un affaiblissement de 
l'objectif de résoudre ce conflit et une victoire pour ceux qui 
ont porté atteinte à la sécurité dans le pays", a-t-il dit à 
Reuters. "Ce serait un abandon."  
    Les sanctions économiques européennes ont été prolongées en 
juillet dernier jusqu'au 31 janvier 2017.     
    "On ne pense pas que d'ici là la situation aura suffisamment 
évolué pour aller vers un allègement", souligne la source 
diplomatique française.  
    Près de 10.000 personnes ont été tuées depuis le début du 
conflit en Ukraine en avril 2014 entre les forces ukrainiennes 
et des rebelles pro-russes. La situation demeure volatile dans 
l'est du pays avec des accrochages quasi quotidiens le long de 
la ligne de front.  
    Moscou et Kiev se renvoient régulièrement la responsabilité 
de l'impasse dans laquelle sont plongées les tentatives de 
règlement du conflit. 
    "Ils ne sont pas dans une logique de guerre", a dit à 
Reuters Jean-Marc Ayrault. "Ça aurait pu dégénérer (...), on 
maintient la situation de paix, même si elle n'est pas complète. 
Il est important de rappeler ça."  
 
 (Jean-Philippe Lefief et Marine Pennetier à Paris, édité par 
Jean-Stéphane Brosse) 
 
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