Migrants-Tusk plaide pour l'application de l'accord avec Ankara

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    ANKARA, 3 mars (Reuters) - Le président du Conseil européen, 
Donald Tusk, a dénoncé jeudi l'usage que certains pays faisaient 
de la crise des migrants comme instrument politique et insisté 
sur la nécessité de la mise en oeuvre de l'accord conclu entre 
l'Union européenne et la Turquie pour ralentir l'afflux de 
réfugiés. 
    Tusk, qui a rencontré le Premier ministre turc Ahmet 
Davutoglu à Ankara, a expliqué que le but de cette coopération 
avec la Turquie visait à éliminer l'immigration illégale et le 
trafic d'êtres humains vers l'Europe. 
    Il a toutefois précisé qu'Européens et Turcs ne s'étaient 
pas accordés sur un nombre spécifique quant à la réduction du 
flux de réfugiés qui transitent par la Turquie avant de gagner 
les îles grecques et de là, le continent. 
    Ahmet Davutoglu a, lui, déploré que la crise migratoire soit 
laissée à la seule responsabilité de son pays et de la Grèce.  
    Il a discuté avec Donald Tusk de la manière d'utiliser 
efficacement les trois milliards d'euros d'aide promis par l'UE 
en échange d'un maintien sur le sol turc des migrants fuyant la 
guerre en Syrie et en Irak. Il a ajouté que la Turquie 
continuerait à remplir ses obligations dans le cadre de cet 
accord. 
    Plus tôt dans la journée, le président du Conseil européen 
s'est rendu à Athènes et a rencontré le Premier ministre Alexis 
Tsipras, appelant les candidats à l'exil économique à ne pas 
prendre le risque de venir en Europe car, a-t-il affirmé, "cela 
ne servirait à rien". 
    "La Grèce réclamera le respect des traités européens par 
tous les pays membres et des sanctions pour ceux qui ne les 
respectent pas", a déclaré le chef du gouvernement grec. 
    "Nous demandons que cessent les actions unilatérales en 
Europe", a-t-il ajouté, par allusion au rétablissement des 
contrôles frontaliers par un nombre grandissant de pays membres. 
    Alexis Tsipras a assuré que la Grèce continuerait de faire 
tout son possible pour aider les migrants arrivant sur son 
territoire mais qu'elle ne pouvait porter à elle seule ce 
fardeau, alors que la fermeture de la frontière macédonienne a 
conduit au blocage de milliers de personnes. 
     
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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