Mille cinq cents extrémistes arrêtés cette année en Tunisie

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par Tarek Amara TUNIS, 11 octobre (Reuters) - Mille cinq cents djihadistes présumés ont été arrêtés cette année en Tunisie dans le cadre de mesures conduites pour assurer la poursuite du processus de transition démocratique, a révélé le Premier ministre, Mehdi Jomaâ. Plusieurs centaines d'entre eux ont combattu en Syrie et pourraient s'avérer dangereux, a souligné le chef du gouvernement, lors d'une interview accordée à Reuters vendredi soir, à 15 jours des élections législatives du 26 octobre qui seront suivies le 23 novembre par le premier tour du scrutin présidentiel. Le chaos qui règne en Libye voisine est en outre un motif d'inquiétude, tant pour la Tunisie que pour l'Algérie, avec laquelle la coopération a été renforcée à la frontière, a-t-il poursuivi. "Depuis le début de l'année, nous avons arrêté environ 1.500 terroristes présumés. Ils seront présentés à la justice dans les mois qui viennent et 500 seront jugés ce mois-ci. "Le nombre de Tunisiens qui combattent en Syrie est évalué à 3.000 environ. Quelques centaines d'entre eux sont rentrés en Tunisie où ils ont été identifiés et arrêtés", a dit Mehdi Jomaâ. "Malgré toutes les graves menaces émanant des djihadistes, les élections seront un succès et nous avons mis en place des mesures pour faire face à toutes formes de menaces. FRONTIÈRES RENFORCÉES "Nous avons renforcé la présence des services de sécurité, en particulier aux frontières algérienne et libyenne. Des dizaines de milliers de militaires et de policiers sont prêts à assurer le succès des élections", a-t-il insisté. Les islamistes d'Ennahda et les laïques du mouvement Nidaa Tounes font figures de favori pour les législatives. Les premiers se disent prêts à former une coalition gouvernementale avec leurs rivaux, y compris avec d'anciens responsables du régime de Zine Ben Ali, renversé en janvier 2011. Le mouvement a annoncé le mois dernier qu'il ne présenterait en revanche pas de candidat à la présidence, pour faciliter la formation d'un gouvernement représentatif de tous les Tunisiens. Ennahda a remporté environ 40% des sièges de l'Assemblée constituante lors des législatives de 2011 et a dirigé un gouvernement de coalition jusqu'à la crise politique qui a suivi l'assassinat de deux figures de l'opposition. Accusé de laxisme envers les extrémistes, le parti a accepté de céder le pouvoir à un gouvernement d'experts formé en janvier dernier par Mehdi Jomaâ. (Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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