Mike Pompeo, un parlementaire "faucon" et anti-Iran, à la tête de la CIA

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Le républicain américain Mike Pompeo au Capitole à Washington, DC, le 1er mars 2016 ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / WIN MCNAMEE )
Le républicain américain Mike Pompeo au Capitole à Washington, DC, le 1er mars 2016 ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / WIN MCNAMEE )

Donald Trump a choisi pour diriger la CIA Mike Pompeo, un parlementaire républicain "faucon" qui est un adversaire farouche de l'Iran des mollahs qui, pour lui, est à l'origine de la plupart des maux du Moyen-Orient.

"Vous pouvez retracer l'origine d'une grande partie de la volatilité actuelle du Moyen-Orient, et de la série d'innombrables problèmes qui s'y posent, à la révolution iranienne de 1979", avait estimé M. Pompeo lors d'une conférence en décembre 2015.

Agé de 52 ans, il représente le Kansas au Congrès depuis 2010, et est membre de la commission du renseignement de la Chambre des représentants depuis 2013.

Il ne fait pas partie des soutiens de la première heure de Donald Trump, ayant d'abord soutenu la candidature du sénateur de Floride, Marco Rubio.

Mais il s'est en revanche montré un adversaire déterminé et mordant de l'administration Obama.

"Il a servi notre pays avec honneur et a passé sa vie à se battre pour la sécurité de nos citoyens. (...) Il sera un dirigeant brillant et déterminé pour la communauté du renseignement afin d'assurer la sécurité des Américains et de nos alliés", a commenté M. Trump, cité dans le communiqué de nomination.

M. Pompeo a été l'un des grands pourfendeurs de l'accord sur le nucléaire iranien signé par les grandes puissances en juillet 2015 pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe nucléaire.

"J'ai hâte de voir repousser cet accord désastreux avec le plus grand Etat financeur du terrorisme", tweetait-il encore jeudi, alors que Washington bruissait de rumeurs sur la composition de l'équipe de sécurité nationale de Donald Trump.

M. Pompeo a également été l'un des membres de la commission d'enquête du Congrès sur l'attaque du consulat américain à Benghazi en Libye en 2012, qui avait tué 4 Américains dont l'ambassadeur Chris Stephens.

Cette commission avait été dénoncée par les démocrates comme une machine de guerre contre Hillary Clinton, secrétaire d'Etat au moment des faits et candidate malheureuse face à Donald Trump.

Après des milliers d'heures de travail et 7 millions de dollars dépensés, elle avait conclu, assez modestement, que Mme Clinton avait minimisé la menace jihadiste en Libye.

Plus récemment, il a pris en charge le suivi parlementaire des allégations de bidouillages de rapports de renseignement au sein du Centcom, le commandement des forces américaines au Moyen-Orient.

Des analystes militaires s'étaient plaints que leurs chefs avaient manipulé leurs rapports, pour dresser un tableau plus favorable de la lutte contre le groupe Etat islamique.

M. Pompeo est également partisan de redonner un coup d'accélérateur aux programmes de surveillance électronique de la NSA, une autre grande agence de renseignement américaine.

"Le Congrès devrait voter une loi rétablissant la collection de toutes les métadonnées, et les combiner avec toutes les données financières ou de consommation (sur les individus) publiquement disponibles pour constituer une base de données exhaustive", avait-il estimé dans une tribune au Wall Street Journal en janvier 2016.

"Les obstacles légaux et bureaucratiques à la surveillance doivent être enlevés", avait-il poursuivi.

- "Brillant et travailleur" -

Si ses vues sont tranchées, il reste courtois et attentif, et bénéficie du respect de ses pairs.

"C'est un homme très brillant et travailleur", a expliqué vendredi le représentant démocrate Adam Schiff, un collègue de la commission du renseignement.

"Nous avons eu notre lot de désaccords (...) mais je sais que c'est quelqu'un qui sait écouter et discuter, deux qualités clefs pour un directeur de la CIA", a-t-il déclaré vendredi.

Mike Pompeo a commencé sa carrière dans l'armée de terre américaine. Sorti major de promotion en 1986 de la prestigieuse académie militaire de West Point, il a quitté l'armée en 1991 pour étudier le droit à Harvard.

Il s'est ensuite lancé dans les affaires en fondant Thayer Aerospace, une entreprise aéronautique revendue par la suite. Et il est entré en politique en 2010, devenant représentant au Congrès pour le Kansas.

Pour cette élection, Mike Pompeo avait bénéficié du soutien financier des frères Koch, les influents milliardaires conservateurs, un soutien qui ne s'est pas démenti.

Les frères Koch n'ont pas soutenu la campagne de Donald Trump.

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  • ZvR il y a 2 semaines

    Fichus iraniens qui refusent de se soumettre, malgré génocide, invasions, coups d'états, guerre d'agression, attaques terroristes, cyberattaques, sanctions économiques......, après un siècle de ce régime L'iran est toujours un état indépendant, on comprend la haine des m@fieux maitres du mondes à leur encontre.