Migrants-Tusk lie l'accord UE-Turquie à la question chypriote

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 (Actualisé avec détails, citations, contexte) 
    BRUXELLES, 16 mars (Reuters) - Le président du Conseil 
européen Donald Tusk a estimé mercredi que de nombreux obstacles 
demeuraient avant que l'Union européenne et la Turquie 
parviennent à un accord sur la gestion de la crise des migrants. 
    L'homme politique polonais a notamment évoqué la question 
des relations avec Chypre dont la partition a été imposée par 
une intervention militaire de la Turquie en juillet 1974 dans la 
partie nord de l'île. 
    "Les choses avancent mais il reste beaucoup à faire", fait 
valoir Donald Tusk dans un courrier adressé aux dirigeants 
européens avant le sommet qui débute jeudi à Bruxelles. 
    Pour le président du Conseil européen, l'accord dans la 
crise des migrants est "une opportunité pour la Turquie de 
soutenir des négociations de résolution avec Chypre". 
    "Seulement si cela est possible, alors nous pourrons aller 
de l'avant", juge-t-il. 
    Selon la tentative d'accord conclue la semaine passée, la 
Turquie reprendrait tous les migrants et réfugiés entrés dans 
l'UE à partir de son territoire ou interceptés dans ses eaux 
territoriales en échange d'une aide financière, d'une 
suppression des visas pour les ressortissants turcs et d'une 
accélération de la procédure d'adhésion au bloc communautaire. 
    De son côté, l'Europe accepterait un réfugié syrien se 
trouvant en Turquie pour chaque migrant tentant de rejoindre 
l'Europe et renvoyé en Turquie à partir des îles grecques. 
    Le président chypriote Nicos Anastasiades a menacé de 
s'opposer au processus d'intégration de la Turquie dans l'UE si 
Ankara ne remplissait pas son obligation d'ouvrir ses ports et 
aéroports aux bateaux et avions chypriotes. 
    "Nous n'offrons pas à la Turquie d'avantages sans 
contrepartie", a commenté le vice-président de la Commission 
européenne, Frans Timmermans, rappelant que les autorités 
turques doivent mettre en oeuvre tout un train de mesures pour 
que les Turcs soient autorisés à circuler librement dans 
l'espace Schengen à partir de juin. 
    Chypre tente également de bloquer cette suspension des 
visas. Sur cette question, l'Etat membre ne dispose pas d'un 
veto mais il pourrait obtenir des soutiens de la part de 
partenaires réticents comme la France, l'Espagne et l'Autriche. 
    Interrogés, des responsables européens n'ont pas voulu faire 
de commentaire sur la question de savoir comment Donald Tusk 
avait pu obtenir un engagement turc à l'égard de la question 
chypriote. 
    Le ministre turc des Affaires européennes a mis en garde 
contre le risque de voir un Etat membre bloquer l'ensemble du 
processus. 
    "Lorsqu'une étape est franchie en vue d'une solution, 
lorsqu'un accord a été conclu sur un ensemble de questions, 
toute la structure ne doit pas être anéantie par le seul caprice 
d'un Etat membre de l'UE", a déclaré Volkan Bozkir. 
     
 
 (Robert-Jan Bartunek; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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